jeudi 4 juillet 2019

Les politiques de libre échange en Afrique

https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/BERTHELOT/57963

Funeste convergence de vues entre l’Union européenne et l’Union africaine... Voilà, entre autres raisons, pourquoi les migrants africains arrivent à nos frontières avec ses accords de libre échange a contribué à étouffer l'économie agricole de leurs pays. L’ouverture prématurée au libre-échange ne peut que marginaliser les ménages, entreprises et régions les plus pauvres, générant des conflits sociaux et politiques structurels insurmontables et un sous-développement accru de l’Afrique.
L’agriculture africaine dans la tenaille libre-échangiste.

mercredi 3 juillet 2019

La Volonté et la Représentation - La spéculation métaphysique de Schopenhauer



Si je veux vous faire comprendre exactement ce que Schopenhauer rappelle la REPRÉSENTATION, je vais être obligé de passer par ce qu'il appelle la VOLONTÉ.

Alors qu'est ce que la VOLONTÉ ? C'est en quelque sorte la face interne du monde, ce que Kant appelle "la chose en soi" et qui est, pourrait-on dire, le fond insaisissable de la réalité.

Le fonds est saisissable, c'est à dire que c'est quelque chose qui ne peut pas être conçue par l'esprit, qui ne peut pas être saisi par l'intellect. C'est quelque chose qui échappe complètement à nos capacités de compréhension.

j'ai dit tout à l'heure que nous pensions et nous nous représentons les choses toujours à travers deux catégories qui sont l'espace et le temps car on ne peut pas penser en dehors de ces catégories.

Eh bien la Volonté c'est justement ce qui est en dehors de l'espace et du temps. C'est donc ce qui échappe à nos catégories de représentation, à nos catégories de pensée donc c'est quelque chose qui est totalement insaisissable pour nous par les outils de l'intellect.

La Volonté c'est la source de notre monde physique, de notre monde matériel observable ce que Schopenhauer appelle le monde de la Représentation donc et la Volonté c'est ce qui anime le monde de la représentation

Schopenhauer - Le sens de la vie - L'amour


La vie n'a pas de but autre que se perpétuer elle même. Pourquoi on ne sait pas, et pourtant on se perpétue, on veut vivre, mais sans savoir pourquoi.
On a un amour aveugle de l'existence qui nous pousse à vouloir nous maintenir dans la vie sans savoir pourquoi nous voulons nous maintenir dans la vie.
C'est là qu'on arrive à un aspect très intéressant de la philosophie de Schopenhauer qui est la question de l'amour.

jeudi 20 juin 2019

Tachyon et conscience Régis et Brigitte DUTHEIL


Régis Dutheil, agrégé de physique, professeur de physique à la faculté de médecine de Poitiers et chercheur à la fondation Louis de Broglie, décédé en 1995 a proposé avec la collaboration de sa fille Brigitte un modèle du fonctionnement de la conscience.

La thèse

La thèse fondamentale développée par Régis Dutheil a pour objet la structure de notre conscience et celle de l'univers. 

Régis et Brigitte Dutheil notent que le dogme de la vitesse de la lumière est aujourd'hui remis en question par d'autres physiciens. Ils citent l’américain Feinberg qui, tout en préservant également la mécanique relativiste, postule l'existence, de l'autre côté du mur de la lumière, de champs de particules qui vont plus vite que celle-ci, jamais en deçà.

On peut en déduire l'existence de trois " types " de mondes de la matière :

- Le monde " souslumineux " qui est le monde ordinaire, que nous connaissons bien, celui de la physique classique newtonienne, constitué de bradyons, des particules dont la vitesse est inférieure à celle de la lumière

- Le monde " lumineux " de la matière approchant ou atteignant la vitesse de la lumière. C’est le monde de la relativité d'Einstein, les luxons, particules dotées d'une vitesse égale à celle de la lumière.

- Le monde " superlumineux " de la matière dépassant la vitesse de la lumière, l’univers superlumineux des tachyons.

dimanche 19 mai 2019

METEMPSYCOSE et PALINGENESE

La métempsycose, littéralement le passage, le transvasement d'une âme dans un autre corps, qu'elle va animer, est une absurdité. Comment penser sérieusement une âme substantielle, une et immuable, qui préexisterait à l’incarnation présente et qui se réincarnerait encore. Et pour combien d’existences ?
Toute autre est l’esprit de la palingénèse (littéralement : nouvelle naissance).
D’après cette conception il n’est nullement nécessaire de poser une âme substantielle. On se contente de supposer que le complexe physicopsychique actuel, la somme des éléments, des forces et des actes qui composent un individu, la série des évènements qui le traversent, ne disparaissent pas entièrement à la suite du trépas.

La mort et Après - Synthèse vidéo avec Enthoven, Onfray, Ferry, Pépin

Raphaël Enthoven
Montaigne voulait que la mort le trouve plantant ses choux. En d'autres termes, il veut mourir en mouvement, vivre comme si la mort ne le concernait pas, comme si la mort n'était pas son affaire et ça c'est le Montaigne épicurien, c'est le Montaigne du dernier chapitre des Essais qui s'intitule "de l'expérience".
A la fin des fins, je me demande s'il n'a pas retenu la leçon de Lucrèce selon laquelle la mort n'est rien pour nous, dans la mesure où quand on est vivant la mort n'est pas et quand on est mort on n'est plus là, on est plus vivant, on a plus de conscience.

vendredi 10 mai 2019

Démographie et biodiversité



La véritable origine de la perte de biodiversité : nous sommes trop nombreux sur terre ! 

Nous étions un milliard en 1800, 2 milliards en 1927, 3 milliards en 1960, 4 en 1974. Nous venons de dépasser en 2017 le seuil des 7 milliards et demi et on estime que nous serons 10 milliards en 2050.
La démographie de la planète est encore largement considérée comme une donnée sur laquelle il est difficile d'agir directement. La doxa chrétienne et musulmane s'y oppose catégoriquement, jusqu'à l'interdiction du préservatif au nom du respect absolu du vivant. Quand on connaît l'emprise des religions sur les cerveaux de milliards d'humains, la partie est perdue d'avance.
Le credo des religions du Livre est le suivant :
"Dieu dit à Noé et à ses fils : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre." Genèse 1:28
Vous comprenez mieux mon athéisme militant ?
Qui irait contre la liberté de tous, riches ou pauvres, de procréer selon leur bon vouloir ? Qui irait contre le dogme de la croissance pour tous qui a bercé le monde depuis plus de soixante ans comme étant la meilleure façon de combattre un accroissement démographique sans limites ? Et pourtant, ces dogmes volent en éclats.
Cette liberté de procréer que l'on croyait acquise se heurte à l'étroitesse de notre Terre, à son caractère fini qui ne peut supporter plus d'activité sans se détruire. La crise écologique est passée par-là et les remises en question sont nombreuses.
Les ressources de l'humanité ne sont guère inépuisables et le mode de consommation à l'occidentale qui se diffuse chez les pays émergents très peuplés aboutit à une impasse : épuisement des ressources, augmentation de la pollution, réchauffement climatique et baisse de la biodiversité. On ne raisonne plus en flux – le revenu national brut – mais en stock – le capital naturel –, dont la préservation pour les générations futures devient l'objectif.
Autre idée reçue qui vacille, la stabilisation du croît démographique d'un Sud envahissant était jusqu'à présent vécue comme la priorité des priorités. Les plus grands spécialistes nous prédisaient une planète à 10 milliards d'habitants à l'horizon 2050, contre 6,7 milliards aujourd'hui. Néanmoins, on pensait que le développement généralisé aboutirait à une stabilisation progressive de la démographie mondiale. On croyait que le progrès technique – le génie de l'homme – ferait le reste pour éloigner le spectre de l'épuisement des ressources de la planète. Or on découvre avec effroi que la voie de l'hyperconsommation pour tous, celle que la moitié de l'humanité prend actuellement, s'avère une trajectoire sans issue. Dans ce cas, il faudrait cinq à six planètes pour retrouver un certain équilibre environnemental.
Sur le plan écologique, la question centrale n'est donc pas celle du croît démographique des pays du Sud mais plutôt de la diffusion à une grande partie de l'humanité – les pays émergents, qui représentent 35 % de la population mondiale – d'un mode de consommation à l'occidentale, si destructeur pour l'environnement.
Ce que l'on pourrait appeler la "démographie verte" nous fixe un nouveau cadre, de nouvelles limites : abaisser rapidement le niveau de consommation nuisible à l'environnement des populations des pays riches comme des pays émergents ; prendre les mesures adéquates pour que le développement du Sud se réalise selon un nouveau mode de consommation bien plus sobre, mais qui reste à inventer.
Actuellement, l'empreinte écologique d'un Américain est dix fois plus élevée que celle d'un Béninois. En matière d'impact sur l'environnement, cela veut dire que la population américaine est pratiquement équivalente à 3 milliards d'individus subsistant selon le mode frugal des pays pauvres. Le changement du mode de consommation des pays riches et des pays émergents est au centre de la problématique démographique mondiale.
Pour les pays pauvres, l'enjeu est tout autre. Il se situe dans la définition d'une nouvelle trajectoire de développement. Pour ce faire, un meilleur partage des ressources de la planète s'avère une nécessité. A titre d'exemple, bien plus que la limitation des biocarburants, la réaffectation d'une part des 70 % de terres agricoles nécessaires à l'alimentation carnée des consommateurs aisés devrait être une priorité. En d'autres termes, libérer les terres nécessaires au développement d'une agriculture vivrière de proximité, apte à nourrir efficacement et prioritairement ceux, de plus en plus nombreux, qui souffrent de la faim. Le mode de développement des pays pauvres doit être respectueux de l'environnement, tout en maîtrisant le croît démographique.
L'empreinte carbone des populations des pays riches ou à croissance économique rapide doit donc prioritairement baisser. L'urgence à changer les habitudes est donc beaucoup plus réelle dans les pays ayant enclenché un processus de consommation de masse que dans les pays pauvres qui n'ont toujours pas achevé leur transition démographique. Paradoxalement, le facteur démographique est plus explosif dans les pays à consommation élevée – pays riches et pays émergents très peuplés – que dans les pays pauvres qui voient toujours leur population augmenter. Si nous n'arrivons pas à changer nos habitudes de consommation vers plus de sobriété, la limitation des naissances et même la baisse de la population deviendront une urgence au Nord comme dans les pays émergents. Beaucoup moins dans les pays pauvres, dont le non-développement limite mécaniquement l'impact écologique. Décidément, la lecture verte de la démographie mondiale change notre vision d'avenir.
Réflexion nourrie par Stéphane Madaule