mardi 8 mai 2012

Schopenhauer et les religions




Les religions sont comme les vers luisants : elles ont besoin de l'obscurité pour éclairer

28 juin 2010 à 17:23
Les Parerga et Paralipomena d’Arthur Schopenhauer sont constitués d’écrits complémentaires ou supplémentaires au Monde comme Volonté et Représentation, qu’il appelle son « œuvre principale ». On pourrait traduire Parerga et Paralipomena par prolégomènes et suppléments.

Schopenhauer aborde de front, tous les sujets, de manière incisive, parfois provocante, voire déplaisante, mais toujours  sincère et profonde.


Fouillant jusqu’à l’os les idées reçues, les conventions, les pensées toutes prêtes, c’est un de ces « bons haïsseurs » dont parle Jonathan Swift ; un «éducateur», disait Nietzsche. 

Schopenhauer décape, proposant une vision du monde âpre, souvent frappante. Ce fils des Lumières (1788-1860) est athée, totalement et résolument. Il tient les religions pour des illusions, les prêtres pour ennemis. Cela ne l'empêche pas de s'intéresser à la mystique, aux saints, aux ascètes et aux renonçants, de se passionner précocement pour les doctrines de l'Inde, de s'enflammer pour le bouddhisme quand les savants vont commencer à le faire connaître.

Il est le premier philosophe à mettre les Veda et les Upanishad sur le même plan que Platon et que Kant. Mais, plus que tout, Schopenhauer a le culte de la vérité. Il croit profondément, presque religieusement, en la philosophie. Il est convaincu qu'elle doit parvenir à comprendre l'existence et peut remédier, au moins pour certains, au désordre qui y règne.

"La vie est chose malaisée, j'ai pris la résolution de consacrer la mienne à y réfléchir". Si son ironie est redoutable et sa logique serrée, il sait aussi faire place à une douceur de sentiment, à une compassion bouleversante pour les animaux, les esclaves et la traite des Noirs, les faibles, les sans parole, soumis à la dictature éternelle du vouloir-vivre et à sa féroce expression humaine. 

Nietzsche, Maupassant, Marcel Proust, Taine, et beaucoup d’autres puisèrent à cette source qui s’efforce impitoyablement d’atteindre au cœur des choses, à la connaissance des premiers principes. Karl Marx, qui fut son contemporain, disait : « Il ne s’agit pas de comprendre le monde, mais de le transformer » ; mieux et plus profondément que d’autres, Schopenhauer ne cesse de clamer que pour transformer le monde, il faut d’abord le comprendre; que ce processus nécessite de transformer la vision que nous en avons, d’abord esclave naturelle du vouloir-vivre, et ainsi nous transformer nous-mêmes. C'est lui qui a dit :

«Si un Dieu a fait le monde, je n'aimerais pas être ce Dieu, car la misère du monde me déchirerait le coeur.»

Le chapitre 15 paragraphes 174 -182 des Paralipomena Schopenhaeur traite de la religion. En voici un extrait : " Pour les princes régnants, le Dieu Tout-Puissant est le père Fouettard dont ils usent pour envoyer les grands enfants au lit lorsque plus rien d'autre ne veut les aider ; c'est pourquoi ils tiennent autant à lui.

En attendant, je conseillerai à chaque chef d'Etat de lire attentivement deux fois par an à jour fixe, le chapitre XV du livre 1er de Samuel. Ainsi il aura toujours ces mots sous les yeux : "appuyer le trône sur l'autel".

En outre, depuis que l'ultime argument des théologiens, le bûcher, est devenu hors d'usage, ce moyen de gouvernement a beaucoup perdu en efficacité. Car, tu le sais, les religions sont comme les vers luisants : elles ont besoin de l'obscurité pour éclairer.

Un certain degré d'ignorance générale est la condition de toutes les religions ; il est l'élément dans lequel seul elles peuvent vivre. Dès que, à l'opposé, l'astronomie, les sciences naturelles, la géologie, l'histoire, la connaissance des pays et des peuples étendent universellement leur lumière et que, finalement, même la philosophie a le droit de prendre la parole, alors toute foi étayée sur le miracle et la révélation doit nécessairement décliner au profit de la philosophie qui prend alors sa place.

Avec l'arrivée de néo- Grecs érudits se leva en Europe, vers la fin du XVéme siècle, ce jour de la connaissance et de la science, son soleil s'éleva toujours plus haut au cours des si fertiles XVI et XVIIéme siècles et dissipa le brouillard du Moyen Age. L'Église et la foi durent proportionnellement se coucher petit à petit ; et c'est ainsi qu'au XVIIIéme siècle les philosophes anglais et français purent dès ce moment s'élever directement contre celles-ci, jusqu'à ce qu'enfin, sous Frédéric le Grand, Kant vint : il retira à la foi religieuse l'appui de la philosophie qu'elle avait reçu jusqu'alors et émancipa l'ancillatheologiae, s'attaquant à l'affaire avec une profondeur et un sang-froid tout allemands, qui lui firent prendre un air moins frivole, et d'autant plus sérieux.

A la suite de quoi nous voyons, au XIXéme siècle, le christianisme dans un état très faible, presque totalement abandonné de toute foi sérieuse et se battant déjà pour sa propre existence ; cependant que des princes soucieux cherchent à l'aider avec des excitants artificiels, comme le médecin cherche à soigner un mourant avec du musc.

Mais écoute ici un passage des Progrès de l'esprit humain de Condorcet, qui semble écrit pour servir d'avertissement à notre époque : « Le zèle religieux des philosophes et des grands n'était qu'une dévotion politique et toute religion qu'on se permet de défendre comme une foi qu'il est utile de laisser au peuple ne peut plus espérer qu'une agonie plus ou moins prolongée ».

Tout le long de la marche décrite ci-dessus, tu peux observer que foi et savoir se comportent comme les deux plateaux d'une balance : à mesure que l'un monte, l'autre descend. Si sensible est cette balance qu'elle indique même des influences momentanées : lorsque, par exemple, au commencement de ce siècle, les brigandages des hordes françaises menées par leur chef Bonaparte et l'important effort qu'exigèrent ensuite le refoulement puis la répression de cette bande de pillards eurent entraîné un abandon temporaire des sciences, et par là une certaine restriction dans l'extension universelle des connaissances, l'Église commença du même coup à rehausser la tête, et la foi montra immédiatement une animation nouvelle qui, certes, conformément à l'époque, fut en partie de nature poétique.

En revanche, au cours des trente années de paix et plus qui suivirent, le loisir et le bien-être ont favorisé l'édification des sciences et l'extension des connaissances à un rare degré ; et la conséquence en est, indiquée plus haut, la décadence de la religion menacée de dissolution.

Peut-être même que, bientôt, le moment si souvent prédit arrivera où celle-ci se séparera de l'humanité européenne comme une nourrice de l'enfant qui a grandi par ses soins et qui relève désormais de l'enseignement d'un précepteur. Car les doctrines de la foi appuyées simplement sur l'autorité, le miracle et la révélation sont sans doute un expédient adapté à la seule enfance de l'humanité : mais qu'une espèce dont toute la durée, d'après les indices concordants offerts par les données physiques et historiques, n'est jusqu'à présent pas plus longue qu'environ cent fois la vie d'un sexagénaire, soit encore dans la prime enfance, chacun l'accordera."

Albert Schweitzer


Bon Dieu, protège et bénis tout ce qui respire, préserve du mal tous les êtres vivants et fais-les dormir en paix

23 juillet 2011 à 15:31
"Il me paraissait totalement inconcevable que dans ma prière du soir je ne devais prier que pour les hommes. C'est pourquoi, lorsque ma mère avait prié avec moi et m'avait donné le baiser du soir, je récitais encore secrètement une prière que j'avais composée moi-même pour toutes les créatures vivantes. Elle disait : « Bon Dieu, protège et bénis tout ce qui respire, préserve du mal tous les êtres vivants et fais-les dormir en paix"

Albert Schweitzer

Il a raison le père Schweitzer, il nous faut dépasser l'humanisme, l'amour de son  prochain, l'espèce, pour embrasser le vivant, l'animal et le végétal, la création. Car à défaut d'adorer un créateur invisible et insensible nous pouvons adorer sa création.

Pentacle, l'étoile à cinq branches


Pentacle

18 juillet 2010 à 22:59
Petit détour ésotérique sur la symbolique de la symétrie 5

«Moi qui passe et qui meurs, je vous contemple étoiles!
La terre n’étreint plus l’enfant qu’elle a porté.
Debout tout près des dieux, 
dans la nuit aux cent voiles,
Je m’associe, infime, à cette immensité ;
Je goûte, en vous voyant, ma part d’éternité.»

Claude Ptolémée (100-170), Almageste


Le pentacle est un pentagramme ou étoile à cinq branches entouré d'un cercle. La pointe en haut il est le symbole de l’homme puisqu’il est possible d’inscrire comme l’a fait Léonard de Vinci un homme debout dans un pentagramme, chacune de ses extrémités étant une pointe de l’étoile. 



Dans le pentacle, le cercle entourant l'étoile à cinq branches symbolise l'univers, ou l'oeuf cosmique. Symboliquement, le pentacle représente également le fait que l'homme, qui appartient au microcosme (petit monde, à son échelle), est également englobé par le symbole de l’étoile au sein du macrocosme (l'univers, considéré comme un tout). La théorie selon laquelle tout se répond dans l'univers fait correspondre à la totalité (macrocosme) une infinité de « modèles réduits » (microcosmes) qui imitent d'une manière plus ou moins parfaite la richesse du cosmos. Ce thème est développé, selon des modes variés, dans les conceptions du monde qui estiment que « tout est dans tout ». Lavoisier l'a formulé autrement « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Comment ne pas faire un parallèle visuel entre les planètes tournant autour du soleil et les électrons tournant autour du noyau de l'atome.

Lorsqu'il est inversé, en revanche, le pentacle représente l’image du diable, le renversement de l’ordre divin.




La Nature elle même nous offre des pentagrammes naturels. La pomme, par exemple, a été considérée à travers l'histoire comme la représentation sacrée de la Déesse. Dans la mythologie moderne, la pomme a été associée à l'Arbre de la Connaissance, sur lequel Eve a cueilli la pomme et l'a mangée. La raison pour laquelle la pomme est devenue le symbole associé à la Déesse se devine lorsque l'on coupe le fruit en deux, dans le sens horizontal : Caché au coeur de la pomme se trouve un pentagramme naturel.


La mondialisation, un nouvelle révolution ?


La mondialisation, un nouvelle révolution ?

1 août 2010 à 19:38

Quel sens donner à la mondialisation. Et si ce phénomène que nous craignons tant était en fait l'amorce de l'abolition des privilèges version XXIe siècle ? Sauf que cette fois, le théâtre des événements n'est plus la salle du Jeu de paume mais bien le monde dans sa globalité.

Et si ce nouveau monde, qui ne nous convient pas, convenait en réalité à la majorité des pays de la planète bien davantage que l'ancien? 

Et si nous n'étions, en somme, qu'un pays qui, derrière un langage de gauche, ne défend plus que les avantages menacés de son ancien « régime spécial », en se foutant pas mal de celui des autres (à l'image de ceux qui bénéficient pour encore quelques années d'un régime spécial de retraites) ? 

Et si, alors que nous dénonçons l'individualisme des privilégiés, nous n’étions qu'un pays qui défend ses privilèges de façon très individualiste? 

Et si la mondialisation était une nuit du 4 Août 1789 (abolition des privilèges des seigneurs) planétaire dont nous sommes les victimes en tant qu'anciens privilégiés qui se sont fort bien accommodés, pendant des siècles, de la misère des milliards d'êtres humains (Chinois, Indiens, Brésiliens, etc.) qui y voient enfin un moyen de s'en sortir - à nos dépens ? 

Ce ne sont pas « quelques privilégiés chinois » qui sont sortis de la misère, mais quelques centaines de millions, et autant en Inde, et quelques dizaines de millions en Asie du Sud-Est, au Brésil, etc. Et tout cela, en 20 ans. 

La création d'une classe moyenne est toujours la première étape indispensable au démarrage économique d'un pays ; mais ce n'est qu'une première étape. 

Qu'était le Japon il y a soixante ans ? Et tous les économistes sont d'accord pour dire que l'ensemble des Chinois (et des Indiens, et des Brésiliens, etc.) en profiteront un jour, que les salaires moyens chinois (et indiens, et brésiliens, etc.) ne resteront pas éternellement ce qu'ils sont et qu'ils sont appelés un jour à augmenter (d'ailleurs, en Chine, ils augmentent déjà un peu, il y a déjà des grèves). 

Bien sûr, le jour où leurs salaires auront rattrapé les nôtres, ces pays perdront leur avantage compétitif ; mais, compte tenu des milliards d’individus concernés, ce jour est encore lointain : d’ici là, ils se seront beaucoup enrichis, et nous, beaucoup appauvris. 

Seulement, voilà : ceux qui frappent à la porte de la prospérité que nous connaissons (collectivement) depuis longtemps sont infiniment plus nombreux que nous ; certains d’entre nous rêvent d’un nouveau 1789, mais peut-être est-il en train de se produire, que nous sommes les aristos qui iront à la lanterne, et que notre avenir est celui de ces nobles désargentés que personne n’aura l’idée de plaindre, car nous avons trop longtemps vécu de la pauvreté des autres en la trouvant bien triste, mais au fond «naturelle», et sans en perdre le sommeil.

La place de l’homme dans l’univers


La place de l’homme dans l’univers

20 octobre 2010 à 17:55
Un petit papier inspiré par un article du journal le Monde du 20 octobre sur une fleur la Paris Japonica qui pousse dans les montagnes du centre du Japon et possède 50 fois plus d’ADN que l’homme.




Au cours des temps, la Science a infligé deux affronts à l'amour-propre de l'homme qui n’ cessé de rapetisser :

Premier affront en 1543, quand Nicolas Copernic un astronome polonais, a démontré que la c'est la Terre qui tourne autour du Soleil et non l'inverse, il a ainsi remis en question l'idée universellement admise jusque-là selon laquelle  l'habitat de l'homme était au centre de l'Univers. Il a ainsi délogé la terre de sa place centrale dans l'Univers pour la remplacer par le soleil. Notre terre s’est retrouvée reléguée au rang d’une simple planète tournant autour d’une étoile.

Au XIXe siècle, on a découvert que le soleil lui-même n’était pas au centre de notre voie lactée : il s’est perdu à son tour parmi les cinq milliards d’étoiles qui constituent notre galaxie. Après la Terre c’était au tour du soleil d’être ramené au rang d’une simple étoile à la banlieue d’une modeste galaxie. Un point insignifiant dans un système aux dimensions à peine concevables pour l'esprit humain.

L’univers se réduisait-il à la voie lactée ? C’était la grande question au  début du XXe siècle. Y avait-il d’autres mondes, d’autres univers-îles, comme Kant les appelait, qui étaient au-dehors de notre voie lactée ? Hubble apporta la  réponse en mesurant la distance de la galaxie la plus proche de nous et semblable  à la voie lactée : Andromède. Il démontra que celle-ci est située à deux millions d’années-lumière ; c’est-à-dire que la lumière qui parvient maintenant à nos  télescopes est partie de là-bas avant que le premier homme apparaisse sur terre.

Cette distance est à comparer avec le diamètre de notre voie lactée : seulement 90 000 années-lumière. Les portes de l’univers extragalactique se sont ouvertes toutes  grandes et maintenant, nous savons que notre voie lactée n’est qu’une galaxie parmi environ cent milliards d’autres galaxies qui peuplent l’univers observable. Si les galaxies sont les «maisons» de  l’univers, une galaxie comme la nôtre se groupe en « groupe local » avec la galaxie  d’Andromède et une vingtaine de galaxies naines. Le groupe-local équivaut à un  « petit village » de l’univers. Les galaxies peuvent s’assembler en plus grand nombre dans des amas, des ensembles de milliers de galaxies qui sont comme des « villes de province » de l’univers ; et puis ces amas peuvent même s’assembler en super-amas comme des grandes « métropoles » de l’univers. Les galaxies ne sont pas uniformément distribuées dans l’espace : il y a de grands vides en forme de bulle de savon, avec des diamètres de cent millions d’années-lumière, et de grands murs de galaxies qui s’étendent aussi sur des centaines de millions d’années-lumière.

L’homme s’est donc rapetissé de plus en plus dans l’espace. Je rappelle qu’une minute-lumière équivaut à 18 millions de Km ; une heure-lumière à un milliard de Km ; une année-lumière à 10 mille milliards de Km. La distance soleil-terre, c’est 8 minutes-lumière ; le système solaire jusqu’à Pluton, c’est 5,2 heures de lumière ; la distance du soleil au centre galactique est de 30 000 années-lumière ; la voie lactée est un disque de 90 000 années-lumière ; la distance de la voie lactée à Andromède est de 2 millions d’années-lumière. Puis nous arrivons à de plus grandes dimensions ; des groupes de galaxies avec des diamètres de 6 millions d’années-lumière ; des amas de galaxies de diamètre de 30 millions d’années-lumière ; avec les télescopes les plus puissants de la terre, on peut regarder très loin dans l’espace, jusqu’à une distance de 12 milliards d’années-lumière. Et l’univers observable, c’est-à-dire la partie de l’univers dont la lumière a eu le temps de nous parvenir, a un rayon de 15 milliards d’années lumière.

Puisque l’espace et le temps sont connectés, car, en ce qui concerne  l’univers observable, la distance est un temps multiplié par la vitesse de la  lumière, l’homme en se rapetissant dans l’espace, s’est aussi rapetissé dans le  temps. Pour illustrer cela plus clairement, je vais comprimer toute l’histoire des  15 milliards d’années de l’évolution cosmique en une année et je vais vous  présenter un calendrier cosmique. Le Big-Bang a lieu le 1er janvier, la formation  de la voie lactée quelques mois plus tard, le 1er avril ; et puis la formation du  système solaire encore plus tard, le 9 septembre seulement. Et puis survient la longue évolution de la vie sur terre ; la première cellule vivante apparaît le 25 septembre ; les plus vieux fossiles — les bactéries et les algues bleues — le 9 octobre ; puis l’invention du sexe par les micro-organismes, le 1er novembreLe 19 décembre apparaissent les premiers poissons. Les premiers insectes font leur apparition le 21 décembre ; les premiers arbres arrivent seulement le 23 décembre ; les premiers oiseaux, le 27 décembre ; puis les dinosaures sortent de scène le 28 décembre, après quatre jours d’existence.
Toute l’évolution de l’homme se passe le 31 décembre. Les premiers hommes rentrent en scène à 22h30, et l’homme civilisé ne survient qu’à la dernière minute de l’année ! Les peintures de Lascaux sont faites à 23h 59minutes ; la civilisation égyptienne, le développement de l’astronomie se produisent pendant les 10 dernières secondes de l’année : 23h59 minutes 59 s ; Bouddha et le Christ n’arrivent que dans les 5 dernières secondes de l’année ; la Renaissance et la naissance de la science occidentale, la conquête de l’espace, la recherche d’une existence extra-terrestre et le péril écologique ne surviennent qu’à la dernière seconde de l’année.L’homme civilisé occupe vraiment un temps infime dans l’évolution cosmique. Je suis enclin à penser,  comme Jacques Monod, que l’homme a émergé par hasard dans un univers sans limites qui lui est complètement indifférent.

Le second coup de grâce a été porté lorsqu’en 1859 Charles Darwin a retiré à l'homme son statut de créature particulière, d'élu de Dieu, pour le reléguer au simple rang de descendant du monde animal. De centre autoproclamé de l’Univers et de la création, de nombril du monde, nous sommes devenus une espèce animale comme les autres, entretenant des liens de parenté avec les autres espèces. Bref, du statut d’être à part  de la nature, l’homme se voyait désormais comme une partie de la nature. L’être humain a dû admettre qu’il ne devait pas son existence à une volonté divine mais plutôt à une longue évolution biologique non orientée, régie uniquement par les lois aveugles du hasard inhérent aux mécanismes de la reproduction sexuelle et de la nécessité de l’adaptation au milieu.

Il croyait descendre de Dieu qui avait créé l’Univers exclusivement pour lui mais descendait en fait du singe. Pouvait-il tomber plus bas hé bien il semble que oui car au fond de lui-même  l’homme même s’il admettait n’être qu’un maillon de la chaîne du vivant était persuadé être l’être le plus complexe de la nature le plus abouti, peu importe que cela relève du pur hasard et non d’une volonté divine, à lui le prix de la complexité.

Eh bien patatras il semble que ce n’est  même pas le cas à l’échelle de la cellule puisqu’une petite fleur la Paris Japonica qui pousse dans les montagnes du centre du Japon possède 50 fois plus d’ADN que l’homme. Cette plante détient désormais le record du plus grand génome jamais découvert pour un être eucaryote (dont les cellules sont dotées d’un noyau).
Les chercheurs ont évalué à 152,23 picogrammes (un picogramme (pg) est égal à un gramme divisé par mille milliards). Cette masse correspond à environ 150 000 millions de paires de nucléotides (ATCG, l’alphabet de base de l’ADN).
Le plus petit génome étudié jusqu’à présent est celui d’un parasite. Il ne pèse que 0.0023 pg. En comparaison celui de l’homme a une masse de 3 pg, soit un nombre de paires de bases plus de 50 fois inférieur à celui de la belle plante japonaise.


Cette plongée dans l'univers va vous faire réévaluer toute votre existence par Gentside Découverte

Epicure et les Dieux


Epicure et les Dieux

10 décembre 2010 à 9:13
Epicure mon vieux maître à penser j'en reviens toujours à lui.

Je vous ai déjà parlé de sa vision de la mort et je le cite à nouveau :

"Prends l'habitude de penser que la mort n'est rien pour nous.
Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité.
Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n'est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d'une durée infinie, mais en nous enlevant le désir de l'immortalité.
Car il ne reste plus rien à redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n'y a rien de redoutable.
On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est à craindre non pas parce qu'elle sera douloureuse étant réalisée, mais parce qu'il est douloureux de l'attendre.
Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l'attente d'une chose qui ne cause aucun trouble par sa présence.
Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d'horreur, la mort, n'est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n'est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n'existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu'elle n'a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus." 

Je vous ai déjà parlé de la primauté qu'il donne au bonheur et au plaisir

"Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse"

Mais attention Epicure n'a pas été le pourceau que ses ennemis ont décrit car il est partisan d'un plaisir mesuré très mesuré, car Epicure était en fait un ascète partisan de l'Ataraxie, un état d'équilibre sans douleur, ni excès de plaisirs car l'excès est générateur de maladies donc de souffrances. Tout le monde sait où conduisent immanquablement les excès sexuels ou alimentaires .

"Nous  n'avons en effet besoin du plaisir que quand, par suite de son absence, nous éprouvons de la douleur ; et quand nous n'éprouvons pas de douleur nous n'avons plus besoin du plaisir.
C'est un grand bien à notre avis que de se suffire à soi-même, non qu'il faille toujours vivre de peu, mais afin que si l'abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous aurons.
Des mets simples donnent un plaisir égal à celui d'un régime somptueux si toute la douleur causée par le besoin est supprimée, et, d'autre part, du pain d'orge et de l'eau procurent le plus vif plaisir à celui qui les porte à sa bouche après en avoir senti la privation.
L'habitude d'une nourriture simple et non pas celle d'une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine santé, pour laisser à l'homme toute liberté de se 106  consacrer aux devoirs nécessaires de la vie, pour nous disposer à mieux goûter les repas luxueux, lorsque nous les faisons après des intervalles de vie frugale, enfin pour nous mettre en état de ne pas craindre la mauvaise fortune.
Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs voluptueux et inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l'écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens.
Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l'âme, à être sans trouble.
Car ce n'est pas une suite ininterrompue de jours passés à boire et à manger, ce n'est pas la jouissance des jeunes garçons et des femmes, ce n'est pas la saveur des poissons et des autres mets que porte une table somptueuse, ce n'est pas tout cela qui engendre la vie heureuse, mais c'est le raisonnement vigilant , capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut éviter, et de rejeter les  vaines opinions d'où provient le plus grand trouble des âmes.
 Or, le principe de tout cela et par conséquent le plus grand des biens, c'est la prudence."

Mais je viens de réaliser une autre dimension d'Epicure qui est un parfait agnostique, un déiste. En effet, tout matérialiste qu'il est, il ne nie pas l'existence des Dieux, ils est même certain qu'ils existent mais et c'est là où il arrive encore à me surprendre, il considère que les Dieux là haut dans Olympe, vautrés sur leur nuage comme moi en ce moment dans mon lite (je suis un Dieu !) se fichent totalement des hommes et que par conséquent nous n'avons pas à régler notre vie sur ce qu'ils sont supposés attendre de nous car ils n'attendent rien de nous.

"Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu'on en a est évidente. Mais, quant à leur nature, ils ne sont pas tels que la foule le croit.
Et l'impie n'est pas celui qui rejette les dieux de la foule : c'est celui qui attribue aux dieux ce que leur prêtent les opinions de la foule. Car les affirmations de la foule sur les dieux ne sont pas des prénotions, mais bien des présomptions fausses. Et ces présomptions fausses font que les dieux sont censés être pour les méchants la source des plus grands maux comme, d'autre part, pour les bons la source des plus grands biens.
Mais la multitude, incapable de se déprendre de ce qui est chez elle et à ses yeux le propre de la vertu, n'accepte que des dieux conformes à cet idéal et regarde comme absurde tout ce qui s'en écarte."

Epicure est un déiste avant la lettre. Dans le DEISME, Dieu est un concept qui répond à des formes académiques dont on se contente de reconnaître l'existence en tant qu'être suprême, mais sans révélation.
Dans ce contexte, Dieu est : Neutre. Indifférent. Etre pur ou Pensée pure. Replié sur lui-même. Sans relation avec l'Homme, l'Univers de l'Homme et sa Création. Il est Eternel, et Immuable, excluant tout rapport avec le changement et le devenir.

A l'opposé il y a la posture THEISTE, la "Doctrine qui admet l'existence personnelle d'un Dieu et son action providentielle dans le monde".
Le Théisme implique : La Révélation (par les Ecritures et par la Nature). L'Alliance de Dieu avec les Hommes (Noé). La relation personnelle et intime de l'Homme avec son Créateur. L'Amour de Dieu pour l'Homme et de l'Homme pour Dieu. Le désir de faire librement la Volonté de Dieu en réalisant son Plan Divin sur Terre. Que l'Homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Que l'usage de la Raison par l'Homme pour connaître Dieu à partir des Créatures et de la Création est légitime mais insuffisante. Que la Tradition se fonde sur la Révélation.

Bref que Dieu ait créé l'homme à son image et que là haut dans le ciel il est assis sur un nuage (encore les nuages ah que mon lit est doux !) un carnet et un crayon à la main, il note nos bonnes et mauvaises actions pour pourvoir, notre mort venue, nous récompenser en nous ouvrant les portes du paradis ou nous punir en nous jetant dans les flammes de l'enfer. Au fait puisque Dieu est omniscient et qu'il pense et crée tout, il doit être au fait des nouvelles technologies et a dû abandonner son carnet et son crayon pour un joystick avec lequel il nous dirige :) 

Comment de nos jours, des adultes font pour continuer à croire à ces contes pour enfants ! J'avoue mon incompréhension. 


Le prologue de l'évangile de Jean


Le prologue de l'évangile de Jean « le disciple que Jésus aimait » : la lumière et la parole

21 décembre 2010 à 12:46

Petite interprétation toute personnelle de deux grands thèmes du prologue de l'évangile de Jean : la lumière et la parole.

Jean, « le disciple que Jésus aimait ». Dans le récit du dernier repas, il est placé " tout contre Jésus " (Jean 13,23) puis " se penche sur [sa] poitrine " (Jean 13,25). Plus tard, il est au pied de la croix (Jean 19,26), puis il entre dans le tombeau vide où il " voit et croit " (Jean 20,8). Il est encore présent dans l’épilogue au bord du lac de Tibériade où il reconnaît le Ressuscité (Jean 21,7), suit Pierre et Jésus (Jean 21,20). Enfin, il est présenté par Jésus comme celui qui " demeure " et, par le narrateur, comme témoin véridique et auteur de l’évangile (Jean 21,24).

Jean, l’auteur qui énonça à travers le quatrième Evangile les trois plus hauts concepts initiatiques que sont la parole, la Lumière et l'Amour. Le quatrième Evangile débute par un texte d'une haute portée initiatique : La doctrine du Verbe fait chair, c'est-à-dire de la liaison divine incarnée dans l'Humanité :
    1. 1     Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu.
    1.2.      Elle était au commencement avec Dieu.
    1.3.      Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
    1.4.      En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
    1.5.      La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
    1.6.      Et la parole a été faite chair et elle a habité parmi nous.  

1. La vie était la lumière des hommes :  D’un point de vue matérialiste le vivant est littéralement fils de la lumière. Sans la lumière du soleil, pas d'énergie photonique, pas de photosynthèse, pas de vie, pas de végétaux, pas d'animaux, partant pas d'homme, pas d’humanité. Dans cette perspective, la phrase du prologue pourrait être inversée « la lumière était la vie ».




Les êtres vivants, végétaux et animaux ont deux fonctions principales : maintenir leur structure, pour pouvoir la reproduire et répliquer ainsi leurs gènes. Pour maintenir leur structure, les êtres vivants agissent en véritables transformateurs d'énergie branchés en permanence sur une source extérieure, le soleil d'où provient en définitive l'énergie chimique contenue dans les aliments que nous absorbons. Les aliments sont en quelque sorte de l'énergie solaire en conserve. Quand on se nourrit, on se nourrit de soleil.

Le soleil émet un rayonnement électromagnétique sous la forme de photons. Par la photosynthèse, dont le catalyseur essentiel est un pigment vert, la molécule de chlorophylle des plantes vertes, l'énergie électromagnétique des photons est mise en réserve dans les plantes, dans les liaisons chimiques du sucre tandis que ce même processus de photosynthèse libère dans l'atmosphère de l'oxygène gazeux.

Dans une seconde étape, le sucre, servant cette fois d'aliment, est brûlé en présence d'oxygène dans les cellules des animaux et des plantes. Cette combustion froide appelée respiration fournit de l'énergie directement utilisable par la cellule sous forme de petite monnaie. Cette monnaie circulante est le combustible interne utilisé par tous les êtres vivants sans exception (après les nucléotides de l'ADN voilà encore de l'universalité) : l'ATP ou adénosine triphosphate.

Les produits de la combustion sont le gaz carbonique et l'eau. Le règne végétal fournit ainsi au règne animal le sucre et l'oxygène, agents de la respiration cependant que l'animal renvoie à la plante le gaz carbonique, source de carbone minéral à partir duquel la plante fabrique les composés organiques dont elle a besoin. Ainsi circule l'énergie dans le monde vivant.


2. « La parole était Dieu … toutes choses ont été faites par elle »

Dans l'optique de la Bible, l'homme est créé à l'image de Dieu.

« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu »  Genèse 1-27 .

L’homme est doté de ce qui le rend semblable à Dieu, la Parole, qui le rend capable de créer. Le Verbe est Création. Si l’humanité est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est bien grâce à la formidable avancée permise par l’apparition du langage qui permet l’expression des fonctions symboliques, puis du dessin et bien plus tard de l’écriture qui sont en quelque sorte la forme matérielle du langage.

La parole est le propre de l’homme. Le langage articulé, structuré, par opposition à l'expression animale, est plus qu'un mode de communication. Il est un mode de transmission (des acquis culturels : taille de la pierre, maîtrise du feu, pratiques funéraires, ...), de création  artistique et technique (de nouveaux savoirs, de nouvelles technologies). En un mot, une condition indispensable à l'évolution culturelle et intellectuelle de l'humanité.

La parole, le verbe, a permis à l’homme et dans le règne du vivant, à l’homme seul, de transmettre à sa descendance non seulement les comportements instinctifs qui sont dans son programme génétique mais aussi de mémoriser les connaissances et découvertes accumulées par les générations précédentes au fil des siècles, ce que le reste du monde animal, qui de dispose pas du langage articulé ne peut faire, se contentant de transmettre pour l’essentiel, des comportements instinctifs.

Le XXIe siècle a vu le développement de l’informatique et de l’internet qui permet de mettre quasi instantanément à la disposition de tout homme cette somme de savoirs. Il a désormais littéralement au bout des doits toutes les bibliothèques, tous les livres, tout le savoir et toute la sagesse humaine formulée depuis l’apparition de l’écriture il y a 3.300 ans avant Jésus-Christ dans la civilisation sumérienne sur les berges du Tigre et de l’Euphrate, à l’emplacement de l’Irak actuel.

Aujourd'hui la technologie a conféré à l'Homme un pouvoir éminent. Il est capable de modifier toutes les fonctions qui ont modelé son évolution, ses conditions naturelles, sa vie et son environnement. Les procréations médicalement assistées et les nouvelles molécules pharmaceutiques modifient le processus de la sélection naturelle ; il est même capable de modifier son patrimoine génétique. Sa responsabilité se trouve engagée. Il est désormais maître de son destin, Il est Dieu, il est devenu homme-Dieu, créateur de sa propre destinée.

Ill a goûté à l’arbre de la connaissance du bien et du mal au risque de s’attirer les foudres de son créateur ou plus probablement de causer sa propre perte par un usage insensé de ses inventions. Une guerre atomique planétaire ou un accident cosmique et l’homme peut disparaître de la surface de la terre. Ayons toujours en mémoire le sort funeste de la lignée des dinosaures.


Dans son dialogue avec Eve, le serpent lui a dit pour la convaincre de croquer la pomme :

« Dieu sait que le jour où vous mangerez les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme des Dieux, connaissant le bien et le mal » Genèse 3-5.



L’homme est devenu, tel Lucifer, un "Porteur de lumière" (du latin lux « lumière » et fero « porter »). Lucifer est à l’origine un personnage des mythologies romaine et grecque, Dieu de lumière et de connaissance. C'est l'un des noms que les Romains donnaient à l'étoile du matin, autrement dit à la planète Vénus.

Dans la Bible, le nom Lucifer est utilisé pour traduire « l’astre brillant, étoile du matin » du Livre d'Isaïe qui désigne un roi de Babylone raillé pour sa volonté de s'élever au-dessus de sa condition d'homme et de dépasser Dieu.

Isaïe 14:11-14 : « Ta magnificence est descendue dans le séjour des morts, sous toi est une couche de vers et les vers sont ta couverture. Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, étoile du matin ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, à l'extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très Haut». 


3. Petit résumé didactique sur l'évolution culturelle de l'homme pour fixer les esprits



Il y a sans doute un peu plus de 6 millions d'années un groupe de primates acquiert la station érigée bipède. Ce sont les premiers hominidés. Leurs caractéristiques anatomiques ne permettent pas encore le langage articulé.

Homo habilis
C'est vers 2,5 millions d'années, qu'émerge une nouvelle forme d’hominidés, l'Homo habilis, chez qui toutes les caractéristiques anatomiques pour l'existence d'un langage articulé sont présentes et qui invente l'outil manufacturé. Avec ces deux acquisitions fondamentales, l'apparition du langage articulé et l'invention de l'outil, a débuté, il y a 2,5 millions d'années, la fabuleuse aventure culturelle de l'Homme.

Ce sont leurs descendants, les Homo erectus, qui, vers 1,5 million d'années dans l’actuelle Ethiopie fabriquent les premiers bifaces, outils qui présentent à la fois une symétrie bilatérale et bifaciale. L'Homme a acquis la notion de symétrie et le sens de l'harmonie. Il est capable de fabriquer de beaux outils avec une retouche soignée et régulière, parfois taillés sur des roches de belle couleur. Ce n'est pas parce qu'il est soigneusement taillé sur une belle roche que l'outil est plus fonctionnel. L'Homme a maintenant acquis le sens du beau et le goût du travail bien fait ; il se transcende par la beauté.

C'est vers 400 000 ans que l'Homme domestique le feu, nouveau facteur d'hominisation.


Les Homo erectus, qui ont évolué lentement au cours de près de deux millions d'années, au rythme de l'évolution biologique des hominidés, ont apporté au patrimoine culturel de l'Homme de nombreuses acquisitions : la notion de symétrie et le sens de la beauté, la domestication du feu, la taille des silex, les premiers balbutiements de la pensée symbolique. L'évolution culturelle s'accélère alors que l'évolution morphologique poursuit son lent chemin.



À partir de 100 000 ans, avec les Homo neandertalensis, évolution ultime des Homo erectus apparaissent les premières sépultures véritables liées aux premiers rites funéraires. L'Homme s'interroge alors sur sa signification, sur sa place dans l'histoire de l'univers et de la vie, sur son avenir et celui de ses proches. Il n'accepte pas sa propre disparition ni celle des membres de sa famille ou de son groupe. Il veut poursuivre sa route au-delà de la mort. C'est alors qu'il enterre le défunt et dépose dans la fosse sépulcrale des offrandes pour le voyage dans la vie future. C'est la naissance de l'angoisse métaphysique et l'émergence de la pensée religieuse. En quelques millénaires, quelle évolution culturelle, alors que les néandertaliens sont encore, par leur morphologie, très proches des Homo erectus !



A partir de 35 000 ans, émerge, chez l’Homo sapiens le développement de la pensée symbolique. L'évolution culturelle s'accélère et prend maintenant le pas sur l'évolution morphologique. L'Homme inscrit alors des signes sur la pierre ou l'argile. Ces  premiers signes symboliques correspondent à des idéogrammes. En combinant des signes, les hommes combinent des idées. C'est ainsi que va naître l'écriture qui permettra à l'Homme de transmettre des messages à travers l'espace et à travers le temps. Les premières écritures apparaissent en Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate, à Sumer, vers 3 300 ans avant J.-C., avec les signes cunéiformes.