vendredi 11 mai 2018

Comment l’Europe va-t-elle réagir à l’abandon de l’accord iranien par Trump ?

Les gens se demandent comment l’Iran va réagir au retrait des États-Unis du Plan d’action global conjoint signé par l’Iran, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Chine et la Russie en juillet 2015. Moi, je me demande comment l’Allemagne, la quatrième économie mondiale, va réagir. Le mois dernier, lors de son sommet avec Trump, Angela Merkel a réitéré le ferme soutien de l’Allemagne à l’accord. Je me demande comment la France va réagir. Emmanuel Macron, qui a également eu un sommet avec Trump le mois dernier, a confirmé le soutien inaltérable de la France. Je me demande comment la Grande-Bretagne va réagir. Theresa May a qualifié l’accord de « vital » et le ministre britannique des affaires étrangères Boris Johnson est allé à Washington pour insister sur la nécessité de maintenir l’accord.

L’Allemagne et la France figurent parmi les dix principaux partenaires commerciaux de l’Iran (malgré les sanctions). Ils veulent accroître leurs échanges commerciaux avec la 27e économie mondiale, ainsi que leurs investissements. Avec son territoire immense, sa population instruite de 80 millions d’habitants, ses riches ressources naturelles et son ouverture de capitaux étrangers, l’Iran apparaît comme une excellente opportunité d’investissement.
L’Allemagne représente 60 % des investissements de l’UE en Iran. Elle vend des machines, des métaux, des produits chimiques et des véhicules ainsi que des produits agricoles, et affiche un excédent commercial substantiel avec le pays. Ses investissements ont augmenté d’environ 25 % par an au cours des dernières années. Les capitalistes allemands attendaient cet accord avec impatience. En janvier, le constructeur automobile iranien Khodro a signé un contrat avec Daimler pour commencer à produire des voitures Mercedes-Benz en Iran cette année. C’est le genre de coopération que les États-Unis veulent maintenant empêcher, en décourageant le financement international et en appliquant des sanctions à ceux qui défient leurs objectifs géopolitiques. On peut s’attendre à voir monter en Allemagne le ressentiment à l’égard des États-Unis s’ils exigent que les capitalistes allemands se soumettent à la politique étasunienne en Iran et ailleurs.