"On est en train de sélectionner les gens les plus dangereux"
"L'ABC d'Albert Jacquard" épisode - "Dieu"
samedi 19 avril 2014
La prison pour femmes de Kaboul
Un film sur la prison pour femmes de Kaboul. Sur 125 prisonnières, la moitié est là pour des délits de droit commun (trafic de drogue, attentats kamikaze, meurtres) et l'autre moitié pour des "crimes moraux" c'est à dire pour avoir trompé leur mari, avoir abandonné le domicile conjugal ou pour avoir eu des relations sexuelles avant le mariage.
Puissance ou impuissance publique...
Faut-il toujours parler de la "puissance publique", ne vaudrait-il pas mieux la requalifier "d'impuissance publique". En effet les leviers qui permettent de piloter la France au plan économique ne sont plus entre les mains de nos décideurs nationaux mais à l'extérieur de nos frontières, d'où ce sentiment d'impuissance...
Le fossoyeur de la gauche française
Mardi 28 Janvier 2014 à 05:00
MICHEL SANTI*
La reconversion abrupte du Président français à la loi de l’offre est époustouflante car désormais François Hollande conditionne la croissance à la production. Une observation simple de la conjoncture française aurait pourtant montré que le travail et que l’investissement y sont déficients, non du fait d’un manque de ressources ou de biens produits, mais bien du fait d’une consommation et d’une demande agrégée anémiques
« Le temps est venu de régler le principal problème de la France : sa production. (…) C’est donc sur l’offre qu’il faut agir. Sur l’offre ! Ce n’est pas contradictoire avec la demande. L’offre crée même la demande. »Tel est le verbatim de François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier dernier. L’électrochoc qu’il entend appliquer à l’économie française afin de la tirer de sa profonde récession se décline donc en mesures visant essentiellement à s’attirer les faveurs du patronat et du milieu des affaires en général, tout en rétrécissant l’Etat.
Ce ne sont cependant pas les 30 milliards d’euros d’économies (fin des cotisations familiales) offertes aux entreprises à l’horizon 2017 qui sont choquantes. Pas plus que la servilité française vis-à-vis des diktats allemands et bruxellois pour la poursuite, voire pour l’amplification, d’une austérité dont on sait pourtant désormais qu’elle précipitera la France dans une nouvelle dépression. En effet, qui est aujourd’hui capable de nier que c’est les économies et autres réductions budgétaires de l’ordre de 1.8 points de P.I.B. réalisées en France en 2013 qui y ont propulsé le chômage à des niveaux records de près de 11% ?
En réalité, cette reconversion abrupte du Président français à la loi de l’offre est surtout époustouflante car François Hollande conditionne la croissance à la production. En d’autres termes, il part du principe selon lequel la croissance ne repartira que dès lors que les entreprises produiront plus ! Et adopte ainsi les enseignements pour le moins controversés de Jean-Baptiste Say (1767-1832) selon lesquels seules l’offre et la production stimulent la croissance. La demande, quant à elle, étant supposée suivre nécessairement…
Ce faisant, François Hollande dépasse sur sa droite les néoclassiques comme John Stuart Mill qui reconnaissait dans ses « Principes d’économie politique » qu’il n’était possible de doubler les capacités de production d’un pays qu’en doublant le pouvoir d’achat des consommateurs ! A moins que le Président ne destine en fait l’ensemble de l’augmentation de la production de nos entreprises à l’exportation, transformant ainsi la France en une seconde Allemagne ? Toujours est-il que François Hollande ignore ostensiblement la révolution keynésienne ayant ringardisé Say et Ricardo, et ayant décrédibilisé le dogme selon lequel c’est l’offre qui induit sa demande propre. Les économistes néoclassiques ne vont-ils pas jusqu’à affirmer qu’il ne peut y avoir de réduction de la consommation car les gens doivent bien dépenser leur revenu pour acheter des biens… ?
Une observation simple de la conjoncture française aurait pourtant montré que le travail et que l’investissement y sont déficients, non du fait d’un manque de ressources ou de biens produits, mais bien du fait d’une consommation et d’une demande agrégée anémiques. En réalité, la conversion de l’exécutif français à cette loi de l’offre – qui réfute catégoriquement qu’une économie puisse souffrir d’un déclin de la demande agrégée – justifie du coup la posture des néolibéraux qui sont convaincus que le chômage est accentué par les aides sociales. Ce tournant idéologique de François Hollande passe également sous silence l’existence de phénomènes appelés « récessions » – comme celle que nous subissons depuis 2007 – et qui ont pour effet d’appauvrir les nations.
On sait pourtant depuis Keynes qu’une économie peut bel et bien souffrir d’un effondrement généralisé de sa consommation et de son investissement, et que la dépense publique n’est nullement en compétition avec la dépense privée. Au contraire, le tassement de la dépense publique conduit nécessairement à une régression de la dépense privée, dans le cadre de crises aigües comme celle que nous traversons aujourd’hui. C’est, du reste, exactement ce que nous conte l’histoire de l’austérité appliquée dans nombre de pays européens, et qui se traduit aujourd’hui par une menace très sérieuse de déflation à la japonaise en Europe périphérique, y compris en France.
Car seules la relance de sa consommation et de sa demande agrégée – et non la réduction de ses dépenses – permettront de rétablir la croissance en France. Comme il va de soi que le rétrécissement du champ d’action de l’Etat dans un contexte où notre économie est loin – très loin ! – du plein emploi est absolument contre-productif. Il est certes crucial d’améliorer la compétitivité de nos entreprises et d’alléger certaines de leurs charges, mais il est tout aussi fondamental pour un gouvernement de séquencer judicieusement les réformes. En l’occurrence, la priorité des priorités reste le rétablissement de la consommation, qui se répercutera forcément sur une amélioration de la production, et donc de l’offre.
Dans la conjoncture catastrophique actuelle où l’Europe se retrouve : privée de munitions traditionnelles (du fait de taux d’intérêt à zéro) pour combattre un taux de chômage épouvantable. La déclaration extraordinaire du Président français selon laquelle l’offre induit naturellement sa demande prouve en creux l’incapacité de la gauche à articuler une politique économique qui tienne la route. Et nous indique que nos déboires actuels ne sont pas uniquement la faute de politiques mises en œuvre en leur temps par des gouvernements de droite.
Brahms - Guten Abend, gute Nacht
Encore du Brahms :
Bonsoir, bonne nuit (en Allemand Guten Abend, gute Nacht) universellement connue sous le nom de Berceuse de Brahms est une œuvre pour piano de Johannes Brahms publiée en 1868 (Wiegenlied op. 49/4). C'est l'une des berceuses les plus célèbres de la musique classique.
Guten Abend, gute Nacht,
mit Rosen bedacht,
mit Näglein besteckt,
schlupf′ unter die Deck!
Morgen früh, wenns Gott will,
wirst du wieder geweckt. (bis)
Guten Abend, gute Nacht,
von Englein bewacht,
die zeigen im Traum
dir Christkindleins Baum.
Schlaf nun selig und süß,
schau im Traum ′s Paradies. (bis)
Traduction en français
Bonsoir, bonne nuit,
veillé par des roses
couvert de clous de girofle,
glisse sous l'édredon !
Demain matin, si Dieu veut,
Tu te réveilleras de nouveau. (bis)
Bonsoir, bonne nuit,
gardé par des angelots,
qui te montrent en rêve
l'arbre du petit Jésus :
dors maintenant, bienheureux et doucement
regarde dans les rêves du Paradis. (bis)
La première strophe est tirée du Cor merveilleux de l’enfant (en Allemand Des Knaben Wunderhorn) un recueil de chants populaires germaniques. La seconde fut écrite par Georg Scherer en 1849.
Gabriel Fauré - Pavane - Simon Rattle
Gabriel Fauré: Pavane / Sir Simon Rattle, conductor · Berliner Philharmoniker / Recorded at the Berlin Philharmonie, 31 December 2003
Brahms, le troisième mouvement de la troisième symphonie
Un des thèmes les plus connus de Brahms, le troisième mouvement de la troisième symphonie. Ce thème a été repris dans la chanson de Serge Gainsbourg, Baby Alone in Babylone, par Yves Montand pour Quand tu dors près de moi, par Frank Sinatra pour Take My Love, par Carlos Santana dans la chanson Love of my life sur l'album Supernatural, ainsi que par Jo Yeong-wook pour le thème récurrent du film de Park Chan-wook, Old Boy.
La pièce entière:
Gainsbourg/Birkin :
Montand :
Yves Montand - Quand tu Dors Pres de Moi
Quand tu dors près de moi
Tu murmures parfois
Le nom mal oublié
De cet homme que tu aimais
Et tout seul près de toi
Je me souviens tout bas
Toutes ces choses que je crois
Mais que toi, ma chérie, tu ne crois pas
Les gestes étourdissants
Etourdis de la nuit
Les mots émerveillés
Merveilleux de notre amour
Si cet air te rejoint
Si tu l'entends soudain
Je t'en pris, comme moi
Ne dis rien, mais rappelle-toi, chérie
Le point de vue de Guy de Maupassant sur Schopenhauer
« Qu'on proteste ou qu'on se fâche, qu'on s'indigne ou qu'on s'exalte, Schopenhauer a marqué l'humanité du sceau de son dédain et de son désenchantement. Jouisseur désabusé, il a renversé les croyances, les espoirs, les poésies, les chimères, détruit les aspirations, ravagé la confiance des âmes, tué l'amour, abattu le culte idéal de la femme, crevé les illusions des cœurs, accompli la plus gigantesque besogne de sceptique qui ait jamais été faite. Il a tout traversé de sa moquerie, et tout vidé. Et aujourd'hui même, ceux qui l'exècrent semblent porter, malgré eux, en leurs esprits, des parcelles de sa pensée. »
Le libre arbitre est une fiction : démonstration schopenhauerienne
A la question sommes-nous libres ? L’homme ordinaire répond sans ambigüité oui puisque nous pouvons faire ce que nous voulons. Si l’homme peut faire ce qu’il veut mais sa volonté est-elle libre ? Peut-il choisir indifféremment en toute objectivité quand deux choix se présentent à lui ? De quoi dépend la volonté elle-même ?
« Ma volonté ne dépend absolument que de moi seul ! Je peux vouloir ce que je veux : ce que je veux, c’est moi qui le veux », Schopenhauer décrit ainsi l’esprit naïf qui se contente de regarder les choses à la surface. « Mais ta volonté de quoi dépend-elle ? », demande le philosophe. Dans son Essai sur le libre arbitre, le penseur de Francfort pose d’entrée de jeu comme solution à l’énigme du libre arbitre que « l’homme est un être déterminé une fois pour toutes par son essence, possédant comme tous les autres êtres de la nature des qualités individuelles fixes, persistantes, qui déterminent nécessairement ses diverses réactions en présence des excitations extérieures [1]»
Ainsi, Schopenhauer montre que les actions des hommes sont régis d’une part par des motifs (qui sont extérieurs à l’homme et dont il n’a aucun contrôle) et d’autre part son moi c’est à dire son essence (inchangeable et fixé préalablement).
L’influence des motifs
L’action des hommes s’exerce sous l’influence des motifs auxquels chacun se conforme instinctivement tant qu’il se tourne ses regards vers le dehors. Conformément au principe de causalité auxquels est soumis sans exception tous les objets réels du monde extérieur, l’homme agit sous l’influence des motifs. Et ceux-ci ont leur origine dans les réalités extérieures, les expériences personnelles, la tradition ou l’éducation.
Pour illustrer ses propos, Schopenhauer prend l’exemple d’un homme qui croit disposer de sa pleine liberté : « Il est à présent six heures du soir, ma journée de travail est finie. Je peux maintenant faire une promenade ; ou bien je peux aller au club ; je peux aussi monter sur la tour pour voir le coucher du soleil ; je peux aussi aller au théâtre ; je peux faire une visite à tel ami ou tel autre ; je peux même m’échapper par la porte de la ville, m’élancer au milieu du vaste univers, et ne jamais revenir... Tout cela ne dépend que de moi, j’ai la pleine liberté d’agir à ma guise ; et cependant je n’en ferai rien, mais je vais rentrer non moins volontairement au logis, auprès de ma femme ». C’est exactement comme si l’eau disait : « Je peux m’élever bruyamment en hautes vagues (oui certes, lorsque la mer est agitée par une tempête !) - je peux descendre d’un cours précipité en emportant tout sur mon passage (oui, dans le lit d’un torrent), - je peux tomber en écume et en bouillonnant (oui, dans une cascade), - je peux m’élever dans l’air, libre comme un rayon (oui, dans une fontaine), - je peux enfin m’évaporer (oui, à 100 degré de chaleur) ; - et cependant je ne fais rien de tout cela, mais je reste de mon plein gré, tranquille et limpide, dans le miroir du lac ».
« Comme l’eau ne peut pas se transformer ainsi que lorsque des causes déterminantes l’amènent à l’un ou à l’autre de ses états, de même l’homme ne peut faire ce qu’il se persuade être en son pouvoir, que lorsque des motifs particuliers l’y déterminent ».
L’homme est incapable d’agir par lui-même. C’est aussi ce qu’à montré Spinoza en comparant le libre arbitre à une pierre soumise à l’impulsion d’une cause extérieure et qui reçoit une certaine quantité de mouvement en vertu de laquelle elle continue de se mouvoir même quand la cause motrice a cessé d’agir. Tandis que cette pierre continue de se mouvoir, elle pourrait croire, si elle avait la capacité de penser, qu’elle est libre dans son mouvement, alors qu’elle est poussée par une force extérieure. Et Schopenhauer de poursuivre : « de même qu’une bille sur un billard ne peut entrer en mouvement avant d’avoir reçu une impulsion, ainsi un homme ne peut se lever de sa chaise, avant qu’un motif ne l’y détermine : mais alors il se lève d’une façon aussi nécessaire et aussi imprévisible que la boule se meut après avoir reçu l’impulsion ».
Le dilemme de la liberté. CREDIT: Fork in the road image via Shutterstock
L’homme est déterminé par son essence
Les motifs qui constituent le moteur des actions humaines révèlent en réalité la volonté qui nous fait agir. Dans la philosophie de Schopenhauer la volonté, considérée non pas dans son sens habituel, est la force vitale qui constitue l’essence de tout ce qui existe dans la nature. « La volonté de l’homme n’est autre que son moi proprement dit, le vrai noyau de son être : c’est elle qui constitue le fond même de sa conscience, comme quelque substratum immuable et toujours présent, dont il ne saurait se dégager pour pénétrer au-delà. Car lui-même il est comme il veut, et il veut comme il est. Donc, quand on lui demande s’il pourrait vouloir autrement qu’il ne veut, on lui demande en vérité s’il pourrait être autrement qu’il n’est ».
La volonté a une nature spéciale et individuellement déterminée « en vertu de laquelle sa réaction sous l’influence de motifs identiques diffère d’un homme à l’autre, constitue ce qu’on appelle le caractère de chacun ». « Le caractère de l’homme est invariable : il reste le même pendant toute la durée de sa vie. Sous l’enveloppe changeante des années, des circonstances où il se trouve, même de ses connaissance et de ses opinions, demeure, comme l’écrevisse sous son écaille, l’homme identique et individuel, absolument immuable et toujours le même ». Pour Schopenhauer le caractère est déterminé et est donné une fois pour toute. Le caractère est à la base de tous les effets que les motifs provoquent. En d’autre terme, l’homme, prisonnier de lui-même, est condamné à être lui-même. Dans cette configuration, il n’y a aucune place pour le libre arbitre. On voit là se profiler la seule liberté concevable qui est celle de mieux se connaître pour s’accepter. Disons au passage que sur cette question précise Freud a pillé Schopenhauer pour élaborer sa théorie psychanalytique.
« Chaque action d’un homme est le produit nécessaire de son caractère et du motif entré en jeu. Ces deux facteurs étant donnés, l’action résulte inévitablement » Pour qu’une action (ou effet) se produise, des causes extérieures doivent provoquer nécessairement l’être affecté à manifester ce qu’il contient (son essence intérieure) : car « celui-ci ne peut agir autrement qu’ il n’est... Toute existence présuppose une essence : c’est à dire que tout ce qui est doit aussi être quelque chose, avoir une essence déterminée. Une chose ne peut pas exister et en même temps n’être rien... »
Donc, tout ce qui arrive, arrive nécessairement. Naïf celui qui croit qu’il a une quelconque emprise sur les événements. La seule liberté possible réside dans le seul fait d’accepter l’inéluctable, Nietzsche dira plus tard avec la formule amor fati qu’il faut non seulement accepter ce qui advient mais aussi l’aimer au point de le vouloir à nouveau encore et encore (l’éternel retour).
Alors comment expliquer que la conviction du libre arbitre soit acceptée et enseignée comme un attribut de l’homme. Pour Schopenhauer cette erreur trouve sa source dans la nécessité de mettre en harmonie la responsabilité de l’homme avec la justice de Dieu, thème cher au christianisme. Si Dieu est à l’origine de tout, il doit aussi être responsable du bien comme du mal. Si le mal existe c’est qu’il est voulu par Dieu. Mais Dieu ne veut que le bien, c’est donc alors que si le mal existe, Dieu, a minima, n’y fait rien. Face à ce scandale théologique, le christianisme a vite fait de doter l’homme d’un libre arbitre pour qu’il soit responsable de ses actes. C’est ce que se chargera de faire Saint Augustin et d’autres philosophes chrétiens qui vont théoriser le libre arbitre comme explication de la non responsabilité de Dieu dans les malheurs du monde. Dans le mythe du péché originel, l’homme (Adam et Eve) devient le seul coupable parce qu’il avait le choix quand il a choisi de manger le fruit défendu. Cette explication qui satisfait le simple d’esprit ne réussira pas à convaincre le philosophe qui se demande : « Que dirait-on de l’horloger qui s’irriterait contre sa montre parce qu’elle marche mal ? ».
Liberté de la Volonté
Schopenhauer conclut son Essai en démontrant que la liberté réside dans l’essence de ce que nous sommes, c’est-à-dire dans la volonté et non dans l’action. L’essence de l’homme est libre mais son action est nécessairement déterminée car c’est « par ce que nous faisons que nous reconnaissons nous-mêmes ce que nous sommes ». « L’homme ne fait jamais que ce qu’il veut, et pourtant, il agit toujours nécessairement. La raison est qu’il est déjà ce qu’il veut : car de ce qu’il est découle naturellement tout ce qu’il fait ».
Cette conclusion est le cœur de la philosophie de Schopenhauer. L’essence de l’homme (la volonté) est la même que celle qui habite les animaux, les plantes, les pierres etc. Cette volonté aveugle est totalement libre. Elle fait ce qu’elle veut, l’homme n’est qu’un phénomène ou l’une des multiples manifestations de la volonté. L ’homme est volonté et fait ce qu’il veut. Mais cette liberté ne réside pas dans la liberté d’action qui est soumise à la loi de la causalité ni dans l’indifférence des choix mais dans ce que nous sommes. L’action de l’homme est l’expression pure de la combinaison de son essence fixée d’avance et des motifs extérieurs dont il n’a aucun contrôle.
Schopenhauer et le caté
Après avoir lu ce passage de Schopenhauer, je me demande si je ne vais pas retirer ma petite fille du "caté" où j'ai accepté, par esprit de tolérance et aussi pour faire plaisir à ma mère, qu'elle soit inscrite. Elle préfère le cheval au catéchisme et je la comprends quand on connait la hauteur intellectuelle des "dames de patronage" qui enseignent cette matière qui gagnerait à être culturelle et historique plutôt que strictement cultuelle.
"On n'a jamais manqué de gens qui se sont efforcés de tirer leur subsistance de ce besoin métaphysique, et qui l'ont exploité autant qu'ils l'ont pu ; chez tous les peuples, il s'est rencontré des personnages pour s'en faire un monopole, et pour l'affermer ; ce sont les prêtres. Mais afin d'assurer complètement leur trafic, il leur fallait obtenir le droit d'inculquer de bonne heure aux hommes leurs dogmes métaphysiques, avant que la réflexion ne fut encore sortie de ses ténèbres, c'est-à-dire dans la première enfance ; car alors, tout dogme une fois qu'il est bien enraciné, reste pour toujours quelle qu'en soit l'insanité ; si les prêtres devaient attendre pour faire leur œuvre que le jugement fût déjà mûr, ils verraient s'écrouler tous leurs privilèges. "
"On n'a jamais manqué de gens qui se sont efforcés de tirer leur subsistance de ce besoin métaphysique, et qui l'ont exploité autant qu'ils l'ont pu ; chez tous les peuples, il s'est rencontré des personnages pour s'en faire un monopole, et pour l'affermer ; ce sont les prêtres. Mais afin d'assurer complètement leur trafic, il leur fallait obtenir le droit d'inculquer de bonne heure aux hommes leurs dogmes métaphysiques, avant que la réflexion ne fut encore sortie de ses ténèbres, c'est-à-dire dans la première enfance ; car alors, tout dogme une fois qu'il est bien enraciné, reste pour toujours quelle qu'en soit l'insanité ; si les prêtres devaient attendre pour faire leur œuvre que le jugement fût déjà mûr, ils verraient s'écrouler tous leurs privilèges. "
L'immortalité de l'être selon Schopenhauer
Pour Schopenhauer ce qui importe pour la nature c'est la permanence de l'espèce, l'individu en tant que tel n'a guère d'importance sinon que son rôle est justement de perpétuer l'espèce, juste comme le maillon d'une longue, longue, chaîne qui se perd dans la nuit des temps.
Ce qui augmente à nos yeux la détresse de l'existence terrestre, c'est la sereine indifférence de la nature vis-à-vis des êtres qu'elle appelle à la vie, qui croissent, dépérissent et meurent, sans qu'elle paraisse s'en émouvoir. Une seule chose, Schopenhauer ne cesse de le répéter, une seule chose est indestructible : la volonté. Elle a ses formes dans lesquelles elle se manifeste : ce sont les Idées platoniciennes. A chaque Idée correspond une espèce, et c'est l'espèce qui intéresse la nature, c'est sur elle que se porte toute sa sollicitude. Aussi elle allume partout le désir de la reproduction, et elle répand les germes avec une telle profusion, qu'elle peut en perdre le plus grand nombre sans que la source de la vie tarisse jamais. N'a-t-elle pas devant elle cette triple infinité, le temps, l'espace, et la série de tous les individus possibles ?
« Considérez l'insecte placé sur votre chemin : le moindre écart, le mouvement le plus involontaire de votre pied, décide de sa vie ou de sa mort. Voyez la limace des bois, dépourvue de tout moyen de fuir, de résister, de donner le change à son adversaire ou de se cacher devant lui, une proie offerte au premier venu. Voyez le poisson se jouer insouciant dans le filet prêt à se fermer, la grenouille trouver dans sa propre paresse un obstacle à la fuite qui la sauverait. Voyez l'oiseau qui ne sent pas le faucon planer sur lui, les brebis que du fond d'un buisson le loup dénombre et couve du regard. Armés d'une courte prévoyance, tous ces êtres promènent sans malice leur existence au milieu des dangers qui la menacent à chaque instant.
En abandonnant ainsi sans retour ces organismes construits avec un art inexprimable non seulement à la rapacité du plus fort, mais encore au hasard le plus aveugle, au caprice d'un fou ou à l'espièglerie d'un enfant, la nature déclare que l'anéantissement de ces individus lui est indifférent, ne peut pas lui nuire, n'est absolument rien au fond, et que dans tous ces accidents l'effet est aussi peu important que la cause. C'est ce qu'elle énonce très clairement, et elle ne ment jamais; seulement elle ne commente pas ses sentences, elle parle plutôt le langage laconique des oracles. Pourquoi la mère de toutes choses s'inquiète-t-elle si peu de jeter ses enfants sans protection entre mille dangers toujours menaçants ? Elle sait que, quand ils tombent, ils retombent dans son sein où ils sont à l'abri, et que leur chute n'a été qu'un jeu sans conséquence[1]. »
Si la nature n'est pas plus émue par la mort d'un être animé que par la chute d'une feuille, c'est qu'elle est sûre de la permanence de l'espèce et, par conséquent, de la durée indéfinie de la vie. L'espèce ne vieillit pas, et c'est dans le sentiment de leur identité avec l'espèce que les individus eux-mêmes puisent la sécurité dans laquelle ils vivent. La mort est pour l'espèce ce que le sommeil est pour l'individu. « Comme le monde s'évanouit à l'entrée de la nuit, sans cesser un seul instant d'exister, ainsi les hommes et les animaux semblent disparaître dans la mort, sans cesser pour cela de poursuivre en paix leur existence réelle. » Même l'individu est assuré de sa durée, du moins quant à la partie essentielle et indestructible de son être, la volonté. Mais l'intelligence, faculté secondaire, et avec elle la conscience, meurent à chaque renouvellement de l'être, à chaque renaissance. Il s'ensuit cette singulière conséquence, que, dans chaque descendant d'une race, la même volonté se présente, mais accompagnée d'une autre intelligence, et que chacun, tout en obéissant à la même impulsion, se fait une autre idée de la vie et de ce qu'elle peut lui offrir.
Ainsi la mort est impuissante à rompre le lien entre les générations qui se succèdent. « Sans doute, ajoute Schopenhauer, comme l'intelligence s'éteint avec l'individu, la volonté ne peut pas compléter l'une par l'autre les connaissances qu'elle a acquises dans les différents stades de sa carrière. Mais, à la suite de chaque nouvelle conception de la vie, telle qu'un renouvellement de la personnalité peut seul la lui fournir, elle se modifie, prend une direction nouvelle, et, ce qui est l'essentiel, elle se voit sollicitée à se prononcer une fois de plus sur la valeur de l'existence[2]. »
La conviction profonde qui est gravée dans le cœur de l'homme, et qui lui dit que la mort ne saurait atteindre le fond de son être, a pour corollaire cette autre conviction que son existence est déterminée par des causes antérieures à sa naissance.
Ce qui est sorti du néant doit rentrer dans le néant ; ce qui ne veut pas périr doit se croire incréé, éternel, indépendant du temps. Ce qui est avant et ce qui est après ne sont que deux lignes pareilles, tracées en deux directions différentes.
Schopenhauer, en poète philosophe qu'il était, a souvent exprimé cette idée sous forme humoristique. « Rejetez donc vos chimères, et cherchez la vérité en vous laissant guider par la nature. Apprenez d'abord à reconnaître dans tout jeune animal qui s'offre à vos yeux l'espèce qui ne vieillit jamais. C'est l'espèce qui prête à l'individu naissant une jeunesse temporaire, reflet de son éternelle jeunesse ; c'est elle qui le fait paraître aussi neuf et aussi frais que si le monde datait d'aujourd'hui. Demandez-vous sincèrement si l'hirondelle de ce printemps-ci n'est pas la même que celle du premier printemps, ou si le miracle d'une création sortie du néant s'est renouvelé un million de fois pour aboutir autant de fois à un anéantissement absolu. Je le sais bien, si j'allais gravement affirmer à quelqu'un que le chat qui en ce moment joue dans la cour est toujours le même que celui qui faisait les mêmes gambades il y a trois cents ans, il me prendrait pour un fou; mais je sais aussi que c'est une chose bien plus folle de s'imaginer que le chat d'aujourd'hui soit absolument différent de celui d'il y a trois siècles. »
Schopenhauer veut résoudre l'éternelle énigme de la mort en rayant simplement le temps du nombre des réalités. Le temps, comme Kant l'a enseigné, n'est qu'une forme de notre entendement, une des conditions sous lesquelles nous percevons les choses; il n'a pas d'existence en dehors de nous. C'est une pure illusion de notre esprit. Ce que nous appelons le passé, le présent et l'avenir n'est, en réalité, qu'un seul instant, indivisible et toujours présent.
Le philosophe n'ira donc pas dire aux hommes « Vous avez bien commencé par la naissance, mais vous ne finirez pas par la mort. » Il leur dira « Vous existez, vous n'êtes pas néant », et il leur rappellera la maxime attribuée à Hermès Trismégiste « Ce qui est sera toujours. »
Et si même alors le cœur angoissé fait retentir sa vieille complainte « Je vois tous les êtres sortir du néant et y retomber après un court intervalle », le philosophe répondra « N'existes-tu pas ? Ne le possèdes-tu pas, le moment présent, ce moment précieux que tous, enfants du temps, vous désirez avec tant d'ardeur ? Ne l'as-tu pas en ton pouvoir ? Et comprends-tu comment tu y es arrivé ? Connais-tu les chemins qui t'ont mené jusqu'à lui ? Les connais-tu assez pour pouvoir dire qu'ils te seront fermés par la mort ? L'existence de ton être après la destruction de ton corps te semble impossible et inconcevable mais l'est-elle plus que ton existence actuelle et la route qui t'y a mené ? Comment douterais-tu que les voies secrètes qui t'ont été ouvertes sur le moment présent te conduiront également à tout moment présent que te réserve l'avenir ? »
[Extraits de Schopenhauer, l'homme et le philosophe, A. Bossert, éd.Hachette, Paris]
Ce qui augmente à nos yeux la détresse de l'existence terrestre, c'est la sereine indifférence de la nature vis-à-vis des êtres qu'elle appelle à la vie, qui croissent, dépérissent et meurent, sans qu'elle paraisse s'en émouvoir. Une seule chose, Schopenhauer ne cesse de le répéter, une seule chose est indestructible : la volonté. Elle a ses formes dans lesquelles elle se manifeste : ce sont les Idées platoniciennes. A chaque Idée correspond une espèce, et c'est l'espèce qui intéresse la nature, c'est sur elle que se porte toute sa sollicitude. Aussi elle allume partout le désir de la reproduction, et elle répand les germes avec une telle profusion, qu'elle peut en perdre le plus grand nombre sans que la source de la vie tarisse jamais. N'a-t-elle pas devant elle cette triple infinité, le temps, l'espace, et la série de tous les individus possibles ?
« Considérez l'insecte placé sur votre chemin : le moindre écart, le mouvement le plus involontaire de votre pied, décide de sa vie ou de sa mort. Voyez la limace des bois, dépourvue de tout moyen de fuir, de résister, de donner le change à son adversaire ou de se cacher devant lui, une proie offerte au premier venu. Voyez le poisson se jouer insouciant dans le filet prêt à se fermer, la grenouille trouver dans sa propre paresse un obstacle à la fuite qui la sauverait. Voyez l'oiseau qui ne sent pas le faucon planer sur lui, les brebis que du fond d'un buisson le loup dénombre et couve du regard. Armés d'une courte prévoyance, tous ces êtres promènent sans malice leur existence au milieu des dangers qui la menacent à chaque instant.
En abandonnant ainsi sans retour ces organismes construits avec un art inexprimable non seulement à la rapacité du plus fort, mais encore au hasard le plus aveugle, au caprice d'un fou ou à l'espièglerie d'un enfant, la nature déclare que l'anéantissement de ces individus lui est indifférent, ne peut pas lui nuire, n'est absolument rien au fond, et que dans tous ces accidents l'effet est aussi peu important que la cause. C'est ce qu'elle énonce très clairement, et elle ne ment jamais; seulement elle ne commente pas ses sentences, elle parle plutôt le langage laconique des oracles. Pourquoi la mère de toutes choses s'inquiète-t-elle si peu de jeter ses enfants sans protection entre mille dangers toujours menaçants ? Elle sait que, quand ils tombent, ils retombent dans son sein où ils sont à l'abri, et que leur chute n'a été qu'un jeu sans conséquence[1]. »
Si la nature n'est pas plus émue par la mort d'un être animé que par la chute d'une feuille, c'est qu'elle est sûre de la permanence de l'espèce et, par conséquent, de la durée indéfinie de la vie. L'espèce ne vieillit pas, et c'est dans le sentiment de leur identité avec l'espèce que les individus eux-mêmes puisent la sécurité dans laquelle ils vivent. La mort est pour l'espèce ce que le sommeil est pour l'individu. « Comme le monde s'évanouit à l'entrée de la nuit, sans cesser un seul instant d'exister, ainsi les hommes et les animaux semblent disparaître dans la mort, sans cesser pour cela de poursuivre en paix leur existence réelle. » Même l'individu est assuré de sa durée, du moins quant à la partie essentielle et indestructible de son être, la volonté. Mais l'intelligence, faculté secondaire, et avec elle la conscience, meurent à chaque renouvellement de l'être, à chaque renaissance. Il s'ensuit cette singulière conséquence, que, dans chaque descendant d'une race, la même volonté se présente, mais accompagnée d'une autre intelligence, et que chacun, tout en obéissant à la même impulsion, se fait une autre idée de la vie et de ce qu'elle peut lui offrir.
Ainsi la mort est impuissante à rompre le lien entre les générations qui se succèdent. « Sans doute, ajoute Schopenhauer, comme l'intelligence s'éteint avec l'individu, la volonté ne peut pas compléter l'une par l'autre les connaissances qu'elle a acquises dans les différents stades de sa carrière. Mais, à la suite de chaque nouvelle conception de la vie, telle qu'un renouvellement de la personnalité peut seul la lui fournir, elle se modifie, prend une direction nouvelle, et, ce qui est l'essentiel, elle se voit sollicitée à se prononcer une fois de plus sur la valeur de l'existence[2]. »
La conviction profonde qui est gravée dans le cœur de l'homme, et qui lui dit que la mort ne saurait atteindre le fond de son être, a pour corollaire cette autre conviction que son existence est déterminée par des causes antérieures à sa naissance.
Ce qui est sorti du néant doit rentrer dans le néant ; ce qui ne veut pas périr doit se croire incréé, éternel, indépendant du temps. Ce qui est avant et ce qui est après ne sont que deux lignes pareilles, tracées en deux directions différentes.
Schopenhauer, en poète philosophe qu'il était, a souvent exprimé cette idée sous forme humoristique. « Rejetez donc vos chimères, et cherchez la vérité en vous laissant guider par la nature. Apprenez d'abord à reconnaître dans tout jeune animal qui s'offre à vos yeux l'espèce qui ne vieillit jamais. C'est l'espèce qui prête à l'individu naissant une jeunesse temporaire, reflet de son éternelle jeunesse ; c'est elle qui le fait paraître aussi neuf et aussi frais que si le monde datait d'aujourd'hui. Demandez-vous sincèrement si l'hirondelle de ce printemps-ci n'est pas la même que celle du premier printemps, ou si le miracle d'une création sortie du néant s'est renouvelé un million de fois pour aboutir autant de fois à un anéantissement absolu. Je le sais bien, si j'allais gravement affirmer à quelqu'un que le chat qui en ce moment joue dans la cour est toujours le même que celui qui faisait les mêmes gambades il y a trois cents ans, il me prendrait pour un fou; mais je sais aussi que c'est une chose bien plus folle de s'imaginer que le chat d'aujourd'hui soit absolument différent de celui d'il y a trois siècles. »
Schopenhauer veut résoudre l'éternelle énigme de la mort en rayant simplement le temps du nombre des réalités. Le temps, comme Kant l'a enseigné, n'est qu'une forme de notre entendement, une des conditions sous lesquelles nous percevons les choses; il n'a pas d'existence en dehors de nous. C'est une pure illusion de notre esprit. Ce que nous appelons le passé, le présent et l'avenir n'est, en réalité, qu'un seul instant, indivisible et toujours présent.
Le philosophe n'ira donc pas dire aux hommes « Vous avez bien commencé par la naissance, mais vous ne finirez pas par la mort. » Il leur dira « Vous existez, vous n'êtes pas néant », et il leur rappellera la maxime attribuée à Hermès Trismégiste « Ce qui est sera toujours. »
Et si même alors le cœur angoissé fait retentir sa vieille complainte « Je vois tous les êtres sortir du néant et y retomber après un court intervalle », le philosophe répondra « N'existes-tu pas ? Ne le possèdes-tu pas, le moment présent, ce moment précieux que tous, enfants du temps, vous désirez avec tant d'ardeur ? Ne l'as-tu pas en ton pouvoir ? Et comprends-tu comment tu y es arrivé ? Connais-tu les chemins qui t'ont mené jusqu'à lui ? Les connais-tu assez pour pouvoir dire qu'ils te seront fermés par la mort ? L'existence de ton être après la destruction de ton corps te semble impossible et inconcevable mais l'est-elle plus que ton existence actuelle et la route qui t'y a mené ? Comment douterais-tu que les voies secrètes qui t'ont été ouvertes sur le moment présent te conduiront également à tout moment présent que te réserve l'avenir ? »
[Extraits de Schopenhauer, l'homme et le philosophe, A. Bossert, éd.Hachette, Paris]
L'amour et l ’instinct sexuel Arthur Schopenhauer - Extraits de Métaphysique de l'amour
Un texte à mes yeux fondamental que je ne cesse de lire et de relire pour mieux décrypter les humains.
Et on se retrouve en pleine actualité quand Schopenhauer écrit à propos de l'amour : "Parfois il trouble pour quelque temps les têtes les plus hautes (Hollande ;=); il ne craint pas d'intervenir en perturbateur, avec tout son bagage, dans les délibérations des hommes d'État et les recherches des savants ; il s'entend à glisser ses billets doux et ses boucles de cheveux dans le portefeuille d'un ministre ou dans un manuscrit philosophique ; il fait naître tous les jours les querelles les plus inextricables et les plus funestes, brise les relations les plus précieuses, rompt les liens les plus solides ; il exige le sacrifice parfois de la vie ou de la santé, parfois de la richesse, du rang et du bonheur" fermez le ban...
Montaigne est plus trivial quand il dit : " Épouser sa maîtresse c'est chier dans un panier et se le mettre sur la tête ".
Toute passion, en effet, quelque apparence éthérée qu'elle se donne, a sa racine dans l'instinct sexuel, ou même n'est pas autre chose qu'un instinct sexuel plus nettement déterminé, spécialisé ou, au sens exact du mot, individualisé.
Considérons maintenant, sans perdre de vue ce principe, le rôle important que joue l'amour, à tous ses degrés et à toutes ses nuances, non seulement au théâtre et dans les romans, mais aussi dans le monde réel. Avec l'amour de la vie il nous apparaît comme le plus puissant et le plus énergique de tous les ressorts ; il accapare sans cesse la moitié des forces et des pensées de la partie la plus jeune de l'humanité ; but final de presque tous les efforts des hommes, il exerce dans toutes les affaires importantes une déplorable influence : à toute heure il vient interrompre les occupations les plus sérieuses ; parfois il trouble pour quelque temps les têtes les plus hautes (Hollande ;=); il ne craint pas d'intervenir en perturbateur, avec tout son bagage, dans les délibérations des hommes d'État et les recherches des savants ; il s'entend à glisser ses billets doux et ses boucles de cheveux dans le portefeuille d'un ministre ou dans un manuscrit philosophique ; il fait naître tous les jours les querelles les plus inextricables et les plus funestes, brise les relations les plus précieuses, rompt les liens les plus solides ; il exige le sacrifice parfois de la vie ou de la santé, parfois de la richesse, du rang et du bonheur; d'un homme honnête il peut faire un coquin sans conscience ; d'un homme jusqu'alors fidèle, un traître ; partout, en un mot, il nous apparaît comme un démon ennemi qui s'efforce de tout intervertir, de tout troubler, de tout bouleverser.
Comment donc alors ne pas s'écrier : « À quoi bon tout ce bruit ? Pourquoi cette agitation et cette fureur, ces angoisses et ces misères ? Il s'agit simplement, en somme, pour chacun de trouver sa chacune : pourquoi une chose si simple doit-elle tenir une place de cette importance et venir sans cesse déranger et brouiller la bonne ordonnance de la vie humaine ? » —
Mais l'esprit de vérité découvre peu à peu la réponse à l'observateur attentif. Non, ce n'est pas d'une bagatelle qu'il s'agit ici ; au contraire, l'importance de la chose en question est en raison directe de la gravité et de l'ardeur des efforts qu'on y consacre. Le but dernier de toute intrigue d'amour, qu'elle se joue en brodequins ou en cothurnes, est, en réalité, supérieur à tous les autres buts de la vie humaine et mérite bien le sérieux profond avec lequel on le poursuit. Ce qui se décide là, c'est bel et bien la composition de la génération future.
Ces intrigues d'amour si frivoles servent à déterminer l'existence et la nature des personnages du drame (dramatis personæ) destinés à paraître sur la scène, quand nous l'aurons quittée. De même que l'existence, existentia, de ces personnages futurs a pour condition générale notre instinct sexuel, de même leur essence, essentia, est fixée par le choix que fait chacun en vue de sa satisfaction personnelle, c'est-à-dire par l'amour sexuel, et se trouve ainsi, à tous égards, irrévocablement établie.
Voilà la clef du problème : l'application nous apprendra à la mieux connaître ; si nous passons en revue les divers degrés de l'amour, depuis l'inclination la plus fugitive jusqu'à la passion la plus violente, nous constaterons que la différence qui les sépare provient du degré d'individualisation apportée dans le choix.
L'instinct sexuel en général, tel qu'il se présente dans la conscience de chacun, sans se porter sur un individu déterminé de l'autre sexe, n'est, en soi et en dehors de toute manifestation extérieure, que la volonté de vivre. Mais quand il apparaît à la conscience avec un individu déterminé pour objet, cet instinct sexuel est en soi la volonté de vivre en tant qu'individu nettement déterminé. En ce cas l'instinct sexuel, bien qu'au fond pur besoin subjectif, sait très habilement prendre le masque d'une admiration objective et donner ainsi le change à la conscience ; car la nature a besoin de ce stratagème pour arriver à ses fins.
Mais si objective et si bien revêtue de sublimes couleurs que cette admiration puisse nous paraître, cependant cette passion amoureuse n'a en vue que la procréation d'un individu de nature déterminée ; et ce qui le prouve avant tout, c'est que l'essentiel n'est pas la réciprocité de l'amour, mais bien la possession, c'est-à-dire la jouissance physique. La certitude d'être payé de retour ne peut nullement consoler de la privation de cette jouissance : bien des hommes, en pareille circonstance, se sont brûlés la cervelle. Et en revanche, des hommes passionnément amoureux, faute de pouvoir se faire aimer eux-mêmes, se contentent de la possession, de la jouissance physique. J'en trouve la preuve dans tous les mariages forcés, dans ces faveurs que l'on achète si souvent d'une femme, en dépit de sa répugnance, au prix de présents considérables ou d'autres sacrifices, et aussi dans les cas de viol.
La procréation de tel enfant déterminé, voilà le but véritable, quoique ignoré des acteurs, de tout roman d'amour : les moyens et la façon d'y atteindre sont chose accessoire. J'entends d'ici les cris qu'arrache aux âmes élevées et sensibles, et surtout aux âmes amoureuses, le brutal réalisme de mes vues, et cependant l'erreur n'est pas de mon côté.
La détermination des individualités de la génération future n'est-elle pas, en effet, une fin qui surpasse en valeur et en noblesse tous leurs sentiments transcendants et leurs bulles de savon immatérielles ? Peut-il y en avoir, parmi les fins terrestres, de plus haute et de plus grande ? C'est la seule qui réponde à la profondeur de l'amour passionné, au sérieux avec lequel il se présente, à la gravité attachée à toutes les vétilles qui l'accompagnent ou le font naître.
Admettons que tel est bien le vrai but : alors seulement les longues difficultés, les efforts et les tourments auxquels on se soumet pour obtenir l'objet aimé nous paraissent en rapport avec l'importance du résultat. C'est, en effet, la génération future, dans la détermination de tous ses individus, qui tend à l'existence au travers de toutes ces menées et de toutes ces peines. Oui, c'est elle-même qui s'agite dans ce triage circonspect, précis et obstiné fait en vue de la satisfaction de l'instinct sexuel et que nous appelons l'amour.
L'inclination croissante de deux amants, c'est déjà au fond le vouloir-vivre du nouvel individu, qu'ils peuvent et voudraient procréer ; et même dans cette rencontre de regards pleins de désir s'allume déjà sa prochaine existence ; elle s'annonce pour l'avenir comme une individualité harmonieuse et bien combinée. Ils sentent le désir de s'unir réellement, de se fondre en un être unique pour continuer à vivre seulement en lui, et ce désir trouve sa satisfaction dans la procréation de l'enfant, en qui leurs qualités transmissibles à tous deux se perpétuent, confondues et unies en un seul être. En revanche, une aversion mutuelle, décidée et persévérante, entre un homme et une jeune fille, est la preuve qu'il ne saurait naître d'eux qu'un être mal organisé, sans harmonie et malheureux. On voit par là le sens profond de cette peinture où Calderon nous représente l'effroyable Sémiramis, nommée cependant par lui la fille de l'air, comme le fruit d'un viol, suivi du meurtre de l'époux.
Sur Schopenhauer
"Mais au fond,- on ne trouverait peut-être pas un homme, parvenu à la fin de sa vie, à la fois réfléchi et sincère, pour souhaiter de la recommencer, et pour ne pas préférer de beaucoup un absolu néant. Au fond et en résumé, qu’y a-t-il dans le monologue universellement célèbre de Hamlet ? Ceci : notre état est si malheureux qu’un absolu non-être serait bien préférable."
Schopenhauer : Le Monde comme volonté et comme représentation/Livre IV/§ 59
Amoureux______________
« Tout état amoureux, si éthéré qu’il se présente, a son unique racine dans l’instinct sexuel »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
Commencement et fin__________
« Quel écart tout de même entre notre commencement et notre fin ! Le premier dans la folie du désir et l’extase de la volupté, l’autre dans la destruction des organes et l’odeur des cadavres »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
Chose en soi______________
« La chose en soi, le vouloir-vivre, est en chaque être, jusqu’au plus insignifiant, intégralement présente, aussi pleinement que dans tous les autres réunis, tous ceux qui furent, sont et seront »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
« Dans chaque être vivant se trouve en entier le centre du monde »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
Mort______________________
« Chaque souffle repousse la mort qui nous pénètre constamment, ainsi nous luttons à chaque instant avec la mort: dans des laps de temps plus grands nous luttons avec la mort par chaque repas, chaque sommeil, chaque réchauffement, etc. Car, par la naissance, nous sommes directement voués à elle et toute notre vie n'est rien qu'une remise à plus tard de la mort »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits.
« Naissance et mort appartiennent également à la vie, et font contrepoids, l’une est la condition de l’autre; elles forment les deux extrémités, les deux pôles de toutes les manifestations de la vie. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
« Tous les hommes veulent vivre, mais personne ne sait pourquoi il vit »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits
Couleur de peau_______________
« L’homme est noir ou tout au moins brun foncé. C’est donc là, sans distinction de race, la véritable couleur naturelle et particulière de la race humaine, et il n’y a jamais eu de race naturellement blanche. Parler d’une telle race et partager puérilement les hommes en race blanche, jaune et noire, comme le font encore tous les livres, c’est témoigner d’une grande étroitesse d’esprit et d’un manque de réflexion. »
« Ce que l’homme peut faire avec un homme, c’est ce que montre l’esclavage des nègres, qui tire toute sa raison du sucre et du café. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
Homme__________________
« L’homme est au fond une bête sauvage, une bête féroce. Nous ne le connaissons que dompté, apprivoisé en cet état qui s’appelle civilisation : aussi reculons d’effroi devant les explosions accidentelles de sa nature. Que les verrous et les chaines de l’ordre légal tombent n’importe comment, que l’anarchie éclate, c’est alors qu’on voit ce qu’est l’homme »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
L’ensemble, il faut dire l’unité, que fait l’homme avec les animaux et tout le reste de la nature, du microcosme avec le macrocosme, trouve son expression dans la figure mystérieuse, énigmatique du sphinx, comme de celles des centaures ou de l’Artémis d’Éphèse avec toutes ces formes animales suspendues à ses innombrables seins, ou de celles des corps humains à têtes d’animaux de l’Égypte ou encore de la divinité hindoue Ganesa »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
Animaux______________
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
« Vous ne devez pas chercher la chose en soi dans les nuages (c’est-à-dire là où se trouve le Dieu des juifs), mais dans les choses d’ici bas, donc dans la table sur laquelle vous écrivez, dans la chaise sous votre derrière... Ma philosophie ne parle jamais de nuages, mais de ce monde, c’est à dire elle immanente et non pas transcendante ».
A. Schopenhauer, Lettre à Julius Frauenstädt
« Le monde n’est pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits à l’usage de nos besoins. »
« Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
« La pitié envers les bêtes est si étroitement unie à la bonté du caractère, que l’on peut affirmer de confiance que celui qui est cruel envers les bêtes ne peut être un homme bon »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
« J’ai [...] un caniche, et quand il fait une bêtise, je lui dis : fi, tu n’es pas un chien, tu n’es qu'un homme. Oui, un homme ! Tu devrais avoir honte. Alors il est tout honteux et va se coucher dans un coin. » Schopenhauer a sa mort a fait de son caniche son seul héritier.
« Le chien, l’unique ami de l’homme, a un privilège sur tous les autres animaux, un trait qui le caractérise, c’est ce mouvement de queue si bienveillant, si expressif et si profondément honnête. Quel contraste en faveur de cette manière de saluer que lui a donné la nature, quand on la compare aux courbettes et aux affreuses grimaces que les hommes échangent en signe de politesse : cette assurance de tendre amitié et de dévouement de la part du chien est mille fois plus sûre, au moins pour le présent »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
« Ce qui rend si agréable la société de mon chien, c’est la transparence de son être. Mon chien est transparent comme le verre. S’il n’y avait pas de chiens, je n’aimerais pas vivre. »
A. Schopenhauer. Von ihm. Ueber ihn, von Linder ; Memorabilien, von Frauenstädt
Philosophe______________
« Être philosophe, c’est donc être capable de s’étonner des événements habituels, des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’études, ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
Religion______________
« L’humanité grandit dans la religion comme dans un vêtement d’enfant ; vient le moment où ce n’est plus possible : les boutons tombent »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
« Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut l'obscurité. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
« La religion catholique est une instruction pour mendier le ciel, qu'il serait trop incommode de mériter. Les prêtres sont les intermédiaires de cette mendicité. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.
« Pour dompter les âmes barbares et les détourner de l'injustice et de la cruauté, ce n'est pas la vérité qui est utile, car ils ne peuvent la concevoir ; c'est donc l'erreur, un conte, une parabole. De là vient la nécessité d'enseigner une foi positive. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.
Tat twan asi______________
« Ceux qui ont lu mon éthique savent que chez moi le fondement de la morale repose en définitive sur cette vérité exprimée dans le Veda et le Vedânta par cette forme mystique Tat twan asi (tout cela, c’est toi) qui s’applique à tout être vivant, homme ou animal, et est dite alors Mahavakya (la grande parole) »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
Schopenhauer : Le Monde comme volonté et comme représentation/Livre IV/§ 59
Amoureux______________
« Tout état amoureux, si éthéré qu’il se présente, a son unique racine dans l’instinct sexuel »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
Commencement et fin__________
« Quel écart tout de même entre notre commencement et notre fin ! Le premier dans la folie du désir et l’extase de la volupté, l’autre dans la destruction des organes et l’odeur des cadavres »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
Chose en soi______________
« La chose en soi, le vouloir-vivre, est en chaque être, jusqu’au plus insignifiant, intégralement présente, aussi pleinement que dans tous les autres réunis, tous ceux qui furent, sont et seront »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
« Dans chaque être vivant se trouve en entier le centre du monde »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
Mort______________________
« Chaque souffle repousse la mort qui nous pénètre constamment, ainsi nous luttons à chaque instant avec la mort: dans des laps de temps plus grands nous luttons avec la mort par chaque repas, chaque sommeil, chaque réchauffement, etc. Car, par la naissance, nous sommes directement voués à elle et toute notre vie n'est rien qu'une remise à plus tard de la mort »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits.
« Naissance et mort appartiennent également à la vie, et font contrepoids, l’une est la condition de l’autre; elles forment les deux extrémités, les deux pôles de toutes les manifestations de la vie. »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
« Tous les hommes veulent vivre, mais personne ne sait pourquoi il vit »
Arthur Schopenhauer, Cahiers manuscrits
Couleur de peau_______________
« L’homme est noir ou tout au moins brun foncé. C’est donc là, sans distinction de race, la véritable couleur naturelle et particulière de la race humaine, et il n’y a jamais eu de race naturellement blanche. Parler d’une telle race et partager puérilement les hommes en race blanche, jaune et noire, comme le font encore tous les livres, c’est témoigner d’une grande étroitesse d’esprit et d’un manque de réflexion. »
« Ce que l’homme peut faire avec un homme, c’est ce que montre l’esclavage des nègres, qui tire toute sa raison du sucre et du café. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
Homme__________________
« L’homme est au fond une bête sauvage, une bête féroce. Nous ne le connaissons que dompté, apprivoisé en cet état qui s’appelle civilisation : aussi reculons d’effroi devant les explosions accidentelles de sa nature. Que les verrous et les chaines de l’ordre légal tombent n’importe comment, que l’anarchie éclate, c’est alors qu’on voit ce qu’est l’homme »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
L’ensemble, il faut dire l’unité, que fait l’homme avec les animaux et tout le reste de la nature, du microcosme avec le macrocosme, trouve son expression dans la figure mystérieuse, énigmatique du sphinx, comme de celles des centaures ou de l’Artémis d’Éphèse avec toutes ces formes animales suspendues à ses innombrables seins, ou de celles des corps humains à têtes d’animaux de l’Égypte ou encore de la divinité hindoue Ganesa »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
Animaux______________
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
« Vous ne devez pas chercher la chose en soi dans les nuages (c’est-à-dire là où se trouve le Dieu des juifs), mais dans les choses d’ici bas, donc dans la table sur laquelle vous écrivez, dans la chaise sous votre derrière... Ma philosophie ne parle jamais de nuages, mais de ce monde, c’est à dire elle immanente et non pas transcendante ».
A. Schopenhauer, Lettre à Julius Frauenstädt
« Le monde n’est pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits à l’usage de nos besoins. »
« Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena
« La pitié envers les bêtes est si étroitement unie à la bonté du caractère, que l’on peut affirmer de confiance que celui qui est cruel envers les bêtes ne peut être un homme bon »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
« J’ai [...] un caniche, et quand il fait une bêtise, je lui dis : fi, tu n’es pas un chien, tu n’es qu'un homme. Oui, un homme ! Tu devrais avoir honte. Alors il est tout honteux et va se coucher dans un coin. » Schopenhauer a sa mort a fait de son caniche son seul héritier.
« Le chien, l’unique ami de l’homme, a un privilège sur tous les autres animaux, un trait qui le caractérise, c’est ce mouvement de queue si bienveillant, si expressif et si profondément honnête. Quel contraste en faveur de cette manière de saluer que lui a donné la nature, quand on la compare aux courbettes et aux affreuses grimaces que les hommes échangent en signe de politesse : cette assurance de tendre amitié et de dévouement de la part du chien est mille fois plus sûre, au moins pour le présent »
A. Schopenhauer. Lichtstrahelen aus seinen Werken
« Ce qui rend si agréable la société de mon chien, c’est la transparence de son être. Mon chien est transparent comme le verre. S’il n’y avait pas de chiens, je n’aimerais pas vivre. »
A. Schopenhauer. Von ihm. Ueber ihn, von Linder ; Memorabilien, von Frauenstädt
Philosophe______________
« Être philosophe, c’est donc être capable de s’étonner des événements habituels, des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’études, ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
Religion______________
« L’humanité grandit dans la religion comme dans un vêtement d’enfant ; vient le moment où ce n’est plus possible : les boutons tombent »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
« Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut l'obscurité. »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
« La religion catholique est une instruction pour mendier le ciel, qu'il serait trop incommode de mériter. Les prêtres sont les intermédiaires de cette mendicité. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.
« Pour dompter les âmes barbares et les détourner de l'injustice et de la cruauté, ce n'est pas la vérité qui est utile, car ils ne peuvent la concevoir ; c'est donc l'erreur, un conte, une parabole. De là vient la nécessité d'enseigner une foi positive. »
Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.
Tat twan asi______________
« Ceux qui ont lu mon éthique savent que chez moi le fondement de la morale repose en définitive sur cette vérité exprimée dans le Veda et le Vedânta par cette forme mystique Tat twan asi (tout cela, c’est toi) qui s’applique à tout être vivant, homme ou animal, et est dite alors Mahavakya (la grande parole) »
Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena.
Toutes les croyances ne se valent pas. Vive la laïcité ! - André Comte-Sponville
Publié le 03/03/2014 dans le Monde des Religions
C’était il y a plusieurs années, lors d’un cours de philosophie politique que je tenais à la Sorbonne : il s’agissait d’expliquer un texte de saint Augustin. Je n’oublierai pas la surprise horrifiée de mes étudiants, découvrant que saint Augustin n’était ni démocrate, ni laïque, ni humaniste… Il n’en est pas moins l’un des plus grands génies de l’Occident, dont la pensée, seize siècles plus tard, continue de nous éclairer. Simplement nous avons cessé d’y voir une vérité éternelle et intangible. Nous le lisons toujours, nous avons bien raison, mais de façon critique et libre : il nous aide d’autant mieux à réfléchir que nous avons cessé de prendre sa pensée pour un absolu, qui devrait s’imposer à tous.
J’ai souvent songé à ce cours, et surtout à cette réaction de mes étudiants, lors des débats récents sur l’islam. Il fallut près de vingt siècles pour que l’Église catholique finisse par accepter la liberté de conscience, la démocratie et la laïcité. Pourquoi les musulmans ne pourraient-ils faire le même chemin ? Parce que le Coran, à leurs yeux, est la parole incréée de Dieu ? Et alors ? Cela n’interdit pas de prendre en compte le contexte – social, historique, spirituel – dans lequel cette parole fut d’abord recueillie et transmise, ni la pluralité des interprétations dont elle ne cessa depuis de faire l’objet. Beaucoup de musulmans aujourd’hui s’y essaient, non sans courage, contre le fondamentalisme borné et réactionnaire qui voudrait les faire taire. C’est eux qu’il faut soutenir, plutôt que les discours – souvent tout aussi bornés et réactionnaires – des partisans du « choc des civilisations » !
Est-ce à dire que toutes les religions se valent ? Nul n’est tenu de le penser, et les croyants moins que les autres. On a reproché à Benoît XVI, lors de son discours de Ratisbonne, de mettre le christianisme plus haut que l’islam. Mais eût-il été pape autrement ? Et quel musulman, s’il est convaincu de la vérité du Coran, qui ne mette l’islam plus haut que toutes les autres religions ? Quel athée, pareillement, qui ne préfère la libre pensée aux dogmes des religions prétendument révélées ? Méfions-nous du politiquement correct ! Si tout se vaut, rien ne vaut : ce n’est plus respect mais nihilisme.
Que tous les êtres humains soient égaux en droits et en dignité, cela n’implique aucunement que toutes les croyances soient égales en fait et en valeur, et même cela l’exclut : si tous les humains sont égaux en droits et en dignité, alors une croyance qui affirme cette égalité de tous est supérieure, au moins de ce point de vue, à une croyance qui la nie. Et si une religion est la vraie, comme le pensent communément ses adeptes, il est légitime, pour ceux qui s’en réclament, de la juger supérieure à toutes les autres.
Faut-il pour autant mépriser ceux qui pensent différemment ? Bien sûr que non ! Que toutes les croyances ne se valent pas, cela n’empêche pas que tous les humains, quelle que soit leur religion ou leur irréligion, soient égaux en droits et en dignité ! Bref, on a le droit de critiquer l’islam, comme on a le droit de critiquer n’importe quelle croyance ou idéologie. Et nous aurions bien tort – nous les démocrates, y compris musulmans – de ne pas combattre l’islamisme radical, qui nous combat. Toutes les opinions ne se valent pas, mais aucune n’est acceptable qui pousse à la haine, au mépris, à la violence.
Que tu croies ou pas en tel ou tel Dieu, ami lecteur, c’est ton problème, non le mien. Que nous soyons libres d’y croire ou non, et que l’État garantisse cette liberté, c’est le combat commun de tous les démocrates. Il a nom : laïcité.
We should never be under the illusion that the Taliban's return is impossible
Khaleda Khorsand is a writer and human rights activist with the Civil Society and Human Rights Network in Herat. Posted: 02/18/2014


Can you tell us about a time when your civil rights were violated, something which has influenced your life?
One day, during the time of the Taliban, I was going with a friend to a secret literature course for women in Herat. The course was called the 'Golden Needle' and officially portrayed as a sewing group, because as girls, we were banned from learning and going to school. Two members of the Taliban militia stopped us on our way there and asked what we had in our bags - they wanted to search them. We had writing blocks and pens, which were prohibited then for women. We said we needed them to take notes on dressmaking. I can still vividly remember my fear of those two men and what might happen to us. How frightful it was to try to convince them that our writing blocks were not for education. I'll never forget that fear as long as I live.
What is your worst fear today?
As Afghan women, we carry a deep-seated fear in our hearts because, at the most fundamental level, we are not accepted and trusted in our society. When after 10 years, the parliament failed to pass the law prohibiting violence against women - even though women occupy more than 25% of the seats in parliament - it was a great disappointment. So much time, money, and attention - both domestic and international - had been concentrated on that law. The failure to pass it demonstrated beyond belief that women are not accepted within this society, and that at each turn, we can expect to face challenges of this sort. There was nothing in that law that privileged women; it was simply a law to prohibit violence against women.
What are the three biggest challenges facing Afghanistan?
First, a major challenge is the extremist interpretation of religion. Moreover, we are surrounded by neighboring countries with hard-line religious groups in power. The prevalence of extremist interpretations of religion in our surroundings has had a negative impact on otherwise positive social changes in Afghanistan. Just imagine, the provinces located in the west of Afghanistan are influenced by the extremist Islamic culture of Iran, and the provinces in the east are influenced by the undercurrents of the Taliban in Pakistan.
Secondly, we have the problem of low-level literacy and illiteracy of our people. Thirdly, we face problems of corruption, rooted in the government's lack of competence and planning and the system of cooperation put in place by the international community.
Will the present-day Afghanistan allow a recurrence of the closing of schools to girls and the blocking of women's social participation?
It is possible that the Taliban could return to power. The existence of the Taliban culture is more important than their physical presence. The Taliban culture and way of thinking persists today in Afghanistan, and it prepares the ground for their possible return. I, and many others, believe that that we must always keep an eye on the Taliban; we should never be under the illusion that the Taliban's return is impossible. The Taliban culture is not an external phenomenon. It has originated in the patriarchal structures of Afghanistan; it developed and took power here. It could still re-emerge.
What are three factors which deter women's participation in social, economic, political and cultural spheres?
First, there are the burdensome traditions and extremist interpretations of religion. Secondly, we have a certain cultural poverty, which prevents women from assuming their roles as equals in society. Thirdly, we are limited by persistent insecurity and the absence of a legitimate and effective central government to promote and defend the rights of women.
What the sources and centres of power which women can rely on to promote their rights and demands?
We need a liberal, democratic government, which believes deeply in women's rights and their role in society. Further to that, there is a pressing and fundamental need to change and consolidate the laws and pass legislation in support of women's rights. And then the government must take up the mantle of implementing the laws. Finally, we look to the educated intellectual population of Afghanistan, who have a valuable contribution to make in terms of developing a discourse on women.
"Unveiling Afghanistan, the Unheard Voices of Progress" is a campaign by Armanshahr/OPEN ASIA and FIDH, which explores views held by Afghan civil society actors. Over 50 days, 50 influential social, political, and cultural actors hope to spark conversation and debate about building a society that is inclusive of women's and human rights in Afghanistan.
Les femmes en Afghanistan
Cet article explique notamment comment les hommes ont réussi à museler les femmes en Afghanistan à leur faire intégrer au plus profond d'elles-mêmes que leur place était dans le huis-clos de la maison et pas dans la sphère publique...
Rahnavard Zaryab Écrivain afghan
L'Afghanistan, mon pays où je ne suis pas libre de penser
Hufington Post : 03/03/2014 09h28
Mon expérience personnelle est inextricablement liée aux violations que nous avons subies collectivement en tant que société. A mon avis, les pires violations contre les droits humains ont été commises pendant la période Taraki. C'est à cette époque que s'est produit l'événement le plus notoire de ma vie, j'ai été emprisonné. Personne ne m'a dit pourquoi j'avais été mis en prison et je n'en ai jamais connu la raison. Une autre période d'importantes violations fut celle des Moudjahidines où les droits humains étaient bafoués dans l'ensemble du pays et en particulier à Kaboul.
Au cours des 10 à 12 dernières années, nous avons commencé à bénéficier d'une certaine libéralisation politique en Afghanistan. Nous sommes maintenant libres de critiquer le gouvernement et de contester le pouvoir en place. Ce sont les plus grandes avancées qu'a connu l'Afghanistan. Cependant, il n'y a toujours pas de liberté idéologique dans notre pays. Nous ne pouvons pas ouvertement débattre de questions relevant de l'idéologie, c'est la raison pour laquelle un aussi grand nombre d'écrivains a du quitter le pays, pour fuir l'oppression des chefs religieux. Nous ne sommes pas libres de penser ici, en Afghanistan, nos écrivains ont été obligés de fuir pour trouver cette liberté.
Je crois que nous sommes actuellement dans une situation de crise et je crains qu'elle se poursuive. Aucune contrainte ne limite les pouvoirs des acteurs économiques. Je crains aussi le retour à la période d'obscurantisme des talibans. Cependant à la différence de certains, je ne crois pas que ces derniers puissent revenir dans les mêmes conditions car les changements survenus sont trop importants pour permettre leur retour comme si rien ne s'était passé. Les talibans ne sauraient plus être accueillis dans la liesse comme ils l'ont été au temps des Moudjahidines. Malgré tous ses malheurs et ses immenses difficultés, la population est plus satisfaite de son sort aujourd'hui que par le passé.
L'Afghanistan doit faire face à de nombreux défis. Notre société est en état de transition, passant d'une structure économique, sociale et politique à une autre. Nous avons perdu nos anciennes institutions et les valeurs d'antan, alors que les valeurs et les institutions de la nouvelle société n'ont pas encore pris forme ou n'ont pas été mises en place.
Certaines tendances favorables aux talibans existent au sein du gouvernement en place depuis 12 ans en Afghanistan. Il en découle une influence certaine sur les changements politiques et sociaux survenus entre 2002 et 2013 qui confortent l'idéologie des talibans. Par exemple, les femmes bénéficiaient d'un plus grand nombre de libertés sociales en 2003 qu'aujourd'hui. Elles pouvaient alors mieux tirer parti des possibilités qui leur étaient offertes pour faire valoir leurs droits.
Aujourd'hui, les femmes sont plus réservées, elles ont été forcées à la soumission et à l'obéissance. Elles sont moins disposées à se battre pour faire reconnaître leurs droits fondamentaux. Les alliés des talibans au sein de l'équipe au pouvoir ont gagné en puissance, tandis que les forces démocratiques et modérées se sont affaiblies. Il nous faut donc attendre et voir ce que va faire le prochain gouvernement. S'il imite le précédent et suit le modèle et les politiques de M. Karzai, la situation de crise actuelle se perpétuera et les alliés des talibans gagneront encore en puissance et en influence sur le système. Il se peut aussi qu'un renversement se produise à l'encontre des tendances favorables aux talibans. Un tel renversement serait extrêmement bienvenu.
L'idéologie diffusée par les talibans qui continue à être prônée par certains au sein du gouvernement et qui se répand dans la société rend très difficile la participation des femmes à la vie sociale, économique, politique et culturel du pays. Les femmes sont devenues plus conservatrices. Elles ne se considèrent plus comme représentant une force active de la société, ni ne pensent avoir leur place et un rôle à jouer dans la société civile pour infléchir le cours des événements. Cette idéologie nocive, diffusée par les talibans, a incité les femmes à se soumettre et à obéir contre leur volonté.
Pendant la dernière décennie, le gouvernement aurait dû accorder davantage d'importance à l'éducation des femmes en tant que citoyennes pour leur faire mieux connaître leurs droits. Malheureusement, cela n'a pas été fait. Il s'ensuit que les femmes ne sont représentées que par un petit groupe d'entre elles dans l'arène sociale. Il ne faut pas oublier non plus l'idée, présente même chez les femmes les plus progressistes en Afghanistan, selon laquelle l'Islam leur accorde déjà des libertés suffisantes et qu'elles ne doivent vouloir ni ne méritent davantage. Ce mode de pensée est une forme de régression et de retour en arrière, et témoigne de l'influence sous-jacente persistante de la mentalité des talibans sur la perception que les femmes ont d'elles-mêmes ainsi que sur leurs droits et prérogatives.
Il y avait une institution dans les années 1960, la WDO (Women's Democratic Organisation), Organisation Démocratique des Femmes qui était à l'écoute des demandes des femmes et les aidait à promouvoir leurs droits. Elle ne recevait aucun soutien financier de pays étrangers. Les membres de cette organisation étaient extrêmement lucides et consciencieux. Ces personnes étaient solidaires, elles avaient des convictions et se battaient avec énergie et efficacité. Bien que de nombreuses organisations s'efforcent aujourd'hui de promouvoir les droits des femmes, je n'en connais aucune qui soit aussi efficace que le fut la WDO.
À travers mon métier d'écrivain, j'ai eu la possibilité d'observer et d'analyser les modes de gouvernement et les conditions sociétales de nombreux pays démocratiques, et faire la comparaison avec ce qui se passe en Afghanistan. C'est un exercice bien décevant que celui qui consiste à comparer l'Afghanistan avec des pays comme la France, la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande et autres démocraties. La plus grande différence est l'absence de liberté idéologique ici, en Afghanistan. Sans cette liberté, aucun combat ne peut être engagé. Quiconque est privé de liberté idéologique ressemble à quelqu'un à qui on aurait coupé la langue, il ne peut rien faire. Le travail de l'écrivain et, à vrai dire, de toute œuvre de création, est une quête intellectuelle. Il nécessite un environnement de liberté et, surtout, la liberté de pensée. Si vous êtes privé de ces bienfaits, vous aurez du mal à être créatif et, même si vous y parvenez, vous serez confronté à d'énormes difficultés pour faire connaître votre œuvre et atteindre votre public. Le message que vous pourrez transmettre dans ces conditions n'aura qu'une diffusion limitée et n'aura que peu d'impact.
Il convient aussi de garder présente à l'esprit la réalité de l'Afghanistan actuel et de sa société qui est attirée par des choses très divergentes les unes des autres. Les médias ont une immense influence sur nos jeunes gens. Ils les empoisonnent en diffusant des modes de pensée populistes, capitalistes et néo-libéraux. La pression qu'exercent les médias est aussi forte que celle des cercles de talibans : les médias et les politiques régressives des talibans sont, chacune à égalité, des forces destructrices pour notre société.
Mais comme la plupart de mes contemporains, je n'ai rien fait dans ma sphère privée pour surmonter les obstacles d'ordre social. Dans ce pays, la sphère privée n'est jamais l'objet de discussions, elle est considérée comme tabou.
Métis - Gaël Faye
Pour mes métis(ses)...
Depuis mes sources du Nil jusqu'en haut de la tour Eiffel
J'aurais tout fait jusqu'à m'en étouffer
J'aurais tout jeté, mes refrains, mes couplets, écoutez
Le studio je l'aurais fermé, le micro je l'aurais coupé, j'ai douté
J'avance sur des chemins cahoteux
Venez goûter mes vérités dans les bouquins de Jean-Paul Gouteux
Dégoûté d'avoir une vie non méritée
Regardez je suis brillant mais je reflète l'obscurité
Identité de porcelaine, j'ai fait ce morceau-là
Pour assembler le puzzle d'un humain morcelé
Jamais à ma place, des frontières j'effaçais
Mais frais comme Damas mon sentiment de race
Blanc et noir, quand le sang dans mes veines se détraque
Je suis debout aux confluents du fleuve et du lac
Mon métissage c'est pas l'avenir de l'humanité
Mon métissage, c'est de la boue en vérité
[Refrain]
Quand deux fleuves se rencontrent, ils n’en forment plus qu’un et par fusion nos cultures deviennent indistinctes
Elles s’imbriquent et s’encastrent pour ne former qu’un bloc d’humanité debout sur un socle
Et quand deux fleuves se rencontrent, ils n’en forment plus qu’un et par fusion nos cultures deviennent indistinctes
Elles s’imbriquent et s’encastrent pour ne former qu’un bloc d’humanité
[Couplet 2]
Un beau bordel chromosomique, demande à Benetton, mais laisse béton
On aura beau se mélanger on restera des cons
La race humaine un clébard marquant son territoire
Gueulant l'appartenance à son département, ni blanc ni noir
J'étais en recherche chromatique
Mais le métis n'a pas sa place dans un monde dichotomique
Donc c'est dit c'est dit je suis noir dans ce pays
C'est pas moi qui l'ai voulu je l'ai vu dans le regard d'autrui
C'est comme ça, laisse-les chanter nos mélanges de couleur
Laisse-les parler de diversité, de France black, blanc, beur
On serait tous métis, le reste c'est de la bêtise
Voilà que j'ironise sur ce que les artisans de la paix disent
J'ai pas de frontière, j'ai pas de race
Je suis chez moi partout sans être jamais à ma vraie place
Mon seul pays c'est moi, mon seul amour c'est toi
Toi l'autre différent mais au fond si proche de moi
[Refrain]
[Couplet 3]
Métissé, prisé ou méprisé, j'ai dû m'adapter
Ballotté entre deux cultures ça commence à dater
Adolescent, complexé toujours en quête d'identité
Y avait le blanc y avait le noir, j'étais celui qui hésitait
J'évitais de choisir à l'âge où l'on veut faire partie
Endossant la faute de tous les camps je devenais martyr
On m'a dit 50/50 mais j'y ai pas trouvé mon compte
Car le glacier fusionne à l'océan à la saison des fontes
Je soupire, ça transpire, la connerie, ça s'empire
Quand on m'appelle le sang-mêlé, sous-entendu, issu de sang pur
Je vois bien ces questions ne nous mènent à rien
L'humanité est colorée donc, soyons daltoniens
Je vous parle d'amour, vu qu'il expire dans un mouroir
Je suis mulâtre, ébène albâtre voulant abattre le miroir
Et comme l'Afrique est en instance de sang entre ciel et Terre
J'ai le cul entre deux chaises, j'ai décidé de m'asseoir par terre !
Chœurs de Fin (en Dioula) :
Kouma chaman fôla ( tout ce qu’ils disent)
ota fôla a kélé yé (ils ne le disent pas avec intelligence)
kouma chaman fôla ( tout ce qu’ils disent)
ota fôla hèrè yé ( ils ne le disent pas avec sagesse)
L'Islande a laissé ses banques faire faillite
Il a raison à un bémol près c'est que l'Islande est un tout petit pays. A contrario, l'effondrement du système bancaire américain pourrait entraîner dans sa chute l'économie mondiale, c'est ce qu'on appelle en jargon un risque systémique. Tout le monde prête à tout le monde et place son argent partout dans le monde. C'est genre "je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette". Personne n'a envie de prendre le risque de voir l'économie mondiale s'effondrer comme un château de cartes ou des dominos. Les banques jouent sur cette peur.
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