lundi 6 octobre 2014

Michel Onfray : Le genre idéal

Avoir écrit des garçons et des filles qu’ils étaient des garçons et des filles m’a valu une volée de bois vert de la part des tenants de la théorie du genre pour lesquels le garçon et la fille ne sont ni garçon ni fille. Rarement la dénégation, qui est une pathologie, a été à ce point présentée comme une voie d’accès à la vérité !
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Depuis un certain temps, je ne pense plus à gauche ou à droite, insoucieux de ces demi-pensées, mais en regard de ce qui me semble juste et vrai. Il faut du temps pour devenir un homme libre… Que la gauche soutienne la théorie du genre, et la droite pas, prouve que de part et d’autre il n’y a que des demies-vérités. Si l’on ne veut ni rire ni pleurer mais comprendre, ce que je souhaite, il faut chercher ce qui se joue dans ce faux débat d’idées.
Les tenants de la théorie du genre refusent la nature et communient dans la religion de la culture : nous ne sommes pas des produits naturels, mais des produits civilisationnels, des corps sans organes ; leurs adversaires croient l’inverse : nous ne sommes que nature, la culture compte pour rien. Or les deux ont également raison et en parties égales : la droite a raison, nous sommes des produits naturels, garçons et filles d’un point de vue biologique, physiologique, hormonal ; mais la gauche a aussi raison, nous sommes des produits de culture, de civilisation, de religion. Vouloir l’un sans l’autre, c’est, à droite, réduire l’être à de la chair sans éducation, à gauche, le résumer à des idées désincarnées.

François Cavana : Lettre ouverte aux culs-bénits



"Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, « causons dans le poste », éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés ! […]" S'il fallait une raison à ma page Facebbok on pourrait la trouver dans cette exhortation de François Cavanna. Sa lettre ouverte aux culs-bénits, publiée il y a 20 ans, en mai 1994, n’a pas pris une ride.
"Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits.

Lettre ouverte au monde musulman du philosophe Abdennour Bidar

C'est une interpellation de ceux qui le plus souvent, de bonne foi, parce qu'ils sont instrumentalisés, parce qu'ils n'ont jamais eu le temps ou l'envie de lire le Coran ou la vie du prophète, prétendent contre toute logique que l'Islam est une religion de paix et d'amour et que DAESH n'est pas l'Islam :


Abdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman. Il a produit et présenté tout au long de l’été sur France Inter une émission intitulée « France-Islam questions croisées ». Il est l’auteur de 5 livres de philosophie de la religion et de nombreux articles.

Cette lettre ouverte au monde musulman fait suite aux événements des jours passés, notamment l’assassinat de Hervé Gourdel. De nombreux musulmans ont manifesté leur indignation nécessaire et salutaire (en France et dans le monde, avec le mouvement #NotInMyName – « pas en mon nom »). Au delà de cette dénonciation indispensable, Abdennour Bidar pense qu’il faut aller plus en profondeur, et entrer dans une autocritique de l’Islam comme religion et civilisation dans ce moment de transition cruciale de sa longue histoire. Pour le meilleur de l’Islam.

Dans un esprit de fraternité entre croyants de bonne volonté, c’est avec joie que nous pouvons lire ce texte, découvrir un autre visage de l’Islam, et peut-être prendre nous aussi quelque chose de cette sagesse qui consiste à vouloir se réformer pour être plus fidèle.

Lettre ouverte au monde musulman


Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident !