dimanche 18 janvier 2015

Kamel Daoud : ce qui me fait peur

L’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud, menacé de mort par des salafistes en Algérie, redoute que "la mécanique du 11/9" ne conduise à des ruptures irréparables. Entretien. 

L’OBS Vous qui défendez farouchement la liberté d’expression à travers vos articles et vos livres et qui êtes également menacé par les islamistes, comment avez-vous vécu l’attentat contre «Charlie Hebdo» ?
KAMEL DAOUD Le plus traumatisant pour moi qui suis algérien a été cette impression de vivre un remake de tout ce que nous avons vécu ici durant les années 1990; des journalistes avaient été abattus dans la rédaction du journal francophone «l’Hebdo libéré» à Alger avec un scénario très similaire. Il est désolant de voir que malgré cette guerre, on en est toujours là, à lutter pour des libertés.

Je suis moi-même pris en étau entre un courant salafiste qui en veut à ma vie et un régime qui reste dans une posture étrange de passivité vis-à-vis des islamistes au nom de la concorde nationale. J’observe qu’un imam a appelé à ma mort [l’imam salafiste Abdelfateh Zaoui a lancé une fatwa contre Kamel Daoud en décembre 2014, NDLR] et que malgré ma plainte, il est toujours en liberté et continue à passer à la télévision. […]

Comment guérir l'islam ? Entretien avec Abdelwahab Meddeb


L'auteur de "la Maladie de l'islam" propose de briser le tabou coranique dans "Sortir de la malédiction", un essai courageux et érudit. 


Abdelwahab Meddeb, ici en 2011.  (©IBO/SIPA)Abdelwahab Meddeb, ici en 2011. (©IBO/SIPA)


Le Nouvel Observateur Votre livre est un «traité de guérison» pour un islam malade de l'islamisme. Pour ce faire, vous n'hésitez pas à proposer comme préalable à toute guérison de «briser le tabou coranique». Qu'entendez-vous par là?
Abdelwahab Meddeb C'est en effet le titre de mon premier chapitre. Il est en rapport avec l'exergue du livre, une citation de Nietzsche qui appelle à penser «à coups de marteau», c'est-à-dire à détruire les idoles. Or le Coran devient une idole intouchable lorsqu'il est perçu comme la parole même de Dieu, inaltérée et inaltérable, telle qu'en elle-même, de toute éternité.

Représentation de Mahomet : "L'islam a perdu de vue sa propre histoire"


Détail du "Miracle des abeilles", enluminure (Constantinople, vers 1594-1594) pour le sultan Mourad III. (Erich Lessing/AKG-IMAGES)


Détail du "Miracle des abeilles", enluminure (Constantinople, vers 1594-1594) pour le sultan Mourad III. (Erich Lessing/AKG-IMAGES)


Conservateur du patrimoine, Sophie Makarioua rejoint les équipes du Musée du Louvre en 1994. Elle a été nommée à la tête du département des Arts de l’Islam créé en 2003 et dont les nouveaux espaces ont été inaugurés en 2012. En août 2013, elle a été nommée présidente du Musée Guimet, Musée national des Arts asiatiques à Paris. Entretien.