En Chine, où les institutions étatiques dictent leur loi aux marchés financiers, le PIB a été multiplié par 17 ces 30 dernières années. Bruno Guigue bat en brèche la vision occidentale de la Chine qu'il estime être «obscurcie par les idées reçues».
En 1992, un politologue américain, Francis Fukuyama, osait annoncer la «fin de l’Histoire». Avec l’effondrement de l’URSS, disait-il, l’humanité entrait dans une ère nouvelle. Elle allait connaître une prospérité sans précédent. Auréolée de sa victoire sur l’empire du mal, la démocratie libérale projetait sa lumière salvatrice sur la planète ébahie. Débarrassée du communisme, l’économie de marché devait répandre ses bienfaits aux quatre coins du globe, réalisant l’unification du monde sous les auspices du modèle américain. La débandade soviétique semblait valider la thèse libérale selon laquelle le capitalisme — et non son contraire, le socialisme — se conformait au sens de l’histoire. Aujourd’hui encore, l’idéologie dominante martèle cette idée simple : si l’économie planifiée des régimes socialistes a rendu l’âme, c’est qu’elle n’était pas viable. Le capitalisme, lui, ne s’est jamais aussi bien porté, et il a fait la conquête du monde.