samedi 18 juin 2016

Jésus et l'Islam - Mordillat et Prieur

Pourquoi Jésus occupe-t-il une place exceptionnelle dans le Coran ? À partir de cette question, les auteurs de "Corpus Christi" enquêtent sur les origines et la genèse de l’islam auprès de vingt-six chercheurs du monde entier...

Pourquoi le Coran affirme-t-il, dans la sourate 4, que Jésus n’a été crucifié qu’« en apparence » ? Pourquoi le messie des chrétiens, considérés par eux comme Fils de Dieu, est-il si souvent présenté comme « fils de Marie » ? Le prophète Mohammed était-il analphabète comme l’affirme la Tradition musulmane ? Et comment expliquer la présence de termes issus du syriaque, de l’araméen ou même du grec dans le Coran ?

Pour répondre à ces questions, encore débattues entre chercheurs, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur ont repris la recette qui a fait le succès de leurs précédentes séries : Corpus Christi (1998), Les Origines du christianisme (2003) ou encore l’ Apocalypse (2008).

Les hypothèses des meilleurs spécialistes du Coran

Filmés en plan fixe sur fond noir, parfois un livre ou quelques notes à portée de main, vingt-six des meilleurs spécialistes du Coran, de la péninsule arabique à l’époque anté-islamique ou des polémiques islamo-chrétiennes, se succèdent à l’écran, partageant à haute voix leurs hypothèses.

Un panel de grande qualité, visité dans les universités allemandes, américaines, belges, françaises ou même tunisiennes et ouvert aux chercheurs de tradition musulmane.

Pour aborder ce texte « immense et complexe », les deux journalistes et réalisateurs ont choisi une porte d’entrée qui leur est désormais familière : la figure de Jésus.

La place « exceptionnelle » de Jésus

« Nous savions qu’elle occupait une place importante dans le Coran mais nous ne mesurerions pas à quel point elle était exceptionnelle », reconnaît Jérôme Prieur. Objet central des trois premiers épisodes, le Messie des chrétiens laisse place ensuite à d’autres questions, sur le prophète Mohammed, la mise par écrit du Coran…

Étonnamment, les liens ne cessent de s’enrichir entre les avancées scientifiques mises au jour dans ce Jésus et l’islam et celles qui faisaient tout le sel des premières séries.

Ainsi, les judéo-chrétiens – ces chrétiens de Jérusalem rejetés par les juifs puisque chrétiens, mais aussi par les chrétiens puisque restés fidèles à la loi juive – refont leur apparition, comme source possible d’information du Prophète de l’islam… « Le Coran n’est pas un texte séparé des mondes juif et chrétien, mais bien plutôt la chambre d’écho des débats qui les animent entre les IV e et VII e siècles », note Jérôme Prieur.

Sept épisodes d'une enquête passionnante

Exigeants sur la forme comme sur le fond, ces sept épisodes – dans un contexte de tensions interreligieuses – font œuvre utile par cette mise en lumière des liens très étroits entre les trois monothéismes. Fervents défenseurs de la lecture historico-critique, les deux auteurs prennent soin toutefois de se défendre de toute « visée œcuménique ».

On se prend à rêver, à la fin du septième épisode, que la chaîne Arte leur permette de poursuivre l’enquête sur la Sunna (les faits et gestes prêtés au Prophète), ou les périodes des conquêtes…

1 7 La crucifixion selon le Coran


mardi 14 juin 2016

L’odeur de sang des monothéismes

Le christianisme, une religion dont il se dit qu’elle est de plus en plus abandonnée de ses fidèles détermine encore les pensées, les comportements et les réactions avec la complicité d'une laïcité qui singe à s'y méprendre les valeurs bibliques. 
Le christianisme au même titre que le judaïsme, et l'islam pourrissent pareillement la vie de millions d'individus sur la planète ; ils fomentent des guerres, des conflits, des haines dirigées contre soi, les autres et le monde; ils prêchent l'amour du prochain et sabrent à qui mieux mieux.

Djihadisme et islamisme, un lien organique

Les choses bougent vite à propos de notre connaissance du phénomène djihadiste. Une série de livres, d'articles académiques, de reportages et de films convergent, au-delà de leur diversité, dans une remise en cause des discours de banalisation et de minimisation qui longtemps ont dominé la scène intellectuelle et politique française.
On tend ainsi à abandonner la présentation des djihadistes comme des brutes incultes droguées au captagon, totalement ignorantes du Coran, qui joueraient à la Guerre Sainte comme d'autres aux jeux vidéo.

lundi 13 juin 2016

Le voile n'est pas une obligation coranique a tranché Al-Azhar

L’université al-Azhar vient de définitivement mettre fin au débat autour de l’obligation religieuse de porter le voile islamique qui couvre la tête en concluant qu’il s’agirait plus d’une habitude enracinée que d’un devoir religieux dicté par Dieu.  L’université d’Al-Azhar a accordé la mention excellent au Cheikh Mustafa Mohammed Rashid qui pour sa thèse de doctorat en charia et loi et qui a porté sur le thème du port du voile islamique en islam, entre obligation ou habitude. Le soutenant a conclu, à travers sa thèse, que le Hidjeb n’est pas une obligation religieuse, mais une habitude.  S’appuyant sur l’analyse des versets coraniques, utilisés pour mettre l’accent sur le devoir des femmes de porter le voile, le Docteur Mohamed Rachid a précisé que tous les versets n’ont jamais évoqué l’obligation de « se couvrir la tête pour les femmes » et qu’elles ont été énoncées « dans un contexte historique bien précis », en évoquant les versets adressés aux femmes du prophète QSSSL, ainsi qu’à ses fidèles, à l’époque. Mettant en exergue l’interprétation erronée des versets par certains religieux qui n’ont pas eu recours à la raison et au sens critique, le doctorant a déclaré que « l’obligation » du voile en islam est fausse et que les femmes ne sont pas tenues par son port. Après l’étude de la thèse du Cheikh Mustapha, plusieurs spécialistes et théologiens ont conclu que cette étude approfondie des versets coraniques met un terme au débat autour de l’obligation ou non du voile.

Bruxelles, le vrai pouvoir

http://news360x.fr/bruxelles-le-vrai-pouvoir/

Bruxelles, le vrai pouvoir

Trois scènes spectaculaires incitent à penser que, pour paraphraser le titre du film, le vrai pouvoir est à Bruxelles. La première a lieu à Paris, à l’Assemblée nationale. La Luxembourgeoise Viviane Reding, vice-présidente de la Commission, est reçue par des parlementaires français. Sur le ton de l’évidence, elle leur assène : « Il faut lentement mais sûrement comprendre qu’il n’y a plus de politiques intérieures nationales. Il n’y a plus que des politiques européennes partagées dans une souveraineté commune. » Comment mieux dire que les élus du peuple français ne sont plus maîtres du destin de leur pays ?

dimanche 12 juin 2016

La joie selon Spinoza par Robert Misrahi

 "Ce n’est pas le Désir qui, pour Spinoza, est source de servitude, c’est la passion". Robert Misrahi décrit dans ce texte le rôle qu'occupe la joie dans la pensée de Spinoza. Il montre qu'elle est un concept pivot qui met en jeu l'ensemble de son travail. 

Spinoza organise toute son oeuvre et sa pensée autour de la félicité. L’Ethique n’est pas seulement une ontologie moniste qui identifie l’ancien Dieu à la Nature infinie ; elle n’est pas seulement une anthropologie qui combat le dualisme de l’âme et du corps ; elle est un système du monde qui rend possible une éthique, et celle-ci est une éthique de "l’homme libre" et de la "félicité" (ou bonheur). L’essence de l’homme est le Désir, en quoi réside le fondement de l’éthique. 

Libéré de toute transcendance, de toute fantasmagorie et de tout moralisme ascétique, l’homme libre reconnaît dans le Désir un "effort pour persévérer dans l’être", un dynamisme, une "puissance d’exister". Quand cette puissance est affirmée naît la joie : elle est accroissement de notre être et donc accomplissement du Désir en ses diverses expressions, les "affects". 

Le Désir n’est pas une quête de l’impossible ni un manque indépassable, mais un dynamisme qui est la source de ses propres valeurs et qui peut accéder à la plénitude, c’est-à-dire à la satisfaction. C’est pourquoi l’éthique est la définition et la recherche de ce "vrai bien" qu’est "la permanence d’une joie souveraine et parfaite". 

La voie qui y conduit passe par la critique des obstacles intérieurs et extérieurs, c’est-à- dire de toutes les formes de la "servitude" : passions (désirs passifs et non pas désirs en tant que tels), "superstition religieuse", imagination, autoritarisme politique. 

Cette éthique de la joie n’est pas un ascétisme. La joie est l’ensemble des jouissances du corps et de l’esprit lorsqu’elles sont "adéquates", à savoir autonomes et réellement expressives de l’essence de chaque individu : plaisirs, joies esthétiques, souci du cadre de vie, exercices physiques, connaissance réflexive de la Nature et de l’homme. 

A la différence de l’idéalisme dualiste, ce n’est donc pas le Désir qui, pour Spinoza, est source de servitude (d’"aliénation"), c’est la passion. Celle-ci n’est qu’un désir rendu passif par l’ignorance de la Nature et par l’ignorance de soi, c’est-à-dire des associations imaginaires qui nourrissent trop souvent l’affectivité. La joie (appelée "béatitude" lorsqu’elle est constante et parfaite) est donc l’accomplissement véritable du Désir, tel qu’il est saisi par la "connaissance réflexive". 

Ces philosophes qui nous enseignent la joie

Jugée trop bruyante ou trop physique, la joie n’a guère enthousiasmé les penseurs. Pourtant, après des siècles de mépris, elle est aujourd’hui réhabilitée par la philosophie, qui reconnaît enfin son caractère essentiel à la vie. Rencontre avec ces empêcheurs de penser morose.

Isabelle Taubes
Cherchez « joie » dans un dictionnaire de philosophie basique, vous ne trouverez rien. Tapotez sur votre clavier, les petites mains invisibles qui opèrent sur le Net tendent à vous renvoyer inexorablement à « bonheur ». Aucune joie dans la philo ? La plupart des penseurs se méfient d’elle : trop paroxystique, trop inquiétante. Perte de contrôle de soi pour Platon, elle jouxte carrément la folie – mania en grec. Les philosophes stoïciens en quête d’ataraxie, état intérieur de calme plat, la jugent trop bruyante, trop physique. Leurs cousins les épicuriens sont à la recherche du bonheur – bonheur qui se résume pour eux à l’absence de souffrance : pas de quoi se réjouir et encore moins éclater de rire. Épicure, ami de la vie simple et ennemi du luxe, guide tout à fait acceptable pour les ennemis du trop de consommation, ne porte pas à l’enthousiasme.

Spinoza le maudit

Il y a foule, ce 27 juillet 1656, dans la grande synagogue d'Amsterdam, située sur le quai du Houtgracht. Les visages sont graves. Depuis des jours et des jours, dans la communauté juive, on commente l'événement. Spinoza, le jeune, le fils, celui qui a repris les affaires de son père Michaël, l'honorable marchand, décédé il y a deux ans, va être solennellement exclu de la communauté. Dans un instant, devant l'Arche, tous entendront le texte rapporté de Venise par Rabbi Mortera. Le jeune homme a seulement 23 ans. 

Le Herem (l’exclusion) de Spinoza



Il n’est pas recommandé de s’attaquer au dogme en rejetant les écritures “saintes” Spinoza en a fait l’expérience. Herem, le mot s'emploie pour  pour écarter un membre de la communauté en raison de son inconduite. 

Il y a foule, ce 27 juillet 1656, dans la grande synagogue d'Amsterdam, située sur le quai du Houtgracht. Les visages sont graves. Depuis des jours et des jours, dans la communauté juive, on commente l'événement. Spinoza, le jeune, le fils, celui qui a repris les affaires de son père Michaël, l'honorable marchand, décédé il y a deux ans, va être solennellement exclu de la communauté. Dans un instant, devant l'Arche, tous entendront le texte rapporté de Venise par Rabbi Mortera. Le jeune homme a seulement 23 ans. Pour en arriver là, il s'est montré singulièrement obstiné. Il  a été exclu de la communauté juive pour avoir explicitement soutenu que l'immortalité de l'âme est un mythe, que Dieu et la nature sont deux noms pour une seule et même réalité, que notre volonté n'est pas libre.

Spinoza se retrouve seul contre tous, mais il pense que c'est le lot de ceux qui s'attachent à la vérité, puisque, comme il l'écrit lui-même : "Une chose ne cesse pas d'être vraie parce qu'elle n'est pas acceptée par beaucoup d’hommes."

Spinoza, le chantre de la joie



J’ai une seconde raison de me retrouver dans Spinoza, Outre le fait qu’il soit il est athée/panthéiste, il et aussi hédoniste en effet Spinoza est le grand penseur de la joie, en particulier dans son Éthique où la joie forme, avec la tristesse et le désir, l'un des trois affects fondamentaux de l'être humain : tous les autres sentiments (amour, haine, espérance, crainte, etc.) se définissent comme des formes particulières de joie ou de tristesse. 

Une famille nombreuse. « Les frères de Jésus ont joué un rôle non négligeable »

Propos recueillis par Virginie Larousse - publié le 30/10/2015

L'existence de frères et soeurs de Jésus est une certitude. Pourtant, au fil des siècles, il devint impensable pour les théologiens qu'un être divin puisse venir d'une famille nombreuse, observe l'historien Simon Claude Mimouni. 
Si de nombreuses incertitudes entourent le Jésus « historique », les textes les plus anciens indiquent qu'il avait des frères et des soeurs. Le Nouveau Testament en dénombre six au minimum : Jacques, Joset, Jude et Simon ; les soeurs, elles, ne sont jamais nommées. Cependant, les relations que Jésus a entretenues avec sa famille ont apparemment été marquées par le conflit. Ses frères« ne croyaient pas en lui », relève l'Évangile de Jean (7, 5), et s'inquiètent : « Il est fou », disent-ils dans l'Évangile de Marc (3, 21). Le jour de la crucifixion, seule Marie est présente. De fait, la famille de Jésus a pu se préoccuper du sort qui le guettait, à une époque où les agitateurs avaient tôt fait d'être mis à mort. Jésus, de son côté, ne s'étonne pas de l'incrédulité des siens : « Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa maison », déplore-t-il (Mc 6, 4). Lui-même semble n'accorder qu'une importance secondaire aux liens du sang. « Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14, 26). Pourtant, après la mort de Jésus, certains de ses frères assumeront d'importantes responsabilités dans le mouvement chrétien.

Spinoza par Clément Rosset

Il est possible d'être à la fois réaliste et joyeux mais il faut pour cela tourner le dos à la superstition, la religion, à l'idéalisme. Spinoza nous y aide.
La plupart des philosophes depuis Platon ont pour point commun de considérer qu’il y a quelque chose d’insuffisant dans la réalité elle même, que le réel ne peut rendre compte de lui-même, qu’il doit se soutenir et s’expliquer par autre chose, par un Dieu, par un arrière-monde, une essence, un être…
C’est tout de même embêtant cet acharnement des philosophes à dévaluer le réel. Chez Platon, les choses réelles que nous percevons, sont de l’ordre du moindre être, du quasi néant. Cette tendance imprègne toute la tradition idéaliste, et par conséquent les religions monothéistes qui ont puisé leur doctrine directement chez Platon.

vendredi 10 juin 2016

Spinoza, le réel rien que le réel

Qu'y a-t-il donc de si scandaleux dans la philosophie de Spinoza ? Où sont l'athéisme et l'immoralisme dans un système dont l'exposition, dans l'Ethique, s'ouvre sur l'affirmation de Dieu comme substance unique et infinie et s'achève sur une définition de la liberté et de la béatitude du sage comme amour de Dieu ? La thèse centrale du «scandale Spinoza» se résume en une formule célèbre : Deus sive Natura, «Dieu, autrement dit la nature». Pour Spinoza, tout ce qui existe et arrive existe et arrive en Dieu ou, ce qui revient au même, dans la nature.

lundi 6 juin 2016

Spinoza, l’Ethique - Appendice du livre I


Spinoza nie l’existence d’un Dieu antropomorphe.

“Les hommes supposent communément que toutes les choses naturelles agissent, comme eux-mêmes, en vue d’une fin, et bien plus, qu’ils admettent pour certain que Dieu lui-même dispose tout en vue d’une certaine fin, car ils disent que Dieu a fait toutes choses en vue de l’homme, et l’homme à son tour pour qu’il lui rendît un culte. 

C’est ce seul préjugé que je considérerai d’abord, en cherchant en premier lieu pour quelle raison la plupart des hommes se plaisent à ce préjugé et pourquoi tous sont naturellement enclins à l’embrasser ; ensuite j’en montrerai la fausseté, et enfin je montrerai comment en sont issus les préjugés relatifs au bien et au mal, au mérite et à la faute, à la louange et au blâme, à l’ordre et à la confusion, à la beauté et à la laideur, et aux autres choses de même genre. 

Les religions, facteur fondamental de loppression des femmes

Publié le  par Socialisme libertaire
Les religions, facteur fondamental de l’oppression des femmes

Les religions, facteur fondamental de l’oppression des femmes

Isabelle Daniellou dresse pour nous un tableau édifiant de la place dans laquelle sont tenues les femmes dans quatre religions : le catholicisme, l’islam, le judaïsme et le bouddhisme. Il n’est pas étonnant que les luttes des femmes pour leur émancipation aient dû - et doivent encore - se mener contre les religions. Pour secouer le joug du système patriarcal et de la domination masculine qu’elles leur imposent toutes, la laïcité est un point d’appui important car elle exige que les Églises renoncent à intervenir dans l’exercice de la vie publique démocratique.
L’analyse du rôle qui est imparti aux femmes dans toutes les religions démontre que les femmes ont tout à perdre à s’aliéner à une religion, quelle qu’elle soit.

« Face à la dimension criminelle de la crise, les élites sont aveugles, incompétentes ou complices »

Et si la crise financière était une vaste fraude ? Dérégulé à l’excès, le capitalisme comporte des incitations au crime et à la fraude absolument inédites, explique Jean-François Gayraud, commissaire de police et criminologue. Il pose dans son ouvrage Le nouveau capitalisme criminel un diagnostic décapant : les responsables politiques sont dans le déni ou l’aveuglement, les acteurs de la fraude de 2008 sont aujourd’hui revenus dans le jeu, les lois votées pour tenter de réguler le système financier n’ont rien changé, et des techniques comme le trading haute fréquence échappent à tout contrôle. Il y a urgence à reprendre en main un système économique devenu criminogène, avec ses dérives frauduleuses et prédatrices. Entretien.

dimanche 5 juin 2016

Le personnage historique de Jésus est-il un mythe construit de toute pièce?


La plupart des historiens universitaires spécialistes de l’antiquité pensent que le Nouveau Testament (les évangiles) sont «de l’histoire transformée en mythologie religieuse». En d’autres mots, ils estiment qu’autour du début du premier siècle un rabbin controversé nommé Yeshua ben Yosef a gagné un certain nombre d’adeptes et que sa vie et ses enseignements ont fourni les éléments de départ de ce qui est devenu le Christianisme.
Dans le même temps, ces universitaires reconnaissent que de nombreuses histoires bibliques, une vierge qui donne naissance à un enfant, les miracles, la résurrection... sont une reprise de thèmes mythiques courants au Moyen-Orient à la même époque.

Les erreurs, les plagiats et les fausses prédictions de la Bible

Les erreurs, les plagiats et les fausses prédictions de la Bible



Introduction:
En Occident, la religion a commis l'erreur fatale de se mêler des faits empiriques: la Bible nous a ainsi gratifiés d'une longue liste d'affirmations précises, officielles et indiscutables sur le cosmos et la biologie que nous savons être fausses. L'Église a perdu toutes ces batailles et de façon définitive. C'est très gênant. Certains vivent dans un monde imaginaire où les sources bibliques restent une référence géologique et paléobiologique mais ça demande énormément d'efforts. La science montre non seulement que certaines fables sur la formation des planètes sont inacceptables mais aussi que c'est une erreur fondamentale de considérer la religion comme une façon de connaître les choses.
Les chrétiens essaient de faire cadrer, au prix de douloureuses contorsions de sémantique, les prédictions de la Bible avec la réalité, mais dans l'ensemble, c'est raté.

Les prédictions ratées, les plagiats et les erreurs de la Bible: (d'après la Bible Segond 1910)
Il convient de noter que l'ordre traditionnel des écrits du Nouveau Testament n'a aucun rapport avec l'ordre chronologique: les écrits de Paul et l'Apocalypse (rédigés avant les évangiles) sont placés en dernier. L'ordre choisi permet, en fait, de masquer au maximum les incohérences et les anachronismes du Nouveau Testament. (Paul qui n'a jamais entendu parler de Jésus de Nazareth, "l'Apocalypse" non plus...)

samedi 4 juin 2016

Pour Elon Musk, nous vivons probablement dans un monde simulé


Et si nous étions des personnages d’un jeu vidéo lui-même manipulé par un personnage de jeu vidéo ? Le boss de Tesla rouvre un vieux débat qui donne toujours autant le vertige.
Quand j’écris ces lignes sur mon ordi, en râlant contre ses plantages réguliers et l’heure qui tourne, suis-je vraiment, comme je le sens, un être de chair qui active muscles, tendons et matière grise pour s’exécuter ? Ou ne suis-je qu’une composante d’une simulation bien plus vaste, dont le fonctionnement m’échappe complètement ? Un simple personnage du jeu vidéo « Les Sims », qui agit et réagit selon des paramétrages informatiques complexes ? Et si je suis ce personnage, l’être qui me contrôle est-il lui-même un personnage contrôlé par un personnage contrôlé par un personnage... ?

vendredi 3 juin 2016

Marcel Conche: “La philosophie m’a retenu de me précipiter dans le délire amoureux”

Marcel Conche est-il le dernier des sages ? Infatigable lecteur, grand commentateur et traducteur des Anciens (Héraclite, Anaximandre, Pyrrhon, Parménide, Épicure…), il a puisé chez eux sa métaphysique de la Nature. À 94 ans, retiré dans sa Corrèze natale, vivant frugalement, il s’est consacré depuis l’enfance à la philosophie. Il aurait donc toutes les caractéristiques du sage : la vieillesse (autant que celle-ci est sage), le détachement des attentes et des désirs qu’Épicure juge vains, la seule jouissance des idées. Mais est-ce si simple ? N’y a-t-il pas un brin de folie dans cette vie emportée par la passion absolue de la philosophie ?
La question l’a d’abord fait rire ; il l’a donc prise au sérieux, en philosophe pour qui toute interrogation est exercice de la raison. Exercice socratique s’il en est, quand la question se retourne, en amène une autre, plus juste ou plus inattendue. C’est ainsi que pense Marcel Conche…

Michel Onfray - Le magnétisme des solstices - Contente-toi du monde donné

L’Université française n’intègre jamais dans son cursus un cours d’historiographie de la discipline. On la comprend, il s’agit de ne pas ébruiter les secrets de fabrication d’une philosophie à pâte lisse, sans aspérités, destinée à l’intelligence désireuse de nourriture spirituelle. Dans les arrière-cuisines universitaires se concoctent des soupes avec lesquelles se sustente sans broncher le gros de la troupe philosophique. 

Une historiographie bien faite montrerait pourtant le détail d’écriture d’une philosophie idéaliste promue comme seule et unique. Dans l’archipel des pensées planétaires, on effectue des diagrammes. Ils finissent par créer des unités factices. D’où une perspective linéaire – la flèche chrétienne du temps qui passe – et la greffe de blocs de sens accrochés sur cette ligne droite. 

jeudi 2 juin 2016

Mayotte : "On a voulu un eldorado, nous avons un Titanic à la dérive"

Professeur d’université, juriste à La Réunion depuis 50 ans et spécialiste du droit international, André Oraison éclaire de son expérience la situation sociale explosive à laquelle est confrontée l’île de Mayotte. Selon le politologue, une réintégration du 101ème département français dans le giron comorien est inévitable à très long terme. Entretien :


Pour André Oraison, "la balkanisation de l’archipel des Comores a abouti au résultat que l’on voit aujourd’hui"
Pour André Oraison, "la balkanisation de l’archipel des Comores a abouti au résultat que l’on voit aujourd’hui"
Zinfos 974 : Vous avez récemment déclaré que "les Comoriens sont naturellement et traditionnellement chez eux à Mayotte comme ils le sont à la Grande Comore, à Mohéli et à Anjouan". Qu’entendez vous par là ?

André Oraison : Un habitant de la Grande Comore, de Mohéli ou d’Anjouan est chez lui à Mayotte, comme un Mahorais est chez lui dans ces trois îles. Tout simplement parce qu’au regard du droit international public, l’archipel des Comores a obtenu son indépendance à la suite d’un scrutin d’autodétermination, qui a eu lieu le 22 décembre 1974, au cours duquel la population, s’est prononcée globalement pour l’indépendance. Île par île, ce chiffre avait atteint quasiment 100% pour les îles de la Grande Comore, de Mohéli et d’Anjouan, alors qu’à Mayotte, les deux tiers de la population se sont prononcés pour un statu quo. C’est à partir de ce moment là seulement que la France a envisagé d’assurer la "balkanisation" des Comores.

Benedetto Marcello - Requiem in the Venetian Manner



La sonate pour orgue du début ressemble étrangement à l'Art de la fugue de bach

Fauré - Requiem


Ensemble Orchestral de Paris - Choeur Accentus


REQUIEM & KYRIE


INTROÏT
Requiem aeternam dona eis Domine
Et lux perpetua luceat eis.
Te decet hymnus Deus in Sion,
Et tibi reddetur votum in Jerusalem :
exaudi orationem meam,ad te omnis caro veniet.
Kyrie eleison, Christe eleison.

Michel Onfray - Religion et laïcité




Jean Rondeau - Rameau

Pancrace Royer - La marche des Scythes