L’état de notre Aide Publique au Développement (APD) au titre des subventions aux pays les plus pauvres, depuis près de 20 ans, un véritable scandale...
200 millions d’euros pour 19 pays qualifiés, sans honte, de “pauvres et prioritaires”, quand l’Allemagne consacre par exemple 400 millions d’euros de dons seulement pour l’Afghanistan. Les efforts de la GB et du Japon sont du même ordre. L’Agence Française de Développement fait bon an mal an dans la période actuelle 8 milliards d’euros d’engagements par an dont 7,8 milliards de prêts notamment aux grands émergents (Chine, Pakistan, Inde, Brésil, Mexique, Indonésie...) et 200 millions d’euros aux pays pauvres d’Afrique à qui elle refuse de consentir des prêts en raison de la mauvaise situation de leurs finances publiques des, et où paradoxalement elle est le bailleur de fonds de référence, puisque la plupart des ces pays abandonnés sont dans son “pré carré”. C’est le cas notamment de la Centrafrique et de Djibouti où j’ai sévi.
Depuis longtemps, des parlementaires et diverses personnalités se plaignent de l’opacité de l’annexe au projet de loi de finances portant sur l’aide publique au développement (APD). Cette question a pourtant fait l’objet d’une recommandation particulière de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, qui, en 2012 déjà, déplorait que « la politique d’aide au développement a longtemps été synonyme d’opacité : opacité du budget, dont les enjeux ne peuvent être compris que d’un nombre restreint de spécialistes ; et opacité des statistiques, qui agrègent des données hétérogènes ».
Dans sa forme actuelle, ce document marque une contradiction frappante avec l’ambition du chef de l’Etat de promouvoir la simplicité, la clarté et la transparence dans la formulation et la conduite des politiques publiques. On se perd dans les détails et les redites. La vision irénique qui sous-tend ces 89 pages voudrait que l’APD soit exclusivement au service de la lutte contre la pauvreté et des objectifs de développement durable. Soyons sérieux. Il s’agit aussi d’un outil essentiel de notre politique étrangère et l’un des instruments permettant d’intervenir au plan géopolitique, notamment dans des situations de crise. A ce titre, on ne voit aucune information quant à la distribution des ressources affectées aux fameux « trois D » : défense, diplomatie et développement.