samedi 21 juin 2014

Quelques vérités...

Que pourrait dire l'éthologie (la science du comportement animal) de l'amour : Action d'une femelle aguichante qui relève son postérieur à la vue du mâle dominant de la meute afin d'assurer la fonction de reproduction. Mais le tout-venant préfère l'illusion romantique aux vérités éthologiques...
La beauté va au pouvoir ou a ce qui y ressemble comme la mouche à la viande.

Démontrer qu'une fiction (le judaïsme, christianisme ou l'Islam) sert de socle à des cultures presque deux fois millénaires, voilà une information trop violente pour qui a été ondoyé (baptisé) physiquement et mentalement depuis le plus jeune âge. L'eau bénite est un alcool fort. La plupart préfèrent un mensonge qui apaise à une vérité qui dérange, ils optent plutôt pour le mythe sécurisant que pour la certitude troublante...

Michel Onfray explique Emmanuel Kant


Hildegard von bingen

Voice of the Living Light


Canticles Of Ecstasy

Le texte du Code Noir



Pour illustrer la position de l'église catholique apostolique et romaine sur l'esclavage. Le texte n'a pas besoin d'être commenté...

Le Code noir dans la version de Colbert de 1685
Recueil d'édits, déclarations et arrêts
concernant les esclaves nègres de l'Amérique

Article 1er
Voulons que l'édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.

Article 2
Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d'en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneur et intendant desdites îles, à peine d'amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser dans le temps convenable.

Article 3
Interdisons tout exercice public d'autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine. Voulons que les contrevenants soient punis comme rebelles et désobéissants à nos commandements. Défendons toutes assemblées pour cet effet, lesquelles nous déclarons conventicules, illicites et séditieuses, sujettes à la même peine qui aura lieu même contre les maîtres qui lui permettront et souffriront à l'égard de leurs esclaves.

Article 4
Ne seront préposés aucuns commandeurs à la direction des nègres, qui ne fassent profession de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de confiscation desdits nègres contre les maîtres qui les auront préposés et de punition arbitraire contre les commandeurs qui auront accepté ladite direction.

Article 5
Défendons à nos sujets de la religion protestante d'apporter aucun trouble ni empêchement à nos autres sujets, même à leurs esclaves, dans le libre exercice de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de punition exemplaire.

Article 6
Enjoignons à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'observer les jours de dimanches et de fêtes, qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine. Leur défendons de travailler ni de faire travailler leurs esclaves auxdits jours depuis l'heure de minuit jusqu'à l'autre minuit à la culture de la terre, à la manufacture des sucres et à tous autres ouvrages, à peine d'amende et de punition arbitraire contre les maîtres et confiscation tant des sucres que des esclaves qui seront surpris par nos officiers dans le travail.

Article 7
Leur défendons pareillement de tenir le marché des nègres et de toute autre marchandise auxdits jours, sur pareille peine de confiscation des marchandises qui se trouveront alors au marché et d'amende arbitraire contre les marchands.

Article 8
Déclarons nos sujets qui ne sont pas de la religion catholique, apostolique et romaine incapables de contracter à l'avenir aucuns mariages valables, déclarons bâtards les enfants qui naîtront de telles conjonctions, que nous voulons être tenues et réputées, tenons et réputons pour vrais concubinages.

Le Code noir



Le Code Noir signé en 1685 par Louis XIV pour "la gestion des esclaves des îles" ... Avec des illustrations rares..

esclave femme
  
"Boyer Peyreleau décrit vers 1823 un navire négrier :

«Qu’on se figure des êtres humains entassés comme des ballots de marchandises dans des compartiments qu’ une cupidité barbare leur a ménagés avec parcimonie, où ils ne respirent qu’un air méphitique qui les tue (…) Ces malheureux, la plupart décharnés et accroupis comme des brutes, soutiennent à peine leur tête où l’on ne découvre presque plus d’ expression ; de jeune femmes de 15 à 16 ans exténuées de besoin et de misère, tiennent des enfants à leurs mamelles déjà pendantes et desséchées. L’ horreur de ce tableau est encore accrue par les maladies que l’ insalubrité et les privations ont produites. Le quart plus ou moins de la cargaison est ordinairement moissonné pendant la traversée et ceux qui survivent paraissent insensibles à la mort de leurs compagnons, le même sort les attend d’un instant à l’autre. Pourrait-on s’imaginer que des hommes qui se disent civilisés et chrétiens se rendent ainsi de sang froid les bourreaux d’ autres hommes dont tout le tort envers eux est d’ être nés sous d’ autres cieux et d’être d’une couleur différente ?»
Cette indignation vertueuse se situe à une époque où la traite est officiellement abolie en France mais, pendant les trois siècles qu’elle a duré, les profits considérables qui en étaient retirés ont fait taire bien des consciences. Par ailleurs en 1823, la traite n’est pas terminée, elle se poursuit sous forme clandestine dans des conditions encore plus cruelles, car ce commerce reste lucratif vu la demande de main-d’oeuvre incessante de la part des colons.

La traite a drainé outre-Atlantique des millions d’hommes :

Morenas qui écrit vers 1828 calcule que, de 1768 à 1827, il y a eu 4 990 000 esclaves introduits aux Antilles, si on ajoute 1 500 000 morts pendant la traversée, 55 000 dans les captiveries, c’est plus de 7 millions d’hommes qui ont été transportés d’Afrique vers les Antilles en une soixantaine d’années ! Soit une moyenne annuelle de 121 000. Selon L. Lacroix, on estimait au début du XIXe siècle que la traite avait enlevé au continent africain environ 32 millions d’esclaves et pour lui ce chiffre est sans doute en dessous de la vérité.
Boyer-Peyreleau considère que pour transporter ces millions d’hommes, il n’a pas fallu moins de 80 000 traversées et le bateau négrier est considéré comme l’emblème de ce monstrueux trafic. "


1) LA VIE SUR LE BATEAU NÉGRIER.
Le bateau négrier, ayant quitté Nantes, Bordeaux ou La Rochelle partait lourdement chargé pour un voyage qui allait durer plusieurs mois (huit à douze). Il se rendait d’abord dans l’un des soixante-six établissements situés sur les côtes d’Afrique, entre le Sénégal et l’Equateur, pour s’approvisionner en esclaves.
Des instructions précises étaient données aux chirurgiens chargés de l’examen des captifs : «point de vieux à peau ridée, testicules pendantes et ratatinées. Point de grands nègres efflanqués, poitrine étroite, yeux égarés, air imbécile qui annoncent des dispositions à l’épilepsie». Les négresses devaient avoir les seins debouts et c’était une bonne affaire d’acheter une esclave enceinte. Le chirurgien devait même, à l’exemple des Portugais, lécher la peau des captifs pour déceler éventuellement certaines maladies.

la mort moissonne (Pendant le voyage )très largement parmi eux ou encore ils deviennent d’une maigreur extrême. On prévoit alors pour qu’ils fassent bonne figure sur les marchés d’esclaves de faire une ou deux escales de rafraîchissement à l’île du Prince ou à San Tomé. Cette escale dure alors de une à six semaines. Les esclaves sont parqués dans de grands enclos. En 1801, un officier de santé à bord du vaisseau l’ Atalante décrit cette escale :

En 1801, un officier de santé à bord du vaisseau l’ Atalante décrit cette escale :
- «Deux bâtiments négriers que nous trouvâmes à l’ île du Prince avaient mis leur cargaison à terre pour les rafraîchir. Jamais l’humanité souffrante ne présenta un tableau plus affreux que les femmes avec leurs enfants à la mamelle, les jeunes filles de quinze à dix-huit ans, et les jeunes nègres qui les accompagnaient, tous ressemblaient à des squelettes ambulants recouverts d’ une peau hideuse et ridée. Les seins des nourrices étaient des peaux amincies qui pendaient sur leurs poitrines comme des bourses vides. Ceux des jeunes filles qui n’offraient aux regards que la nudité la plus dégoûtante, étaient collés sur leur poitrine comme des peaux flétries à travers lesquelles on comptait les côtes. Les enfants à la mamelle étaient dans un état de maigreur telle et leur décharnement était si grand que l’ on ne concevait pas comment ils vivaient encore ! Je me trouvai à une distribution d’aliments faite à ces malheureux esclaves pour leur souper. Je me rappelle que les portions d’ une nourrice d’ environ trente ans fut deux épis de maïs verts à demi formés».

Un deuxième arrêt peut s’avérer nécessaire avant l’arrivée aux îles. la malnutrition n’est pas seule en cause, le voyage se poursuit avec son cortège de maladies qui déciment aussi bien les esclaves que l’équipage : scorbut, dysenterie, variole, fièvres de toutes sortes, surtout la fièvre jaune. Aussi la mortalité est-elle grande à bord. Prenons l’exemple de L’ Iris, bateau parti de la Rochelle en 1784. Il charge 280 esclaves et en perd 125. Certains meurent à Porto Novo, port d’embarquement, d’autres pendant la traversée ou à l’escale de San Thomé. La mortalité est due au scorbut (62 décès), aux fièvres putrides et à la dysenterie.
La fièvre jaune peut anéantir toute une cargaison ; il aurait fallu, comme pour la variole, isoler les malades mais cela n’est pas possible étant donné l’entassement à bord. D’autres sont atteints d’ophtalmies graves. A cela s’ajoutent les filarioses, sans oublier les suicides fréquents à bord : beaucoup sont suscités par la peur. Certains croient même qu’on les a enlevés pour les manger, aussi a-t-on interdit de pratiquer des saignées à bord.


2) PENDANT LA TRAITE CLANDESTINE.
La traite est abolie par l’Angleterre en 1807. Le 8 février 1815, le Congrès de Vienne entérine le fait. Mais, c’est le 15 avril 1818 que la France l’interdit définitivement. Cependant la traite clandestine continue à approvisionner les Antilles, car les bénéfices sont exorbitants malgré les risques encourus. En 1824, sur une croisière de deux mois, les navires anglais visitent 19 navires négriers, dix sont français. Le droit de visite international leur est reconnu en 1831 et 1833, mais malgré les contrôles, la traite persiste jusqu’en 1865. Il semble que près de 540 navires français aient été interceptés et aient du interrompre leurs opérations. Il faut dire qu’on a peu de précisions car beaucoup de navires détruisent leurs papiers pour ne pas encourir de condamnations et les renseignements proviennent de lettres privées. On considère comme suspects 126 navires de Nantes entre 1824 et 1826.
Les conditions de voyage sont encore plus pénibles : le Vigilant de Nantes a emporté 361 esclaves :
- 106 femmes sont mises dans la chambre arrière sur 7 rangées ;
- 28 dans la chambre arrière sur 2 rangs ;
- 104 hommes sont mis à tribord et à bâbord sur des planches du faux pont volant ;
- 123 ont voyagé accroupis sur le faux pont fixe.
Sur d’autres bateaux, ils furent couchés sur le côté, les genoux de l’un emboîtant les jarrets de l’autre.
Selon Morénas, «c’ est moins d’ espace qu’un homme mort n’en occupe dans un cercueil. Il y en a beaucoup où ils sont obligés de rester sur les côtés repliés sur eux sans pouvoir s’étendre».
La place est donc réduite, les provisions en quantité moindre, l’eau manque le plus souvent.

Ainsi sur un brick parti du Havre le 24 janvier 1819, on ne dispose que d’un demi verre par personne et par jour. Les maladies continuent à décimer un grand nombre de captifs, souvent un sixième et même la moitié.
Il y a rarement un médecin à bord ; s’il y a moins de morts c’est que la traversée est moins longue vu qu’il n’y a plus d’escale de rafraîchissement. Mais la petite vérole, les fièvres, les vomissements, sans compter les cas d’asphyxie dus à l’atmosphère fétide régnant à bord, restent fréquents. Quand ils sont trop atteints, on leur donne du laudanum qui les endort pour toujours.

Louis Lacroix raconte l’odyssée du Brick parti du Havre le 24 janvier 1819 : il a embarqué 160 esclaves. Le 21 juin, il arrive à la Guadeloupe : 39 Noirs aveugles ont été jetés à la mer, 12 sont borgnes, 14 ont des atteintes très graves de la cornée. Les armateurs ont été dédommagés pour marchandise avariée !
Les suicides restent nombreux et quelquefois collectifs. On utilise un speculum oris pour écarter les mâchoires de ceux qui refusent de manger.
Certains n’hésitent pas à jeter à la mer leur cargaison quand ils sont pris en chasse par les Anglais ou ils l’abandonnent dans des embarcations de fortune pendant qu’ils prennent la fuite.

Il arrive qu’on en jette à la mer quand on craint de manquer de provisions. Une pétition de négociants français en 1826 assure que des capitaines de navires négriers jettent à la mer chaque année plus de 1500 esclaves vivants parce qu’ils sont trop mal portants pour être vendus avec avantage.

Napoléon Bonaparte et l'esclavage

"Comment a-t-on pu donner la liberté à des Africains, à des hommes qui n'avaient aucune civilisation, qui ne savaient seulement pas ce que c'était que colonie, ce que c'était que la France ? Il est tout simple que ceux qui ont voulu la liberté des Noirs, veuillent encore l'esclavage des Blancs. Mais encore croyez-vous que, si la majorité de la Convention avait su ce qu'elle faisait, et connu les colonies, elle aurait donné la liberté aux Noirs ? Non sans doute : mais peu de personnes étaient en état d'en prévoir les résultats, et un sentiment d'humanité est toujours puissant sur l'imagination. Mais à présent tenir encore à ces principes, il n'y a pas de bonne foi, il n'y a que de l'amour-propre et de l'hypocrisie. "
Napoléon Bonaparte

Il a pourtant rétabli l'esclavage* en 1802 alors que ce "crime contre l'humanité" avait été aboli par la convention nationale en 1794 (pendant la terreur ! sous Robespierre qui soit-dit en passant était fortement opposé à cette pratique). Il a installé son clan dans nombre de royaumes européens (Hortense et Louis Hollande pour Hortense et louis futurs parents de "Napoléon le petit", Espagne pour joseph, Naples pour Murat qui est le beau-frère. ), rétabli la monarchie avec l'empire, introduit un état policier, produit sa propagande (Il rédigeait parfois les articles élogieux à son égard dans les journaux de l'armée), le livret ouvrier (surveillance. Il y aura un livret d'un tel type en URSS) etc ... et je ne parle même pas de l'effroyable guerre d'espagne (femmes et enfants massacrés), du recul en ce qui concerne les droits des femmes, une certaine organisation militaire de l'Etat, la campagne de Russie ou bien l'Europe à feu et à sang.

*Pour avoir une idée, juste une image très édulcorée des conditions de vie des esclaves ==> (http://jeunecitoyen.wordpress.com/2013/10/07/comment-casser-une-femme-et-la-soumettre-comment-faire-des-etres-humains-des-esclaves-lynch/)

(http://jeunecitoyen.wordpress.com/2014/02/12/la-vie-sur-un-bateau-negrier/)

La vie est apparue spontanément selon une équipe de chercheurs anglais

FIRST LIFE OCEANrtage

VIE - Comment la vie est apparue sur Terre ? Voici la question ultime qui anime les biologistes du monde entier. Un chercheur de l'Université de Cambridge vient de trouver une surprenante réponse par hasard. La vie pourrait être apparue de manière complètement spontanée.
Alors qu'il menait un examen de routine dans son laboratoire, un chercheur anglais a en effet découvert des signes de vie dans un milieu où il ne devait pas en avoir. Jusqu'à présent, la communauté scientifique était d'accord sur un point : pour que la vie naisse, il fallait trouver de l'acide ribonucléique (ou RNA), seul acide capable de produire un métabolisme. Le métabolisme désigne une cascade de réactions dans les cellules qui produisent des matières premières nécessaires pour survivre.
Une découverte à laquelle les chercheurs ne s'attendaient pas
L'équipe de ce chercheur dirigée par Mark Rasler, étonnée d'un tel résultat, a décidé de répéter plusieurs fois l'expérience. Le département des sciences de la Terre de l'Université de Cambridge a même testé cette découverte dans un milieu reproduisant les conditions de l'océan archéen, un océan sans oxygène qui recouvrait la Terre il y a environ 4 milliards d'années. C'est au cours de l'ère archéenne que la vie est apparue sur notre planète.
"Au départ, nous espérions trouver une ou deux réactions, finalement les résultats ont été incroyables" explique Mark Ralser au New Scientist. "Nous avons pu reconstruire deux mécanismes métaboliques presque entièrement." Si ces deux "mécanismes métaboliques" ont pu se développer en l'absence d'acide ribonucléique, c'est que, selon l'équipe de Mark Ralser, la vie a pu commencer de manière spontanée.
Plusieurs zones d'ombre
Alors que la communauté scientifique imaginait un processus complexe pour que la vie apparaisse, cette naissance spontanée pourrait s'expliquer par la présence en grande quantité dans l'océan archéen de ions de métaux. Ces atomes qui ont perdu leur neutralité électrique ont pu catalyser (déclencher par leur seule présence) ces mécanismes métaboliques.
Il reste encore plusieurs zones d'ombre pour expliquer totalement la naissance de la vie. "Si vous regardez de nombreux organismes du monde entier, la chaîne de réactions qui a conduit à leur formation semble toujours très similaire, suggérant que tous ces organismes proviennent d'une époque très ancienne de l'histoire de l'évolution, sans que personne ne sache précisément quand ni comment" constate Mark Ralser.

L'âge d'or du monde arabe et son déclin

L’Âge d’or islamique est traditionnellement daté entre le milieu du viiie siècle et le milieu du xiiie siècle. Durant cette période, les artistes, ingénieurs, érudits, poètes, philosophes, géographes et commerçants du monde islamique ont fortement contribué à l'agriculture, aux arts, à l'économie, à l'industrie, au droit, à la littérature, à la navigation, à la philosophie, aux sciences, à la sociologie et aux technologies. La civilisation islamique, qui s'appropria d'abord l'héritage des mondes méditerranéen et indien antiques, développa en l'espace de quelques décennies à partir de 850 une culture originale, unifiée par la langue arabe, le commerce et la religion. Présente sur trois continents, elle s'épanouit sur un espace extrêmement vaste et joua ainsi un rôle crucial dans le maintien et la diffusion de la numération de position, des connaissances géographiques et astronomiques, et enfin des œuvres philosophiques de l'Antiquité3. Howard R. Turner écrit : « Les artistes et scientifiques musulmans, les princes et les travailleurs ont fabriqué ensemble une culture unique qui a directement et indirectement influencé les sociétés sur les autres continents. »

L'invasion mongole et le déclin

Si les Croisades avaient déjà accablé le monde musulman aux xie et xiie siècles, un fléau bien plus terrible s'abattit au cours du xiiie siècle : en 1206, Genghis Khan porta à la tête des Mongols d’Asie centrale une dynastie puissante. Au cours des décennies suivantes, l'Empire mongol conquit la plus grande partie de l'Eurasie, dont la Chine à l'Est et l'essentiel de l'ancien califat (ainsi que le territoire des Rus' de Kiev) à l'Ouest. Les historiens adoptent traditionnellement la destruction de Bagdad par les hordes de Hulagu Khan en 1258 comme date de la fin de l’Âge d'or. Les chefs mongols postérieurs, tels Tamerlan, détruisirent des dizaines de villes, massacrèrent des centaines de milliers d'hommes, et ruinèrent à jamais les systèmes d'irrigation antiques de Mésopotamie. Les Musulmans des terres conquises par les Mongols devaient dorénavant se prosterner vers le nord-est et la route de la soie, plutôt que vers La Mecque.

La plupart des tribus mongoles établies au Moyen-Orient finirent par se convertir à l’Islam et s'assimilèrent aux turkmènes. L’Empire ottoman finit par renaître de ses cendres, mais l'âge d'or était révolu.

L'Afghanistan d'aujourd'hui, qui faisait partie à l'époque de l'Empire Perse, trait d'union entre l'Inde et la Grèce.

Au Moyen-âge, le monde arabe, trait d'union entre la Grèce et l'Occident. Les principaux points de contacts : La Sicile et l'Espagne à partir du 11ème siècle avec la reconquête de l'Espagne par Alphonse VI qui a démarré avec la prise de Tolède en 1085.


Les voies du salut selon Pascal

Sur le ton du regret, Malebranche fit un jour cette remarque: nous sommes certes capables de parvenir à des connaissances assurées, mais c’est avant tout dans des domaines dévolus aux sciences «dures» (mathématiques, physique, astronomie, etc.) et où nous ne nous trouvons pas, existentiellement parlant, très impliqués; en revanche, dès que nos interrogations portent sur des questions qui engagent le sens de nos vies, notre pratique, notre bonheur, tout se complique, l’incertitude et l’obscurité dominent. C’est semble-t-il et exemplairement le cas lorsque nous nous demandons si Dieu existe – Pascal, à la fois grand chrétien et scientifique génial, parlait ainsi, après la Bible (Isaïe), d’un «Dieu caché». Une semblable, indéniable et tenace opacité ne nous invite-t-elle pas à changer notre manière ordinaire d’aborder cette question? Pascal l’a cru.

Le fragment des Pensées appelé communément le «pari» met en scène un dialogue entre un locuteur, qui figure probablement Pascal lui-même, et un incroyant, un «libertin» disait-on au XVIIesiècle. Les deux protagonistes décident d’aborder la question de l’existence de Dieu selon les «lumières naturelles», c’est-à-dire en excluant le recours à toute révélation et en n’admettant aucune autre conclusion que celles auxquelles conduit l’usage de la raison humaine. Une sorte de coup de théâtre philosophique intervient alors, puisque Pascal considère, ou concède d’emblée, que l’existence de Dieu n’est pas objet de connaissance rationnelle. Autrement dit, les fameuses «preuves de l’existence de Dieu» sont inopérantes: et voilà, chez un auteur pourtant réputé favorable au christianisme, des siècles et des volumes de «théologie naturelle» balayés d’un trait de plume!

Le champ de la discussion étant ainsi délimité, Pascal opère le déplacement de problématique qui va faire passer son argument à la postérité: il abandonne le terrain de la démonstration rationnelle (les preuves de l’existence de Dieu) pour celui de l’argumentation raisonnable (le pari). Au lieu de poser la question de l’existence de Dieu en termes de vérité et de fausseté, ou de s’interroger sur le caractère théoriquement bien ou mal fondé de la croyance en cette existence, il demande à son interlocuteur: face à cette question, qu’as-tu intérêt à croire, quel est pour toi le parti le plus raisonnable dans la perspective d’une éventuelle survie après la mort?
La conclusion paraît claire: c’est notre intérêt bien compris de parier que Dieu existe, puisqu’alors, comme le synthétise Pascal en une phrase fulgurante, «si vous gagnez vous gagnez tout [on dirait aujourd’hui: jackpot!], et si vous perdez vous ne perdez rien» (et symétriquement: en pariant que Dieu n’existe pas, si vous gagnez vous ne gagnez rien, et si vous perdez vous perdez tout).

Cet argument est, en son genre, assez énervant. Voltaire, parmi d’autres, ne cacha d’ailleurs pas sa mauvaise humeur – manifestant peut-être par là que Pascal, à sa façon, touche juste et déstabilise: «[ce pari] paraît un peu indécent et puéril; cette idée de jeu, de perte et de gain, ne convient point à la gravité du sujet. […] L’intérêt que j’ai à croire une chose n’est pas une preuve de l’existence de cette chose. Si vous voulez me convaincre, prenez-vous-y d’une autre façon, et n’allez pas tantôt me parler de jeu de hasard […] et tantôt m’effrayer par les épines que vous semez sur le chemin que je veux et que je dois suivre» (Lettres philosophiques).

Et il est assurément difficile de se départir de la tenace impression qu’il y a là une entourloupe intellectuelle, qu’on se «fait avoir» quelque part. Mais il est malaisé de déterminer où et comment. En tout cas, on n’a pas affaire ici à une apologie, en matière religieuse, du «choix irrationnel», arbitraire, injustifié ou injustifiable. Au contraire, l’argument (dont il faudrait étudier précisément les différents aspects: existentiel, psychologique, mathématique) consiste en un calcul raisonné, une réflexion fine sur le rapport des termes en présence, sur la probabilité et la nature des gains escomptés.

Sur quoi parie-t-on?
L’argument pascalien n’invite pas à parier sur la seule «existence de Dieu» sans préciser davantage les caractéristiques de ce dernier. Il conduit à parier sur une figure de la divinité dotée de certaines propriétés précises, c’est-à-dire, en première approximation, sur «l’existence d’un Dieu, qui, après la mort, récompense ou punit les choix que les humains ont faits à son sujet durant leur vie, en adoptant ou pas les façons de vivre qui découlent de ce choix». Pascal pense évidemment ici au Dieu chrétien dans sa version catholique, celui avec lequel il croyait être entré en contact affectif, intime, «mystique» peut-être, lors de la fameuse nuit du 23novembre 1654 dont témoigne le Mémorial retrouvé cousu dans son habit à sa mort. Mais si on le considère de façon isolée, en faisant abstraction de ce que les Pensées expliquent sur le Christ et le christianisme, cet argument peut aussi amener à parier sur le Dieu de l’islam, et peut-être, sur celui du judaïsme.

Faut-il parier?
Vers le milieu du texte, le libertin tente d’échapper à l’alternative que lui présente Pascal (vous devez parier: Dieu existe, ou n’existe pas) par l’adoption d’une position de type agnostique, celle qui consiste à suspendre son jugement sur la question de l’existence de Dieu: «Le juste [le plus raisonnable] est de ne point parier.» Pascal répond: «Oui; mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué.» Il est malaisé de comprendre pourquoi Pascal affirme ainsi «qu’il n’y pas le choix», que le pari constitue une obligation à laquelle on ne peut se soustraire. Certains invoquent des explications de type existentiel: la question de l’existence de Dieu serait de celles qu’on «ne peut pas ne pas se poser», il serait inévitable de la «rencontrer» et de «l’affronter». Il semble plus convaincant de penser que Pascal estime qu’il existe des situations où l’abstention, le refus d’entrer dans le jeu, sont équivalents à la sélection d’un des termes du pari. C’est pourquoi le libertin, une fois informé des termes du pari, se retrouve «embarqué»: choisir délibérément, en connaissance de cause, de ne pas choisir, c’est choisir de vivre comme si Dieu n’existait pas, ce qui reconduit, pratiquement parlant, au cas de la personne qui parie sur l’inexistence de Dieu.

Pascal se révèle décidément un interlocuteur coriace… et agaçant.

Pourquoi parier?
En travaillant sur ce texte, certains de mes étudiants ont eu cette réaction, présentée comme une critique: il est anormal, et même choquant, d’aborder ainsi la question de la croyance religieuse sous un angle intéressé. En effet, une foi digne de ce nom doit être pure de tout intérêt individuel et ne pas se trouver motivée, comme l’est le pari proposé par Pascal, par la recherche du plaisir ou du bonheur personnels (en l’occurrence ceux visés pour «l’autre vie»). Cette critique méconnaît une dimension essentielle du christianisme que ce texte de Pascal met au jour de façon frappante.

Les humains sont des êtres de désir, en tant que tels attachés à leur jouissance et soucieux d’éviter des souffrances inutiles ou trop intenses. Pourquoi le domaine de la croyance religieuse serait-il déconnecté de ces dimensions fondamentales de l’affectivité et du psychisme humains? Pourquoi, dès qu’il est question de religion, les questions si importantes de la délectation et de l’intérêt bien compris deviendraient-elles vides de sens? Le «pari» postule qu’il n’en est rien et c’est précisément pour cette raison – parce que, bien davantage que les «preuves» de l’existence de Dieu, il interpelle et engage des aspects essentiels de notre humanité désirante – que cet argument se révèle troublant: si nous parions, ou sommes tentés de le faire, c’est parce que nous cherchons le plaisir et le bonheur, et fuyons le déplaisir et le malheur. Pascal rappelle donc à sa façon ce fait souvent oublié aussi bien par les non-chrétiens que par les chrétiens eux-mêmes, marqués qu’ils sont par un rigorisme austère mâtiné d’une exigence de respect inconditionnel du devoir venue du kantisme: le christianisme est fondamentalement une affaire de gens intéressés, qui n’agissent pas avant tout pour faire leur devoir, ni même pour obéir à Dieu, mais dans le but d’obtenir un bonheur qui représente selon eux le maximum de jouissance possible. Ou encore: les chrétiens sont des gens dont le projet fondamental consiste à s’envoyer en l’air davantage et bien mieux encore que nous ne pourrons jamais nous y envoyer en cette vie, et pour les siècles des siècles, amen!

Et ma vie dans tout ça?
Le «pari» proposé par Pascal ne se réduit pas à la proclamation unique et ponctuelle de la croyance en «l’existence d’un Dieu, qui, après la mort, récompense, etc.». Il implique également que celui qui parie modifie son «style de vie» pour le rendre cohérent avec le pari effectué, c’est-à-dire décide de vivre «en chrétien», notamment en respectant les préconisations de la morale chrétienne. Or cette dernière, telle qu’on l’entend à l’accoutumée, prône une certaine austérité dans l’usage des plaisirs de l’existence (sexe, nourriture, argent). Pour un libertin habitué à jouir sans entrave ni remords de ces plaisirs, il y a là une difficulté: parier, c’est semble-t-il renoncer à des régals effectifs dans la vie réelle, au nom d’une autre vie ou d’un arrière-monde dont l’existence demeure incertaine. Plus encore une sorte d’«oubli de la vie» ne grève-t-il pas l’argument du pari, en raison de la façon dont il évalue l’existence présente dans la perspective d’une éternité («infini») qui la surplombe et la réduit à un quasi néant («rien»), la vide de toute importance et de toute signification? «Si vous gagnez vous gagnez tout, et si vous perdez vous ne perdez rien»: que si, a-t-on envie de rétorquer, j’y perdrai à coup sûr un certain nombre de bons moments, peut-être même ma vie!
«Il n'est pas impossible que Pascal lance ainsi un défi aux actuels “libertins”, enfants de l'Occident et du capitalisme mondialisé, mais aussi aux chrétiens eux mêmes»

L’une des réponses de Pascal à cette objection est esquissée à la fin du fragment: «Or quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti [c’est-à-dire en pariant sur Dieu et en vivant en chrétien]? Vous serez [ou tenterez d’être] fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami sincère, véritable. […] Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie.» Il n’est pas interdit de déceler une pointe d’humour dans cette adresse pascalienne: eh oui! Vous serez catho! Est-ce si terrible? Mais la question mérite d’être sérieusement posée: que perdrait le libertin, ou le libertin en nous, à se conduire en honnête chrétien? Peut-être certaines courbettes devant les présumés puissants de ce monde, et sans doute quelques gueules de bois («plaisirs empestés», écrit Pascal) ou orgasmes – mais s’il suffisait pour réussir sa vie d’enfiler les honneurs, les cuites et les explosions de volupté comme d’autres des perles, cela se saurait. Sur le fond, Pascal invite donc à voir dans le christianisme une réponse envisageable à la question de la «vie bonne», une forme de vie ou une option existentielle positive qui mérite qu’on envisage de «parier» sur elle. Pourquoi avons-nous du mal à entendre ce dernier argument? Probablement parce que les chrétiens ont offert et offrent encore de leur religion une image qui n’est pas des plus appétissantes: une doctrine culpabilisante, souvent compromise avec les pouvoirs en place, attachée à réprimer le désir tenu pour corrompu, dont l’expression se fait en général sur le mode d’un catalogue d’interdits vétilleux, un moralisme conformiste et grognon qui suinte la tristesse, la cagoterie et la vie lasse d’elle-même. Le Zarathoustra de Nietzsche disait des chrétiens: «pour que j’apprenne à croire à leur Sauveur, il faudrait que ses disciples aient un air plus sauvé». Il n’est pas impossible que le «pari» de Pascal lance ainsi un défi non seulement aux actuels «libertins», enfants de l’Occident et du capitalisme mondialisé, mais aussi aux chrétiens eux-mêmes: s’ils veulent qu’on parie sur leur Dieu, il faudra qu’ils en donnent davantage envie, et qu’ils aient en particulier l’air plus joyeux. Ce qui ne serait jamais qu’un retour à un thème – la joie – que le Christ plaça au cœur de son enseignement.

D’autres paris?
En prenant quelques libertés par rapport à la logique propre de l’argument pascalien – qui repose avant tout sur le thème du rapport entre l’infini et le fini –, on peut enfin se demander si, hors du champ religieux, d’autres paris sont envisageables au nom de considérations analogues à celles (on a peu, ou rien, à perdre, et beaucoup, ou tout, à gagner) proposées par Pascal. Sur un plan collectif, peut-être l’humanité (occidentale, au moins) se retrouve-t-elle, en ce début du XXIesiècle, dans une situation où son intérêt bien compris serait d’effectuer une sorte de «pari écologique», en changeant radicalement sa manière d’habiter le monde, quitte à renoncer à un certain, ou prétendu, confort présent. Au niveau individuel, une problématique comparable sous-tend ces engagements où l’on joue «sa vie entière» en vue d’un grand bien désiré, sans être assuré de la validité du choix qu’on opère et des conséquences de ce à quoi on s’engage. Dans L’Amour et l’Occident, Denis de Rougemont [philosophe et écrivain suisse (1906-1985)] suggère ainsi que la décision de se marier «pour la vie» s’apparente en son fond à un pari. Puisqu’un des noms que la Bible donne au Dieu de Pascal est «amour» (Première lettre de Jean), l’auteur des Pensées et Denis de Rougemont défendent sans doute la même thèse: ce qui mérite et justifie que nous nous lancions dans des paris un peu fous, c’est avant tout le grand amour.

Par DENIS MOREAU dans Philosophie magazine
Philosophe, il enseigne à l’université de Nantes. Spécialiste de Descartes (lire son ouvrage Dans le milieu d’une forêt. Essai sur Descartes et le sens de la vie, Bayard, 2012) et de la pensée du XVIIe siècle, il a analysé le pari pascalien dans Les Voies du salut (Bayard, 2010). Après avoir codirigé un imposant Dictionnaire des monothéismes (avec Cyrille Michon, Seuil, 2013), il publiera en septembre un essai sur le mariage, Des unions (Seuil).

Natalie Dessay & Delphine Haidan - "Flower duet" from Lakme



Lakmé et Malika ensemble

Sous le dôme épais où le blanc jasmin à la rose s'assemble,
Sur la rive en fleurs, riant au matin,
Viens, descendons ensemble.
Lentement glissons, sur le flot charmant,
Et d'une main nonchalante
Ridons doucement
L'onde frémissante ;
Viens, gagnons le bord
Où la source dort,
Où I'oiseau chante !

Lakme

Mais je ne sais quelle crainte subite
S'empare de moi,
Quand mon père va seul à leur ville maudite,
Je tremble d'effroi !

Mallika

Pour que le dieu Ganesh le protège,
Jusqu'à I'étang ou s'ébattent joyeux
Les cygnes aux ailes de neige,
Allons cueillir les lotus bleus !

Lakmé et Malika ensemble

Sous le dôme épais où le blanc jasmin à la rose s'assemble,
Sur la rive en fleurs, riant au matin,
Viens, descendons ensemble.
Lentement glissons, sur le flot charmant,
Et d'une main nonchalante
Ridons doucement
L'onde frémissante ;
Viens, gagnons le bord
Où la source dort,
Où I'oiseau chante !

Natalie Dessay - Lakmé - "Air des clochettes"



Lakme
Où va la jeune hindoue,
Fille des parias,
Quand la lune se joue
Dans les grands mimosas ?
Elle court sur la mousse.
Et ne se souvient pas
Que partout on repousse
L'enfant des parias !
Le long des lauriers roses,
Elle passe sans bruit.
Rêvant de douces choses
Et riant à la nuit !

La-bas, dans la forêt plus sombre.
Quel est ce voyageur perdu ?
Autour de lui des yeux brillent dans I'ombre,
II marche encore au hasard, éperdu.
Les fauves mugissent de joie,
lis vont se jeter sur leur proie.
La jeune fille accourt et brave leurs fureurs,
Elle a dans sa main la baguette
Où tinte la clochette
Des charmeurs !

L'étranger la regarde, elle reste éblouie,
II est plus beau que les Rajahs !
Hélas ! il rougira s'il sait qu'il doit la vie
A la fille des parias !
Mais lui, rendormant dans un rêve.
Jusque dans le ciel il I'enlève
En lui disant: "Ta place est là !"
C'était Vichnou, fils de Brahma !
Depuis ce jour au fond des bois,
Le voyageur entend parfois
Le bruit léger de la baguette
Où tinte la clochette
Des charmeurs !




Lettre d'Einstein à son fils: " Tu as un père qui t'apprécie et qui t'aime"

Albert Einstein, l'un des plus éminents scientifiques du 20e siècle, dont les travaux ont changé le monde à jamais et la personnalité attachante a conquis la planète entière, entretenait des relations distantes voire parfois hostiles avec ses enfants. Leur éducation restait cependant un sujet sacré comme en témoigne cette lettre pleine de conseils paternels à son fils Hans-Albert, rappelant l'importance cruciale du plaisir d'apprendre.
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1915
Mon Cher Albert,
J'ai reçu hier ta gentille lettre et j'en étais très heureux. J'avais déjà peur que tu ne m'écrives pas du tout. Tu m'as dit quand j'étais à Zurich, que c'est gênant pour toi quand je viens à Zurich. Pour cette raison, je pense qu'il serait mieux que nous nous retrouvions à un autre endroit, où personne ne nous gênera. En tous cas, j'insiste sur le fait que nous devrions passer un mois entier ensemble chaque année, pour que tu comprennes que tu as un père qui t'apprécie et qui t'aime. Tu pourras apprendre beaucoup de choses bien et belles grâce à moi, des choses que d'autres (personnes) auront plus de mal à t'offrir. Ce que j'ai accompli à travers mon long et laborieux travail ne devrait pas uniquement servir à des étrangers mais devrait servir en particulier à mes petits garçons. J'ai terminé ces jours-ci l'une des plus belles œuvres de ma vie, je t'en parlerai, quand tu seras plus grand.
Je suis très heureux que tu sois content de jouer du piano. Cette occupation et la menuiserie sont, de mon point de vue, les meilleurs passe-temps possibles à ton âge, ils sont bien plus importants que l'école. Car ce sont des choses qui conviennent très bien à un jeune garçon comme toi. Joue surtout des choses qui te plaisent, même si ton professeur ne te les propose pas. C'est comme ça qu'on apprend le mieux, quand on fait quelque chose avec tellement de plaisir qu'on ne voit pas le temps passer. Je suis parfois tellement absorbé dans mon travail que j'en oublie le repas de midi...
Embrasse bien Tete.
Papa
Mes respects à Maman.

Le Zoroasatrisme : aux racines des religions monothéistes

"Zoroastrianism is the oldest of the revealed world-religions, and it has probably had more influence on mankind, directly and indirectly, than any other single faith." 

"Zoroaster was thus the first to teach the doctrines of an individual judgment, Heaven and Hell, the future resurrection of the body, the general Last Judgment, and life everlasting for the reunited soul and body. These doctrines were to become familiar articles of faith to much of mankind, through borrowings by Judaism, Christianity and Islam; yet it is in Zoroastrianism itself that they have their fullest logical coherence....”

Mary Boyce, Zoroastrians: Their Religious Beliefs and Practices (London: Routledge and Kegan Paul, 1979, p. 1)

Les animaux reconnus comme des "êtres doués de sensibilité

Jusqu'à maintenant, le Code civil considérait les animaux comme "des biens meubles".

La commission des Lois de l'Assemblée nationale reconnaît aux animaux la qualité "d'être vivants doués de sensibilité". (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)La commission des Lois de l'Assemblée nationale reconnaît aux animaux la qualité "d'être vivants doués de sensibilité". (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

La commission des Lois de l'Assemblée nationale a reconnu mardi 15 avril aux animaux la qualité "d'être vivants doués de sensibilité", alors que jusqu'à maintenant le Code civil les considérait comme "des biens meubles", selon une source parlementaire.

Cette modification législative fait l'objet d'une pétition lancée il y a près de deux ans par la fondation de protection animale 30 millions d'amis, et qui a reçu le soutien de plusieurs intellectuels.
 
La commission a adopté un amendement socialiste en ce sens, dans le cadre d'un projet de loi de modernisation et de simplification du droit, qui sera soumis au vote dans l'hémicycle, mardi soir et mercredi.

Concilier le juridique et l'affectif

Actuellement, le code rural et le code pénal "reconnaissent, explicitement ou implicitement, les animaux comme des êtres vivants et sensibles" mais pas le Code civil, explique les auteurs de l'amendement, au premier chef le député PS des Hautes-Pyrénées Jean Glavany.
L'amendement doit permettre, selon eux, de "concilier la qualification juridique et la valeur affective" de l'animal. "Pour parvenir à un régime juridique de l'animal cohérent, dans un souci d'harmonisation de nos différents codes et de modernisation du droit, l'amendement donne une définition juridique de l'animal, être vivant et doué de sensibilité, et soumet expressément les animaux au régime juridique des biens corporels en mettant l'accent sur les lois spéciales qui les protègent".

89% des français y sont favorables

89% des Français sont favorables à une telle modification du Code civil, selon un sondage Ifop réalisé fin octobre pour 30 millions d'amis. A la même période, une vingtaine d'intellectuels, philosophes, écrivains, historiens et scientifiques français se sont également prononcé en ce sens.
Il s'agit notamment des philosophes Michel Onfray et Luc Ferry, de l'écrivain Erik Orsenna, de l'Académie française, de l'astrophysicien Hubert Reeves, président de Humanité et Biodiversité, et de Matthieu Ricard, moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire.

Révélations sur la femme de Jésus


La relation entre Jésus de Nazareth et Marie Madeleine demeure une source de débats vifs dans le monde chrétien. Un papyrus comportant huit lignes en copte ancien a été présenté à Rome en 2011, lors d'un important congrès scientifique. Il serait vieux de 1600 ans. Le Vatican nie la véracité des propos que l'on peut y lire. En effet, le texte indique que Jésus aurait eu une femme. On est donc loin de l'image de la prostituée repentie véhiculée en Occident. Les chercheurs estiment que la variété des sources trouvées traduit la diversité de courants de pensée parmi les premiers chrétiens. D'autres papyrus ont été découverts en Egypte au cours du siècle dernier. L'Eglise les considère comme hérétiques.

Abdul Rassul Sayyaf, le milliardaire de Kaboul

Afghanistan. Candidat à la présidence, Abdul Rassul Sayyaf est milliardaire, criminel de guerre, et fut l’ami de Ben Laden. Récit d’un parcours hors-norme.

Paru dans Le Point, le 3 avril. Par Emmanuel Derville, à Kaboul.
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Il vient d’apparaître sur l’allée couverte de tapis rouges qui mène à la tribune. Ses supporteurs l’acclament, scandent des « Gloire à Dieu » et des « vive Sayyaf ». Abdul Rassul Sayyaf les salue à peine. Il s’avance avec dédain, emmitouflé dans son élégant manteau noir. Ses bottines brunes fraîchement cirées brillent, malgré la pluie et la boue. En ce 14 mars, ils sont 3000 à s’entasser sur une esplanade battue par le vent et une averse glaciale, sur la plaine de Shamali, à 50 km de Kaboul. L’homme qu’ils ont attendu deux heures sans broncher, est candidat à l’élection présidentielle du 5 avril, et l’une des premières fortunes afghanes. Un parcours étonnant pour ce fils d’officier issu d’un milieu modeste.

Animal, mon prochain




« Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les Animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires… »

Boris Cyrulnik

Un petit cours de dessein

Il n'y a rien de choquant à ce l'on puisse penser que l'univers étant une création, il existe quelque part un créateur. Cela est du domaine de la conviction de chacun, conviction qui, dès lors qu'elle ne repose en rien sur une preuve, ou même sur une présomption, exclue toute forme de rationalité. Ce qui est plus embarrassant, c'est quand l'expression de cette conviction, une fois formalisée et théorisée par les religions, entend faire passer la science par les fourches caudines du dogme. Si les scientifiques ne contestent pas que l'évolution des espèces ait été le fruit de règles précises, ils considèrent également que le hasard a joué un rôle déterminant dans un parcours très éloigné d'un chemin qui aurait été tracé à l'avance. Le hasard n'a cessé d'être présent au cours de ce long chemin chaotique qui a abouti à notre existence.


Même si une collision frôlant la destruction totale de notre planète bien avant l'apparition de la vie avec une planète de la taille de Mars il y a 4,4 milliards d'années reste une hypothèse, les cinq épisodes de destruction massive qui auraient pu mettre fin à toute vie sur notre planète sont eux une réalité. 


Par exemple, il y a 252 millions d'années la terre a connu l'extinction massive du Permien qui a éradiqué 95% des espèces vivantes.

Aurais-je écris cet article et le liriez-vous si, il y a 65 millions d'années, une météorite, n'avait, par le plus grand des hasard, anéantie les dinosaures laissant enfin le champ libre aux mammifères que nous sommes ?
Nous sommes là bien loin de l'évolution linéaire allant de la bactérie à l'homme qui aurait du se produire si elle avait été le fruit d'un dessein divin.


A l'occasion de récents débats sociétaux, on a vu réapparaître l'hypothèse créationniste affirmant l'existence de lois naturelles ne pouvant souffrir la moindre transgression. C'est oublier un peu vite que l'évolution de la vie a essentiellement répondu aux deux règles que sont le hasard et la nécessité. Si la division cellulairea permis à des formes de vie simples une reproduction rapide, elle comporte deux inconvénients majeurs: une altération génétique se répercutera sur l'ensemble des descendants, et, les mutations qu'elle autorise sont limitées.


La reproduction sexuée, bien que moins efficace puisque nécessitant la présence d'un partenaire, a permis de pallier aux déficiences génétiques par le mélange des chromosomes tout en donnant une possibilité d'adaptation sans précédent des différentes formes de vie à leur environnement.


On pourrait comparer la reproduction sexuée au billard. Plus le nombre de gènes augmente, plus il y a de boules sur la table. Au-delà d'un certain seuil, le joueur ne sera plus en mesure de calculer les conséquences de son coup tant les possibilités seront multiples. Mais, plus le nombre de boules augmente, plus le nombre de "poches" sur les bords de la table s'accroît également, tout comme la chance qu'auront les boules de tomber dans ces trous. De la même façon, cette augmentation des combinaisons possibles produira une grande variété d'individus, certaines mutations aboutiront à une évolution alors qu'un grand nombre d'autres, parce qu'inadaptées à leur milieu, s'avéreront sans issue tout comme les boules de billard tombant dans les trous de la table.


Debussy - Prélude à l'après-midi d'un faune



Le Prélude à l'après-midi d'un faune est une œuvre symphonique de Claude Debussy, composée entre 1892 et 18941. Le faune est une créature légendaire de la mythologie romaine. Il est proche des satyres de la mythologie grecque.
Debussy écrit à propos de cette pièce : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend nullement à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt des décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves d'un faune dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au soleil enivrant, rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l'universelle nature. »
C'est une des œuvres les plus connues de Debussy, dont le succès fut immédiat, et qui constitue le plus bel exemple de la musique impressionniste.

Félix Mendelssohn - Ein Sommernachtstraum (Le Songe d’une nuit d’été)







Ein Sommernachtstraum (Le Songe d’une nuit d’été en français) est une ouverture (op. 21) et une musique de scène (op. 61) de Felix Mendelssohn. Figurant parmi ses œuvres les plus célèbres, elles ont été composées pour la comédie de William Shakespeare, A Midsummer Night’s Dream. Ici la marche nuptiale.

Smetana - La Moldau



La Moldau
Poème symphonique de Bedrich Smetana (1824- 1884) est un musicien tchèque qui a exalté le sentiment national de son pays.

Situation de l'oeuvre
La Moldau est un poème symphonique écrit pour grand orchestre par le compositeur Bedrich Smetana. Le poème symphonique est une pièce inspirée par une idée extramusicale comme un poème, un tableau, une description de paysage.
Le poème symphonique fait partie de la musique à programme qui comprend aussi l'ouverture, la musique de scène, accompagnant une pièce de théâtre, la musique de film.

Analyse de l’œuvre
Le poème symphonique de Smetana dépeint le cour de la rivière Moldau ( en Tchèque Vltava) de sa source jusqu'à son confluent ,avec l’Elbe ainsi que les paysages traversés et les scènes se déroulant sur ses rives. Le compositeur a noté ses intentions sur la partition.

1. Naissance de la Moldau
Imaginez, descendant de quelque colline, un petit ruisseau, frais et limpide, qui saute de rocher en rocher : Flûte + cordes (pizzicati)
La flûte joue le thème de la source
Les violons et la harpe accompagnent en pizzicati.
Un autre ruisseau se joint à lui. Voici d'autres torrents : Deuxième flûte
Et voilà formée la rivière, impétueuse et bondissante, écumant aux rochers. Elle dévale toujours fièrement la pente : Thème I aux violons

2. Chasse dans la forêt : 3'15
La rivière est bordée maintenant par d'immenses forêts, dans lesquelles résonnent les échos d'une chasse à courre : Cuivres et violons
Les sonneries de la chasse sont jouées par les cors et les trompettes.
En même temps, les cordes continuent à dépeindre le débit de la rivière.
Puis la forêt s'éloigne. Après un brusque détour vers le nord, la Moldau traverse une plaine infinie. En diminuant

3. La noce campagnarde : 4'15
Les invités d'une noce dansent.
Mais le village s'éloigne à son tour. En diminuant

4. Clair de lune -jeux de nymphes : 5'46
La mélodie est jouée très doucement par les cordes ; les flûtes et les clarinettes évoquent le flot de la Moldau.
Les reflets de la lune provoquent un merveilleux scintillement sur la surface de l'eau. Curieuses, des fées accourent et dansent avec les reflets : Flûte, violons et harpe

5. Les rapides de Saint-Jean : 9'48
Dans les gorges de Saint-Jean, la rivière accélère sa course; l'eau tourbillonnante est dépeinte par les cordes, les rochers contre lesquels elle se jette, les chutes sont représentés par les cuivres : un effet d'effroi est donné par les notes stridentes du piccolo.
Or, voilà que son lit se rétrécit singulièrement : Cuivres
Vous comprenez maintenant pourquoi la Moldau bouillonne aussi furieusement en pénétrant dans ces gorges, profondes parfois de 300 mètres. Elle traverse les rapides de Saint-Jean : Avec timbales et orchestre (fort)

6. La Moldau élargit son cours : 11'23
Le thème principal revient mais dans la tonalité majeure. Smetana veut montrer la grandeur majestueuse du château et de la cathédrale de Prague au pied desquels passe la Moldau.

7. La Moldau se jette dans l'Elbe :
Les accords de l'orchestre sont de plus en plus amples. On entend un decrescendo. Deux accords fortissimo terminent cette oeuvre.
Mais le jour va se lever et dès les premiers rayons du soleil, la rivière reprend fièrement son cours : Cuivres En augmentant
Elle a gagné en largeur et la puissance de ses flots (bien que plus calmes) est toujours aussi impressionnante : Thème + aux violons
Mais voici de nouveau l'air libre. Et la rivière, plus fièrement que jamais, se prépare à entrer dans la capitale: Prague. En diminuant T: hème 1 en tonalité majeure
Elle sait être solennelle en passant devant l'imposant palais aux mille fenêtres : Accords de l'orchestre
Mais voici l'Elbe, adieu Prague ! L'histoire de la Moldau est finie : Cordes en diminuant