En voilà un air délicat, émouvant et en même temps bien triste… Qu’est ce qui peut bien rendre si sombre la pauvre Barberine ? Et bien, elle a perdu… une épingle ! Hors contexte, cela peut paraître étrange… En fait, il s’agit de l’épingle qui fermait une lettre proposant un rendez-vous galant, et qui devait être rapportée à l’auteur de celle-ci comme preuve qu’on avait l’avait bien lue… Barberine, la fille du jardinier, avait ainsi été chargée par le comte, destinataire de la lettre, de porter cette épingle à l’expéditeur (sa femme, se faisant passer pour une autre dans le but de confondre son mari…bref…); elle se trouve donc bien désolée de l’avoir perdue… Ce qui donne l’occasion à Mozart de composer l’un des airs les plus beaux qu’il lui ait été donné d’écrire, pour notre plus grand plaisir
lundi 13 août 2012
Mozart - Les noces de Figaro - Barberine a perdu une épingle...
En voilà un air délicat, émouvant et en même temps bien triste… Qu’est ce qui peut bien rendre si sombre la pauvre Barberine ? Et bien, elle a perdu… une épingle ! Hors contexte, cela peut paraître étrange… En fait, il s’agit de l’épingle qui fermait une lettre proposant un rendez-vous galant, et qui devait être rapportée à l’auteur de celle-ci comme preuve qu’on avait l’avait bien lue… Barberine, la fille du jardinier, avait ainsi été chargée par le comte, destinataire de la lettre, de porter cette épingle à l’expéditeur (sa femme, se faisant passer pour une autre dans le but de confondre son mari…bref…); elle se trouve donc bien désolée de l’avoir perdue… Ce qui donne l’occasion à Mozart de composer l’un des airs les plus beaux qu’il lui ait été donné d’écrire, pour notre plus grand plaisir
Comment devient-on philosophe ?
On sait depuis Platon et Aristote que l’étonnement est la vertu philosophique par excellence. C’est l’étonnement qui est à l’origine de toute recherche, de toute réflexion. Platon fait dire par Socrate à Théétète (155d) : « c’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement que tu éprouves ». Aristote s’étonnait, pour sa part, dans la Métaphysique « de ce que les choses sont ce qu’elles sont ».
Par étonnement, les grecs entendaient la surprise et l’admiration que suscite le spectacle de la nature, la voûte céleste par exemple, l’unicité du vivant, les mécanismes de reproduction, la floraison régulière des plantes des plantes, ce qui proprement nous remplit les yeux par l’harmonie de ses lignes, de ses couleurs, par sa régularité, par cet équilibre improbable dont témoigne la nature dans toutes ses manifestations.
Dans le fil de cette tradition, Schopenhauer rappelle qu’avoir l’esprit philosophique, c’est ainsi « être capable de
s’étonner des évènements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’étude, ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire ».
Il y a déjà chez l’enfant, ce regard inquisiteur, à l’égard de l’ordinaire, du banal, de l’habituel. Avant même d’avoir le plein usage de la langue, l’enfant désigne à ceux qui l’entourent les objets de ses multiples interrogations. Devant les énigmes du monde auquel sa conscience l’éveille peu à peu, il éprouve un besoin impérieux de réponse. Mais l’étonnement enfantin reste encore tourné vers les objets qui lui sont extérieurs.
C’est à mesure que la raison se développe et s’empare d’un homme, que l’interrogation s’approfondit et revient sur celui qui la porte. Sans doute atteint-elle son point le plus pénétrant quand se fait jour en lui la conscience tragique de sa nature mortelle. « Excepté l’homme aucun être vivant ne s’interroge sur sa propre existence », or s’étonner de sa propre existence est la prise de conscience douloureuse de sa propre finitude, de sa mortalité. Montaigne disait en reprenant Cicéron: "que philosopher c'est apprendre à mourir" (Essais, I, 20).
Par étonnement, les grecs entendaient la surprise et l’admiration que suscite le spectacle de la nature, la voûte céleste par exemple, l’unicité du vivant, les mécanismes de reproduction, la floraison régulière des plantes des plantes, ce qui proprement nous remplit les yeux par l’harmonie de ses lignes, de ses couleurs, par sa régularité, par cet équilibre improbable dont témoigne la nature dans toutes ses manifestations.
Dans le fil de cette tradition, Schopenhauer rappelle qu’avoir l’esprit philosophique, c’est ainsi « être capable de
s’étonner des évènements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’étude, ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire ».
Il y a déjà chez l’enfant, ce regard inquisiteur, à l’égard de l’ordinaire, du banal, de l’habituel. Avant même d’avoir le plein usage de la langue, l’enfant désigne à ceux qui l’entourent les objets de ses multiples interrogations. Devant les énigmes du monde auquel sa conscience l’éveille peu à peu, il éprouve un besoin impérieux de réponse. Mais l’étonnement enfantin reste encore tourné vers les objets qui lui sont extérieurs.
C’est à mesure que la raison se développe et s’empare d’un homme, que l’interrogation s’approfondit et revient sur celui qui la porte. Sans doute atteint-elle son point le plus pénétrant quand se fait jour en lui la conscience tragique de sa nature mortelle. « Excepté l’homme aucun être vivant ne s’interroge sur sa propre existence », or s’étonner de sa propre existence est la prise de conscience douloureuse de sa propre finitude, de sa mortalité. Montaigne disait en reprenant Cicéron: "que philosopher c'est apprendre à mourir" (Essais, I, 20).
Beaumarchais/Mozart - Le mariage de Figaro
La Rosine du Barbier de Séville est devenue maintenant la comtesse Almaviva ; son mari, toutefois, est loin d'être un modèle de vertu. Il poursuit entre autres de ses assiduités la camériste de sa femme, Suzanne (Susanna), qui doit épouser Figaro entré au service du comte, et la fille de son jardinier, Barberine (Barbarina). Il est toutefois concurrencé par le page Chérubin (Cherubino), qui est amoureux de toutes les femmes et en particulier de la comtesse sa marraine. De son côté, la vieille Marceline (Marcellina), aidée du docteur Bartholo (Bartolo) et du maître de musique Bazile (Basilio), veut empêcher les noces de Suzanne et Figaro, car ce dernier lui a fait une promesse de mariage.
A la veille de la Révolution Française, une journée de la vie du petit monde d'un château : une journée de crise, un de ces moments où le temps semble courir plus vite. Les conflits de classes, mais aussi des sexes, y sont mis au jour, et par le mécanisme décapant d'une verve irrésistible, et par les jeux subtils, les chassés-croisés du désir et de l'amour, les alchimies du sentiment et du ressentiment.
Au cœur des Noces de Figaro, la musique de Mozart nous fait entendre la nostalgie des commencements, des enfances, des aurores du sentiment, lorsque rien n'est déjà fixé, que tout parait encore possible. Dans cette « folle journée », à des heures et sous des formes différentes, le trouble de Chérubin habitera chacun. Au portrait que Suzanne trace de Figaro : «j'aime ta joie parce qu'elle est folle, elle annonce que tu es heureux» fait écho le mot de Saint-Just «le bonheur est une idée neuve en Europe».
Pour aller plus loin, voir le site du CNDP sur cet opéra :
Le mariage de Figaro - Le texte de Beaumarchais
La version du Chef anglais John Elliot Gardiner, sous-titrée en anglais, ce qui permet de suivre l'intrigue :
La version du Chef anglais John Elliot Gardiner, sous-titrée en anglais, ce qui permet de suivre l'intrigue :
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