Au 1er siècle avant Jésus-Christ, un poète latin – disciple du philosophe Epicure – s’en prend avec violence à la passion. Aimer, dit-il, relève d’une forme de folie «car dans l'ivresse même de la possession l'ardeur amoureuse flotte incertaine et se trompe».
Le poète se nomme Lucrèce. La seule «biographie» qui nous soit parvenue de lui tient en trois lignes. Elles sont du moine Jérôme (347-420) : «Jeté dans la folie par un philtre d’amour, après avoir écrit quelques livres dans les intervalles de sa folie […], il se tua de sa propre main à l’âge de 43 ans.» Quelle ironie du sort. Lucrèce serait mort d’amour ?
Bref, on ne sait pas de quoi est mort Lucrèce. On sait juste qu’il est l’auteur d’un long et sublime poème sur La Nature du monde (De Natura Rerum), sans lequel il n’existerait pratiquement plus aucune trace d’une des plus importantes écoles philosophiques de l’antiquité : l’épicurisme , également appelé «l’École du Jardin», souvent confondu à tort avec l’hédonisme.