mardi 21 juillet 2015
Cette gauche qui n’ose pas critiquer l’islam
Depuis la révolution iranienne, je vois la gauche se débattre pour comprendre le retour du religieux. Chacune des grandes religions fait aujourd’hui l’expérience d’un retour ; cette foi retrouvée, loin d’être un opiacé, constitue un stimulant puissant. Depuis la fin des années 1970, et en particulier ces dix dernières années, c’est dans le monde musulman que ce stimulant agit avec le plus de force.
Du Pakistan au Nigeria, mais aussi dans certains pays d’Europe, l’islam est aujourd’hui une religion capable d’inciter un grand nombre d’hommes et de femmes à tuer ou à mourir en son nom. Certains d’entre nous tentent de répondre à cette situation mais, pour la plupart, échouent lamentablement. L’une des raisons de cet échec tient à la peur panique d’être traité d’« islamophobe ». L’antiaméricanisme et une forme radicale de relativisme culturel jouent également un rôle important, mais ce sont des pathologies anciennes.
L’apport de la civilisation arabo-musulmane à l’Occident ? C’est de l’humour ?
L’apport de la civilisation arabo-musulmane à l’Occident se résume à peu de choses. Le mythe de l’âge d’or scientifique de l’islam bat de l’aile, tout comme celui de l’âge d’or Andalou.
L’extrait ci-dessous, rédigé par un intellectuel palestinien, à priori objectif, vient confirmer.
« Non, l’Occident ne doit rien aux Arabes », tel était le titre d’une page du Courrier international du 29 juillet 2004 qui traduisait un texte de l’intellectuel palestinien Saqr Abou Fakhr tiré d’ « Ad Safir » à Beyrouth. On y apprend que « la civilisation arabe s’est éteinte avec la chute de Bagdad en 1258 », à la suite de laquelle les arabes cessèrent de créer et d’innover, excepté dans certains domaines limités et disparates.
« Non, l’Occident ne doit rien aux Arabes », tel était le titre d’une page du Courrier international du 29 juillet 2004 qui traduisait un texte de l’intellectuel palestinien Saqr Abou Fakhr tiré d’ « Ad Safir » à Beyrouth. On y apprend que « la civilisation arabe s’est éteinte avec la chute de Bagdad en 1258 », à la suite de laquelle les arabes cessèrent de créer et d’innover, excepté dans certains domaines limités et disparates.
La «gynécologie islamiste»
Qu’est-ce que la gynécologie islamiste? C’est une spécialité qui interdit de reproduire la lumière, mais explique la reproduction imbécile. Une obsession. Une réduction du mystère du cosmos à la fonction d’une caméra de surveillance du sexe des femmes. Tout est sexe chez les islamistes et les conservateurs, les bigots, les imbéciles et les agressifs qui pullulent dans les rues: les séismes, le mal, la sécheresse, les problèmes du pays, la Palestine ou les étrangetés climatiques.
La gynécologie islamiste réduit Dieu à un censeur de baisers dans les films, la vie à une érection et le mal à la femme et la religion à une castration.
Anthologie du vin et de l'ivresse en Islam
Une des plus belles définitions qu'il m'ait été donnée de lire concernant l'ivresse est celle donnée par un théologien musulman El-Mawerdi: ''Pour Abu Hanifa, c'est un état tel que la raison disparaît et que l'individu ne sait plus distinguer le ciel et la terre ni sa mère de sa femme: pour les chafiites, est ivre celui qui exprime d'une langue embarrassée des idées non coordonnées et s'avance avec des mouvements agités et une démarche chancelante; quand il commence à la fois à mal comprendre et à mal se faire comprendre et qu'il y a du trouble dans ses mouvements lorsqu'il marche et est débout, il est regardé comme étant ivre, et ce qu'il y a par-delà n'indique que des degrés d'ivresse plus prononcés.''
Yvon Quiniou : "La religion demeure une imposture morale, intellectuelle et politique"
Les hommes ont-ils besoin des religions ? Alors que le religieux s’impose dans les débats politiques, le philosophe Yvon Quiniou dénonce une imposture. Tout en respectant la foi des croyants, son livre Critique de la religion* s’attaque aux structures religieuses, dans l’esprit de la philosophie des Lumières et de grands penseurs du XIXe siècle. Pour Yvon Quiniou, les hommes doivent inventer les règles d’une vie collective apaisée à partir de leur raison commune.
Alors que Freud, Nietzsche, Spinoza ou Hume en ont déjà fait le procès, pourquoi établir une critique de la religion aujourd’hui ?
Cette critique est liée au retour politique du religieux. Notamment quand il fait pression sur les institutions républicaines, à la manière de la Manif’ pour tous ; quand, en Europe de l’Est, une religion rétrograde essaie d’influencer la Constitution : ou quand, avec le Traité constitutionnel européen, les religions ont le droit d’intervenir dans la définition des lois. Par ailleurs, je m’inquiète de la montée de l’islamisme radical. Dans l’esprit de la philosophie des Lumières et des grands penseurs du XIXe siècle comme Feuerbach, Marx, Nietzsche et Freud, je tiens à montrer à quel point la religion demeure une imposture morale, intellectuelle et politique. Un imposteur prétend apporter ce qu’il n’apporte pas ou prétend être ce qu’il n’est pas. Les religions prétendent amener la Vérité, alors qu’elles n’amènent que des croyances.
Cette critique est liée au retour politique du religieux. Notamment quand il fait pression sur les institutions républicaines, à la manière de la Manif’ pour tous ; quand, en Europe de l’Est, une religion rétrograde essaie d’influencer la Constitution : ou quand, avec le Traité constitutionnel européen, les religions ont le droit d’intervenir dans la définition des lois. Par ailleurs, je m’inquiète de la montée de l’islamisme radical. Dans l’esprit de la philosophie des Lumières et des grands penseurs du XIXe siècle comme Feuerbach, Marx, Nietzsche et Freud, je tiens à montrer à quel point la religion demeure une imposture morale, intellectuelle et politique. Un imposteur prétend apporter ce qu’il n’apporte pas ou prétend être ce qu’il n’est pas. Les religions prétendent amener la Vérité, alors qu’elles n’amènent que des croyances.
Abdennour Bidar : comment sortir de la religion
Après avoir interpellé le monde musulman dans ses premiers ouvrages, le philosophe et écrivain Abdennour Bidar aborde de façon plus générale la question du religieux dans notre monde contemporain. Comment sortir de la religion tente de mettre des mots sur « le défi spirituel de notre temps ». Triste constat tout d’abord : depuis deux siècles, nous dit-il, l’Orient – soit la Chine, l’Inde et le monde musulman – s’enfonce dans une forme de paresse philosophique et spirituelle et n’a pas été en mesure de fournir une seule idée neuve. Quant à l’athéisme occidental, qu’a-t-il enfanté sinon un monde où règnent l’absurdité, l’insignifiance, l’égoïsme, l’aliénation ? Pour échapper à cette impasse existentielle, Abdennour Bidar nous engage à construire une civilisation d’êtres humains créateurs, seuls capables, selon lui, de donner une dimension spirituelle à tout un ensemble de progrès qui ne sont pour l’heure que matériels : « Les dieux, écrit-il, ne sont pas les maîtres de l’homme, ils sont le nom de son avenir. »
Kamel Daoud : Pourquoi les islamistes sont-ils angoissés par la femme ?
Se lever le matin, puis lire une information brève dans un journal arabophone de Londres: le savant théologien saoudien, le cheikh Abd Errahman Ben Nasser El Barek, a annoncé que le droit de conduire pour les femmes "va ouvrir les portes de l'enfer pour le Royaume" qui lui donne son salaire. Que cela va conduire à la corruption, le mal, les maux et le désastre.
Puis relire et réfléchir sur la question de fond: pourquoi les islamistes sont aussi angoissés par les femmes? D'où vient cette obsession? On peut creuser et dire que le rapport trouble avec les femmes est un produit dérivé des monothéismes en général: religions puritaines, nées dans les déserts désincarnés, à l'époque des rapts et des viols qui imposent de cacher les femmes et les voiler ou les enterrer. On peut aussi dire que c'est une idée qui persiste depuis la préhistoire: la femme n'est pas une force de guerre pour le clan et la horde, elle ne peut servir de soldat et donc elle est un poids mort, un poids ou une mort.
Les croisades
Les croisades sont souvent représentées comme une série de guerres saintes contre l’islam, menées par des papes fous-furieux, et combattus par des fanatiques religieux. Elles représentent l’agression par l’Occident d’un Orient pacifique, et aurait déformé la culture islamique « des Lumières », la laissant en ruines. Mais quelle est la vérité sur les croisades ?
Les croisades furent avant tout des guerres défensives. Elles étaient une réponse à l’agression musulmane, une tentative de repousserou de la conquête islamique des terres chrétiennes.
Les chrétiens du XIe siècle n’étaient pas des fanatiques. Les musulmans les abattaient à l’Est. Si les musulmans peuvent être pacifiques, l’islam est né dans la guerre et s’est étendu en ce sens. Du temps de Mahomet, l’expansion musulmane s’est faite à l’ombre des épées. Les musulmans ont divisé le monde en deux pôles : la maison de l’islam, et la maison de la guerre. La chrétienté n’a pas de demeure. Les juifs et chrétiens peuvent être tolérés au sein d’un état musulman sous la loi islamique. Mais dans l’islam traditionnel, les états juifs et chrétiens doivent être détruits et leurs terres conquises.
Au VIIe siècle, quand Mahomet partit en guerre contre la Mecque, le christianisme était la religion dominante ; religion de l’empire romain, elle couvrait toute la Méditerranée, en incluant le Moyen-Orient, là où elle est née. Après la mort de Mahomet, l’islam s’attaqua directement aux territoires chrétiens. Les guerriers furent partout victorieux. La Palestine, la Syrie, et l’Egypte – l’une des terres les plus christianisées du monde de l’époque – tombèrent très vite. Fin VIIe siècle, les troupes musulmanes avaient conquis tout le Nord africain chrétien et l’Espagne. Au XIe siècle, les turcs ont conquis l’Asie Mineure, qui était chrétienne depuis Saint Paul. L’ancien Empire Romain, connu ensuite sous le nom d’empire Byzantin, fut réduit aux frontières grecques. Désespéré, l’empereur de Constantinople envoie une lettre aux chrétiens d’Occident en leur demandant d’aller aider leurs frères et sœurs d’Orient.
Cela donna naissance aux croisades. Ca n’est pas le fruit d’un pape ambitieux égocentrique ou de chevaliers avides, mais une réponse à plus de quatre siècles de conquêtes où les musulmans avaient déjà capturé deux-tiers de l’ancien monde chrétien. Des historiens musulmans de grande autorité, des siècles avant les croisades, tels qu’Ahmad Ibn Yahya al-Baladhuri 892) et Muhammad ibn Jarir at-Tabari 838-923) ont affirmé clairement que l’islam se répandait par le glaive.
De plus, l’invasion musulmane et ses atrocités contre les chrétiens étaient en augmentation des siècles avant le lancement des croisades en 1096. Le calife Abu Ali Mansur Tariqu’l-Hakim (996-1021) avait désacralisé et détruit un nombre important d’églises, et avait prescrit des traités encore plus oppressifs que d’habitude aux juifs et aux chrétiens. En 1071, les turcs seldjoukides écrasèrent l’armée byzantine, conquérant ainsi une part importante de l’Anatolie, présageait une capture éventuelle de Constantinople.
C’est dans ce contexte que le Pape Urbain II (1088-1099) lança l’appel des croisades :
La chrétienté avait une foi, et une culture, qu’elle se devait de défendre, ou bien se subjuguer à l’islam. Les croisades étaient cette défense.
https://nonepopulus.wordpress.com/2015/05/26/les-croisades-partie-i/
Les chrétiens du XIe siècle n’étaient pas des fanatiques. Les musulmans les abattaient à l’Est. Si les musulmans peuvent être pacifiques, l’islam est né dans la guerre et s’est étendu en ce sens. Du temps de Mahomet, l’expansion musulmane s’est faite à l’ombre des épées. Les musulmans ont divisé le monde en deux pôles : la maison de l’islam, et la maison de la guerre. La chrétienté n’a pas de demeure. Les juifs et chrétiens peuvent être tolérés au sein d’un état musulman sous la loi islamique. Mais dans l’islam traditionnel, les états juifs et chrétiens doivent être détruits et leurs terres conquises.
Au VIIe siècle, quand Mahomet partit en guerre contre la Mecque, le christianisme était la religion dominante ; religion de l’empire romain, elle couvrait toute la Méditerranée, en incluant le Moyen-Orient, là où elle est née. Après la mort de Mahomet, l’islam s’attaqua directement aux territoires chrétiens. Les guerriers furent partout victorieux. La Palestine, la Syrie, et l’Egypte – l’une des terres les plus christianisées du monde de l’époque – tombèrent très vite. Fin VIIe siècle, les troupes musulmanes avaient conquis tout le Nord africain chrétien et l’Espagne. Au XIe siècle, les turcs ont conquis l’Asie Mineure, qui était chrétienne depuis Saint Paul. L’ancien Empire Romain, connu ensuite sous le nom d’empire Byzantin, fut réduit aux frontières grecques. Désespéré, l’empereur de Constantinople envoie une lettre aux chrétiens d’Occident en leur demandant d’aller aider leurs frères et sœurs d’Orient.
Cela donna naissance aux croisades. Ca n’est pas le fruit d’un pape ambitieux égocentrique ou de chevaliers avides, mais une réponse à plus de quatre siècles de conquêtes où les musulmans avaient déjà capturé deux-tiers de l’ancien monde chrétien. Des historiens musulmans de grande autorité, des siècles avant les croisades, tels qu’Ahmad Ibn Yahya al-Baladhuri 892) et Muhammad ibn Jarir at-Tabari 838-923) ont affirmé clairement que l’islam se répandait par le glaive.
Même les croisades, souvent comparées au jihad islamique, était en elles mêmes une réponse tardive et limitée d’un jihad et en partie une imitation. Mais contrairement au djihad, elles concernaient principalement la défense et la reconquête des territoires chrétiens menacés ou perdus. Elles étaient, à quelques exceptions, limitées aux guerres menées avec succès pour récupérer les pays d’Europe du Sud Ouest, et des guerres perdues en Terre Sainte, pour freiner l’avancée des ottomans dans les Balkans. Le jihad, est infini, une obligation religieuse qui doit continuer jusqu’à ce que le monde entier adopte l’islam ou se soumette à sa domination. L’objet du djihad est d’amener le monde entier sous la sharia.Bernard Lewis, Le Moyen-Orient : 2000 ans d’histoire.
De plus, l’invasion musulmane et ses atrocités contre les chrétiens étaient en augmentation des siècles avant le lancement des croisades en 1096. Le calife Abu Ali Mansur Tariqu’l-Hakim (996-1021) avait désacralisé et détruit un nombre important d’églises, et avait prescrit des traités encore plus oppressifs que d’habitude aux juifs et aux chrétiens. En 1071, les turcs seldjoukides écrasèrent l’armée byzantine, conquérant ainsi une part importante de l’Anatolie, présageait une capture éventuelle de Constantinople.
C’est dans ce contexte que le Pape Urbain II (1088-1099) lança l’appel des croisades :
Un peuple venu de Perse, les Turcs, a envahi leur pays. Ils se sont avancés jusqu’à la mer Méditerranée et plus précisément jusqu’à ce qu’on appelle le Bras Saint-Georges. Dans le pays de Romanie, ils s’étendent continuellement au détriment des terres des chrétiens, après avoir vaincu ceux-ci à sept reprises en leur faisant la guerre. Beaucoup sont tombés sous leurs coups ; beaucoup ont été réduits en esclavage. Ces Turcs détruisent les églises ; ils saccagent le royaume de Dieu.
La chrétienté avait une foi, et une culture, qu’elle se devait de défendre, ou bien se subjuguer à l’islam. Les croisades étaient cette défense.
https://nonepopulus.wordpress.com/2015/05/26/les-croisades-partie-i/
Mohammed et la naissance de l'islam
Par Jacqueline Chabbi - publié le 18/06/2015 dans le Monde des Religions
Le ramadan débute ce jeudi 18 juin. Ce mois de jeûne marque le début de la révélation du Coran au Prophète. L’occasion de rappeler qui était Mohammed et les circonstances qui ont mené à la naissance de la religion musulmane. (Par Jacqueline Chabbi, historienne arabisante et professeur honoraire des universités.)
De Mohammed, Prophète de l'islam, n’existe pas le moindre document d'époque. Il est très peu présent sous son nom dans le texte du Coran (3, 144 ; 33, 40 ; 47, 2 ; 48, 29 ; 61, 6). Par contre, on ne peut douter de sa généalogie tribale : celle des Hachémites de la tribu des Quraysh qui occupaient la cité de La Mecque au début du VIIe siècle. La pertinence historique de cette piste généalogique s'appuie sur les querelles de pouvoir qui ont déchiré l'islam pendant plus d'un siècle et demi. L'ascendance mecquoise des protagonistes ne fait aucun doute, puisque ces conflits se déroulent hors d'Arabie au vu et au su de tous. Parmi les rivaux qui s'affrontent figurent des descendants directs des deux petits-fils de Mohammed. Ceux de la branche collatérale des Abbasides accèdent au califat en 750 en écartant tous leurs rivaux. Tout le reste est à peu près problématique et doit être soumis à l'examen d'une critique rigoureuse des textes.
L’islam est une machine de guerre qui n’a pas son pareil dans l’Histoire.
Nous voyons les totalitarismes du XXe siècle comme étant les pires formes de tyrannies n’ayant jamais existées. Pourtant, l’islam a tué bien plus que tous ces tyrans réunis. L’atrocité des massacres de la « religion de paix » dépasse l’entendement, si bien que même certains historiens honnêtes ont tendance à fermer les yeux. Et pourtant…
La conquête islamique de l’Inde est la plus sanguinaire.
On estime 80 millions, le nombre d’indiens morts lors de l’invasion arabo musulmane. [ndlr : le plus grand génocide de notre Histoire]
« Selon certains calculs, la population indienne a diminué de 80 millions de l’an 1000 (conquête de l’Afghanistan) jusqu’en 1525 (fin du sultanat de Delhi). »
Kamel Daoud : Quels musulmans sommes-nous ?
“Ces agissements n’ont rien à voir avec l’islam.” C’est par cette sentence que les responsables politiques et religieux du monde musulman se déchargent et déchargent la religion qu’ils représentent de toute responsabilité dans le terrorisme qui affecte l’humanité depuis plus d’un quart de siècle. Les élites et les citoyens ordinaires recourent aussi à cette même échappatoire morale.
Cette forme de fuite en avant a cours depuis trop longtemps. Elle a surtout trop coûté. Ceux d’entre nous qui assument une autorité d’ordre politique, moral ou cultuel usent de cette forme de fuite en avant depuis trop longtemps. Une dérobade qui a trop coûté aussi. Pourquoi devrait-on se limiter à s’en laver les mains quand il s’agit d’un acte terroriste criminel, alors que l’on se fait un devoir sacré de châtier un quidam qui aurait offensé un drapeau, un hymne national, un texte ou un symbole religieux ? Y a-t-il plus grande souillure, pour un culte, que de tuer des humains en son nom ?!
Si c’est le cas, il n’y a donc plus de place au subterfuge qui consiste à se réfugier dans son islam “véritable, tolérant et pacifique” et de laisser le terroriste et son guide islamiste à leur responsabilité “limitée”. Cette responsabilité serait alors conscrite au seul terroriste et à son commanditaire direct ! Or, c’est bien à la religion “véritable, tolérante et pacifique” qu’il fait endosser la nécessité divine de sa mission terroriste.
Si l’on veut mettre l’islam à l’abri de cette forme de profanation, il ne suffit pas de condamner le terrorisme ; il faut l’empêcher. Surtout qu’au sacrilège qui devrait indigner tout musulman, s’ajoute le simple — mais impardonnable — crime contre l’humanité qui consiste à tuer massivement des êtres humains pour ce qu’ils sont supposés être.
Le terroriste et son gourou ne sont donc pas seulement à “répudier” ; ils doivent être châtiés ou tout au moins mis hors d’état de nuire. Or, on ne voit pas dans le monde musulman l’ébauche d’une mission sacrée de délivrance de l’islam de la pollution intégriste et terroriste. Les apôtres de la violence religieuse ont pignon sur rue dans la plupart des pays musulmans : on leur ouvre, pratiquement sans restriction, les gouvernements, les minbars, les écoles, les télévisions et journaux dans lesquels ils sévissent sans retenue. Ils sévissent aussi dans les espaces sociaux et sur la voie publique, terrorisant les citoyens qui osent exhiber une attitude ou une tenue qui contrarie leur dessein d’uniformisation islamiste. Avec le coup de pouce de régimes musulmans toujours disposés à “réconcilier” les islamo-terroristes sur le dos des libertés citoyennes.
Deux jours avant l’attentat de Tunisie, la police tunisienne exécutait une opération “coup-de-poing” contre les “dé-jeuneurs” de Ramadhan à Monastir, trente kilomètres de Sousse, en application d’une récente instruction du ministère de l’Intérieur !
Il n’y a pas de secret s’agissant de la démission quasi collective : la peur. Les leaders politiques, sociaux, culturels et cultuels sont gagnés par la peur du terrorisme et par la peur que suscite en eux le discours radical. Mais cette dérobade permanente ne peut pas tenir indéfiniment. Il faudra bien que les musulmans fassent leur choix de civilisation.
Si c’est le cas, il n’y a donc plus de place au subterfuge qui consiste à se réfugier dans son islam “véritable, tolérant et pacifique” et de laisser le terroriste et son guide islamiste à leur responsabilité “limitée”. Cette responsabilité serait alors conscrite au seul terroriste et à son commanditaire direct ! Or, c’est bien à la religion “véritable, tolérante et pacifique” qu’il fait endosser la nécessité divine de sa mission terroriste.
Si l’on veut mettre l’islam à l’abri de cette forme de profanation, il ne suffit pas de condamner le terrorisme ; il faut l’empêcher. Surtout qu’au sacrilège qui devrait indigner tout musulman, s’ajoute le simple — mais impardonnable — crime contre l’humanité qui consiste à tuer massivement des êtres humains pour ce qu’ils sont supposés être.
Le terroriste et son gourou ne sont donc pas seulement à “répudier” ; ils doivent être châtiés ou tout au moins mis hors d’état de nuire. Or, on ne voit pas dans le monde musulman l’ébauche d’une mission sacrée de délivrance de l’islam de la pollution intégriste et terroriste. Les apôtres de la violence religieuse ont pignon sur rue dans la plupart des pays musulmans : on leur ouvre, pratiquement sans restriction, les gouvernements, les minbars, les écoles, les télévisions et journaux dans lesquels ils sévissent sans retenue. Ils sévissent aussi dans les espaces sociaux et sur la voie publique, terrorisant les citoyens qui osent exhiber une attitude ou une tenue qui contrarie leur dessein d’uniformisation islamiste. Avec le coup de pouce de régimes musulmans toujours disposés à “réconcilier” les islamo-terroristes sur le dos des libertés citoyennes.
Deux jours avant l’attentat de Tunisie, la police tunisienne exécutait une opération “coup-de-poing” contre les “dé-jeuneurs” de Ramadhan à Monastir, trente kilomètres de Sousse, en application d’une récente instruction du ministère de l’Intérieur !
Il n’y a pas de secret s’agissant de la démission quasi collective : la peur. Les leaders politiques, sociaux, culturels et cultuels sont gagnés par la peur du terrorisme et par la peur que suscite en eux le discours radical. Mais cette dérobade permanente ne peut pas tenir indéfiniment. Il faudra bien que les musulmans fassent leur choix de civilisation.
L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET L’ESCLAVAGE DES NOIRS: XVIe-XVIIe
Esclaves, obeissez en toutes choses à vos maitres selon la chair, ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes, mais en simplicite de coeur, craignant le Seigneur. 23Quoi que vous fassiez, faites-le de coeur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, 24sachant que du Seigneur vous recevrez la recompense de l'heritage: vous servez le Seigneur Christ. 25Car celui qui agit injustement, recevra ce qu'il aura fait injustement; et il n'y a pas d'acception de personnes.
Epitre aux Colossiens 3-22
Père Henri Boulad : "L’islamisme radical n'est pas une déviation, c'est l'islam le plus traditionnel"
“L’islamisme radical qui se déchaîne en Syrie et en Irak n’est pas une déviation ou une perversion du véritable islam, dont l’orientation serait uniquement spirituelle et religieuse, c’est de fait l’islam le plus traditionnel”, lâche le Père Henri Boulad.
Le Père Boulad nous le dit d’emblée: dans son analyse de la religion musulmane, qu’il connaît parfaitement – “je travaille sur l’islam depuis plus d’un demi-siècle, j’ai lu le Coran en arabe, de la première à la dernière page!” – il refuse le “politiquement correct” et l’irénisme naïf de trop nombreux Occidentaux. C’est pour cette raison, nous dit-il, qu’il est devenu “persona non grata” dans de nombreux milieux d’Eglise.
L'Encyclique "Laudato Si" et l'anthropocentrisme de la Genèse
Le passage de l'Encyclique "Laudato Si" dans lequel l'Eglise tente assez laborieusement de détricoter l'anthropocentrisme de la Genèse. Intéressant...
67. Nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée.
Cela permet de répondre à une accusation lancée contre la pensée judéo-chrétienne : il a été dit que, à partir du récit de la Genèse qui invite à« dominer » la terre (cf. Gn 1, 28), on favoriserait l’exploitation sauvage de la nature en présentant une image de l’être humain comme dominateur et destructeur.
Cela permet de répondre à une accusation lancée contre la pensée judéo-chrétienne : il a été dit que, à partir du récit de la Genèse qui invite à« dominer » la terre (cf. Gn 1, 28), on favoriserait l’exploitation sauvage de la nature en présentant une image de l’être humain comme dominateur et destructeur.
Amis africains, ce qui se passe actuellement en Grèce ne vous rappelle rien ?
Ca fait 30 ans que j'analyse les programmes d'ajustement dits "structurels" en Afrique francophone et je constate que les méthodes basiques, brutales et antidémocratiques du FMI n'ont pas changé d'un iota.
Lorsque le Fonds intervient pour éviter à un pays la faillite, il a l’habitude de prendre le pouvoir et de tailler à la hache dans le budget des Etats pour que le plus dur soit fait rapidement.
Leur idéologie est vraiment simplissime. Le FMI est le garant des échanges internationaux. Il débarque tel un huissier dans un pays quand celui-ci n'est plus en mesure d'honorer ses obligations à l'égard du système financier international. Quand il est, ou risque d'être en défaut de paiement de sa dette extérieure. La philosophie du Fonds est simple, elle vaut pour les Etats comme pour un ménage : "On ne peut dépenser plus que ce que l'on gagne dans le cas d'un ménage ou que l'on produit dans le cas d'un Etat".
Leur idéologie est vraiment simplissime. Le FMI est le garant des échanges internationaux. Il débarque tel un huissier dans un pays quand celui-ci n'est plus en mesure d'honorer ses obligations à l'égard du système financier international. Quand il est, ou risque d'être en défaut de paiement de sa dette extérieure. La philosophie du Fonds est simple, elle vaut pour les Etats comme pour un ménage : "On ne peut dépenser plus que ce que l'on gagne dans le cas d'un ménage ou que l'on produit dans le cas d'un Etat".
Les vertus supposées de la mortification : Aux sources morales de l’austérité, encore une affaire de religion
L’Union européenne a consenti le 21 février à accorder une nouvelle aide financière à la Grèce, à condition que celle-ci accepte une « surveillance renforcée » de sa gestion budgétaire. Ce plan ne devrait qu’aggraver un peu plus la récession dans un pays exsangue. L’obstination à préconiser la rigueur s’expliquerait-elle par des certitudes morales plus puissantes que la raison ?
par Mona Chollet, mars 2012 dans le Monde Diplomatique
Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires ». Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».
Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires ». Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».
Le pape François s’engage pour l’environnement
Publié le 22/06/2015 dans le Monde des Religions
Dévoilée ce jeudi 18 juin, l'encyclique écologique du souverain pontife, Laudato Si', appelle chacun de nous à s'engager pour préserver la planète.
À six mois de la conférence internationale sur l'environnement COP21 qui aura lieu au Bourget (30 novembre-11 décembre), le pape François publie une encyclique sur l'avenir de notre planète. Il y appelle les dirigeants des pays développés à tout mettre en œuvre pour sauver nos ressources naturelles : « Changement des modes de production, de distribution et de consommation » sont alors espérés par le souverain pontife.
À six mois de la conférence internationale sur l'environnement COP21 qui aura lieu au Bourget (30 novembre-11 décembre), le pape François publie une encyclique sur l'avenir de notre planète. Il y appelle les dirigeants des pays développés à tout mettre en œuvre pour sauver nos ressources naturelles : « Changement des modes de production, de distribution et de consommation » sont alors espérés par le souverain pontife.
Un enjeu universel
Si cette encyclique vise à apporter aux chrétiens la lumière de la foi sur la question environnementale, elle s'adresse plus globalement à tous les êtres humains. Qu'importe leur religion, leur âge, leur nationalité, tous sont concernés par l'avenir de ce que le pape appelle« notre maison commune ».« C'est un texte qui porte plus loin qu'une simple exhortation confessionnelle », affirme Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, lors de la présentation à la presse de ce texte de près de 200 pages. Inspiré d'un cantique de saint François d'Assise, souvent considéré comme le père de l'écologie, l’encyclique résume la pensée sociale de l'Église et indique pour tous « la gravité et l'urgence de réagir. »
Écologie intégrale
Pour le pape, écologie ne rime pas simplement avec nature. Dans son texte, il invite à une approche holistique de l'écologie. Celle-ci « ne peut en effet être conçue sans le rapport à l'économie, à la société et à la politique », comme l'explique Elena Lasida, économiste et chargée de mission au conseil pontifical Justice et Paix.Le souverain pontife en appelle notamment à la responsabilité des dirigeants des pays développés. « Il manque de cadres régulateurs généraux qui imposent des obligations, et qui empêchent des agissement intolérables, comme le fait que certains pays puissants transfèrent dans d'autres pays des déchets et des industries hautement polluants », écrit-il. Plus généralement, François propose d'essayer de résoudre le problème écologique par le dialogue : au niveau international, national, mais aussi entre la religion, l'économie et la science.
Par cette encyclique, le pape « redonne à l'écologie ses lettres de noblesse », affirme Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la préservation de la planète. « Le pape a l'honnêteté de ne pas fuir nos responsabilités et le courage d'expliquer que nous avons réellement besoin de repenser l'intégralité de notre modèle » , ajoute-t-il.
Un geste fort
Déjà décriée par certains conservateurs américains, l'encyclique se veut puissante, convaincante.« Ce texte nous invite sur le chemin de la maturité », affirme Nicolas Hulot, avant d'ajouter qu'« il n'amène pas à la culpabilité, mais à la responsabilité ». En exhortant les responsables politiques à agir, l'encyclique met plutôt en avant des « valeurs dont l'humanité s'est éloignée au fil du temps », le tout dans un débat spirituel, empreint de confiance et d'espérance.Végétal, mon prochain
J'ai voulu dépasser l'humanisme en incluant dans ma zone d'empathie le monde animal doté d'un système nerveux et capable par conséquent de ressentir des émotions et de souffrir. Voilà que Michel Onfray dans son dernier livre, Cosmos, me révèle que les plantes elles aussi vivent, souffrent, et réagissent aux stimuli.
"Les plantes vivent, souffrent, elles réagissent aux stimuli. Seul l’anthropomorphisme empêche cette conclusion – qui met à mal l’argument des végétariens qui accordent à l’animal un statut ontologique refusé aux végétaux eux aussi capables de souffrir – autrement dit : à expérimenter l’affect qui met en péril leur existence. On sait en effet aujourd’hui que les acacias communiquent et agissent en fonction des informations données par leurs semblables.Il existe un langage des plantes en dehors de ce que les plantes disent symboliquement aux hommes, qui permettait à Maurice Maeterlinck de parler jadis d’intelligence des plantes.
Giordano Bruno, l’homme qui a vidé le ciel et inventé l’espace moderne
L’église a vu d’un très mauvais œil les scientifiques qui avaient l’audace de rappeler que, dans le ciel, on trouve des astres et des bolides, des mouvements de planètes et des traces de voie lactée, mais pas d’anges ou de divinités, encore moins de Dieu transcendant.
Michel Onfray : Cosmos
Michel Onfray vient de publier Cosmos, premier volume d’une trilogie intitulée "Brève encyclopédie du monde" et qui propose de tendre vers une sagesse sans morale, en harmonie avec la nature. Il sera suivi de "Décadence", qui traitera de l'histoire, puis de "Sagesse", consacré à la question de l'éthique et du bonheur.
"Trop de livres se proposent de faire l'économie du monde tout en prétendant nous le décrire. Cet oubli nihiliste du cosmos me semble plus peser que l'oubli de l'être. Les monothéismes ont voulu célébrer un livre qui prétendait dire la totalité du monde. Pour ce faire ils ont écarté des livres qui disaient le monde autrement qu'eux. Une immense bibliothèque s'est installée entre les hommes et le cosmos, et la nature, et le réel". Tel est le point de départ de ce livre, dans lequel Michel Onfray nous propose de renouer avec une méditation philosophique en prise directe avec le cosmos. Contempler le monde, ressaisir les intuitions fondatrices du temps, de la vie, de la nature, comprendre ses mystères et les leçons qu'elle nous livre. Tel est l'ambition de ce livre très personnel, qui renoue avec l'idéal grec et païen d'une sagesse humaine en harmonie avec le monde.
Le ciel
Le christianisme a vidé le ciel de ses astres pour le remplir de ses fictions. La doctrine des pères de l'Eglise contribue à meubler le ciel de Saints, d’Anges, d’Archanges, de Puissances, de Trônes, de Séraphins et de toute une colonie d’ectoplasmes présentés comme des modèles existentiels.
Il s’agit d’inviter à vivre sans corps, sans chair, sans désir, sans besoin de boire ou de manger, sans libido, sans ce qui fait la vie corporelle de tout un chacun.
Le ciel est un anti-terre, son peuplement, une contre-nature. Le cosmos païen enseignait une sagesse existentielle qui permettait aux hommes de vivre selon lui. L’ordre du monde était réglé par une puissance mystérieuse qui ne s’appelait pas encore Dieu. La nécessité apparaissait à quiconque avait observé la répétition des mouvements du monde et compris la forme et la force des cycles de la nature. On peut imaginer que les chamanes, les sages, les druides, les officiants enseignaient cette vérité physique dans un temps qui ignorait la métaphysique – étymologiquement, les fictions qu’on invente pour peupler l’au-delà de la physique.
Le cosmos chrétien enseigne lui aussi une sagesse existentielle, mais pas la même. Il s’agit d’imiter Jésus qui est aussi le Christ : fils de Dieu et rejeton d’une Vierge, chair sans chair, corps incorporel, oxymore vivant, mais aussi cadavre tuméfié, anatomie mortifiée, et, pour couronner le tout, mort ressuscité. Le ciel est offert à quiconque fait de sa vie une duplication de celle de Jésus-Christ. Il est plein de martyrs aux corps déchirés, découpés, décapités, brûlés, etc.
Pendant que les théologiens peaufinent ce ciel rempli de fantasmes, des scientifiques scrutent la voûte étoilée et n’y trouvent que des astres tournant sur leurs orbites, des planètes en mouvement réglé, des étoiles scintillantes. La pratique de l’astronomie, la volonté scientifique vident le ciel chrétien comme une baignoire pleine d’eau usée. La physique est une antimétaphysique, elle permet une ontologie matérielle. L’Église condamne les hommes de science qui osent dire du ciel qu’il est ce qu’il est – un vaste espace pour des bolides de matière sublimes. La prison, le bûcher, la persécution, le procès s’abattent sur ceux qui retrouvent le cosmos païen sous le cosmos chrétien.
Le monothéisme a célébré le livre qui disait le monde, qui prétendait dire la totalité du monde ; pour ce faire, il a écarté les livres qui disaient le monde autrement que lui et toléré les livres qui abondaient en son sens. Une immense bibliothèque s’est installée entre les hommes et le cosmos, et la nature, et le réel. Le livre et l’archive qui disaient le monde sont devenus plus vrais que le monde lui-même. Le nez dans les livres, les hommes ont cessé de le lever vers les étoiles. L’invention du livre éloigne le monde. La bibliothèque détourne du cosmos. Cet oubli du cosmos suppose la toute-puissance de la culture comme antinature. Le ciel étoilé disparaît, brûlé par les lumières électriques des villes.
Michel Onfray Cosmos Page 330
Le ciel est un anti-terre, son peuplement, une contre-nature. Le cosmos païen enseignait une sagesse existentielle qui permettait aux hommes de vivre selon lui. L’ordre du monde était réglé par une puissance mystérieuse qui ne s’appelait pas encore Dieu. La nécessité apparaissait à quiconque avait observé la répétition des mouvements du monde et compris la forme et la force des cycles de la nature. On peut imaginer que les chamanes, les sages, les druides, les officiants enseignaient cette vérité physique dans un temps qui ignorait la métaphysique – étymologiquement, les fictions qu’on invente pour peupler l’au-delà de la physique.
Le cosmos chrétien enseigne lui aussi une sagesse existentielle, mais pas la même. Il s’agit d’imiter Jésus qui est aussi le Christ : fils de Dieu et rejeton d’une Vierge, chair sans chair, corps incorporel, oxymore vivant, mais aussi cadavre tuméfié, anatomie mortifiée, et, pour couronner le tout, mort ressuscité. Le ciel est offert à quiconque fait de sa vie une duplication de celle de Jésus-Christ. Il est plein de martyrs aux corps déchirés, découpés, décapités, brûlés, etc.
Pendant que les théologiens peaufinent ce ciel rempli de fantasmes, des scientifiques scrutent la voûte étoilée et n’y trouvent que des astres tournant sur leurs orbites, des planètes en mouvement réglé, des étoiles scintillantes. La pratique de l’astronomie, la volonté scientifique vident le ciel chrétien comme une baignoire pleine d’eau usée. La physique est une antimétaphysique, elle permet une ontologie matérielle. L’Église condamne les hommes de science qui osent dire du ciel qu’il est ce qu’il est – un vaste espace pour des bolides de matière sublimes. La prison, le bûcher, la persécution, le procès s’abattent sur ceux qui retrouvent le cosmos païen sous le cosmos chrétien.
Le monothéisme a célébré le livre qui disait le monde, qui prétendait dire la totalité du monde ; pour ce faire, il a écarté les livres qui disaient le monde autrement que lui et toléré les livres qui abondaient en son sens. Une immense bibliothèque s’est installée entre les hommes et le cosmos, et la nature, et le réel. Le livre et l’archive qui disaient le monde sont devenus plus vrais que le monde lui-même. Le nez dans les livres, les hommes ont cessé de le lever vers les étoiles. L’invention du livre éloigne le monde. La bibliothèque détourne du cosmos. Cet oubli du cosmos suppose la toute-puissance de la culture comme antinature. Le ciel étoilé disparaît, brûlé par les lumières électriques des villes.
Michel Onfray Cosmos Page 330
Le judéo christianisme, une machine à recycler des mythes
Le judéo-christianisme est l’immense collage d’un grand fatras païen, oriental, mystique, millénariste, apocalyptique ; il recycle des histoires anciennes qui remettent elles-mêmes en circulation des histoires encore plus anciennes. Qui dira que le Déluge du Noé judéo-chrétien de la Genèse ne provient pas en ligne directe du déluge de L’Épopée de Gilgamesh qui lui préexiste d’au moins deux mille ans – une épopée qui elle-même cite dans ses dernières versions L’Épopée d’Atrahasis ? Les pluies diluviennes, le retour de la colombe, le corbeau qui ne revient pas, l’échouage de l’arche sur une montagne passent par le judéo-christianisme, mais n’en sont ni le produit ni la signature.
Le verbe
"À l’origine de toute culture, il y avait l'"agri culture". L’agricole définit le champ cultivé : le champ, c’est la nature, la culture de ce champ, qui est agriculture, ce sera la culture. Une culture des champs était alors un pléonasme ; elle est devenue aujourd’hui un oxymore tant la culture passe pour une sécrétion urbaine.
L’agriculteur travaille les champs : il laboure, sème, taille, entretient, récolte, puis il laboure à nouveau, sème encore, entretient toujours, etc., et ce toute sa vie, comme ses ancêtres le faisaient, comme il souhaitait que sa descendance le fasse. L’ouvrier agricole œuvre à une culture perdue, enfouie, détruite, déconsidérée par la culture dominante qui est culture des villes, culture des livres, antinature, contre-culture des champs.
Le culte de la lumière
Le judéo-christianisme est la forme historique, temporelle, concrète, immanente prise en Occident par le vieux culte de la Lumière.
On peut imaginer qu’à l’origine de l’humanité les hommes dits préhistoriques aient d’abord vénéré la puissance des cycles de la lumière : ses variations annuelles sont faciles à constater pour l’esprit empirique du chasseur, du cueilleur, du pêcheur, du paysan, de l’agriculteur. Pas besoin de savoir que la terre est ronde, qu’elle tourne sur elle-même et autour du soleil qui est fixe pour constater l’existence de deux solstices et de deux équinoxes.
Le savoir païen intègre que, dans une année, il existe un moment où la durée de la lumière est maximale, celle de la nuit minimale (solstice d’été) et un autre qui lui correspond de façon inversée et au cours duquel la durée de la lumière est minimale, celle de la nuit maximale (solstice d’hiver). De même, il comprend qu’il existe deux fois dans l’année un même moment où les durées de jour et de nuit s’équilibrent absolument (équinoxe de printemps et équinoxe d’automne). Pas besoin d’instrument pour mesurer le temps parce qu’on ne sait plus ce qu’il est essentiellement, il suffit de regarder le ciel, la lune, le soleil, et la longueur des ombres pour trouver sa place dans le cosmos.
Ce même savoir comprend cette idée que la lumière rend possible la vie, que son absence correspond au dépérissement du vivant : la croissance de la lumière nourrit le retour à la vie, sa décroissance, le voyage vers la mort. Déduire son trajet existentiel du trajet cosmique fut probablement généalogique du sentiment religieux et de la naissance de l’idée d’immortalité : ce qui advient à tout dans la nature ne peut pas ne pas arriver à chacun.
Ce qui naît, vit, croît, atteint son degré d’excellence, décroît, décline, périclite et meurt – puis renaît. La succession du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver fournissait la métaphore des quatre âges de la vie ; la succession des saisons sous forme de cycles, celui de l’éternel retour des choses, archétype généalogique de toute construction religieuse du monde. Pour quelles raisons, à l’époque où la fiction monothéiste n’a pas encore séparé l’homme du cosmos, la créature de son hypothétique créateur, les individus auraient-ils imaginé un destin séparé pour eux et le reste des créatures vivantes ? Ce qui convenait à la plante, à l’arbre, à l’abeille, à l’oiseau, au mammouth, à l’aurochs, au soleil, à la lune convenait pareillement à l’homme : le vivant obéit aux mêmes lois partout.
Le christianisme nous a privés du cosmos païen en le travestissant, en l’habillant avec des histoires orientales, des fables méditerranéennes, des mythes égyptiens, des allégories juives, des symboles gnostiques, des métaphores millénaristes, des collages babyloniens, sumériens, mazdéens, perses.
Il nous prive du cosmos réel et nous installe dans un monde de signes qui ne font plus sens alors qu’avant lui le sens était fait par les signes cosmiques. Là où il fallait voir du concret, le judéo-christianisme a installé du symbole : il a aboli la vérité immanente des rythmes lunaires et solaires, des déplacements de constellations, des significations stellaires, des cadences de jours et de saisons au profit d’une histoire extravagante d’un enfant né d’un père qui n’était pas son géniteur, d’un nouveau-né conçu et porté par une mère qui était vierge, inséminé par un esprit saint ayant pris la forme d’une colombe, d’un homme qui ne mangeait ni ne buvait que des symboles et n’a jamais montré qu’il subissait les lois corporelles les plus triviales (digérer, roter, déféquer, copuler…), d’un thaumaturge qui ressuscite les morts et joint lui-même le geste à la parole en mourant puis en ressuscitant le troisième jour et en grimpant directement au ciel pour s’asseoir à la droite de Dieu – son autre père, le vrai.
Enfouies sous les couches chrétiennes, les vérités païennes ont disparu : la substantifique moelle des paysans qui connaissaient la nature et l’invoquaient pour en obtenir les faveurs a été remplacée par un récit métaphorique et alambiqué construit comme un conte à dormir debout. Il s’agissait de séduire un peuple inculte en lui racontant des histoires. Le merveilleux a servi d’excipient pour faire passer le breuvage amer de la religion qui détourne toujours le spirituel vers le temporel afin de permettre au Roi, aidé par son clergé, d’utiliser la peur de l’au-delà pour justifier ici-bas obéissance, soumission, docilité et servitude.
J'ai dit
Michel Onfray - Cosmos
L'épicurisme, un antidote contre les religions
Lucrèce est un poète philosophe latin du ier siècle av. J.-C., (peut-être 98-55), auteur d'un seul livre inachevé, le De rerum natura (De la nature des choses, qu’on traduit le plus souvent par De la nature), un long poème passionné qui décrit le monde selon les principes d'Épicure. C’est essentiellement grâce à lui que nous connaissons l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité, l'épicurisme, car des ouvrages d’Épicure, qui fut beaucoup lu et célébré dans toute l’Antiquité tardive, il ne reste pratiquement rien, sauf trois lettres et quelques sentences.
100 ans avant la naissance du Christ, Lucrèce propose une cosmologie matérialiste, concrète, immanente, antireligieuse qui permet une éthique aux antipodes de l’idéal ascétique chrétien.
Contre l’usage métaphorique de la physique qui permet aux chrétiens d’inventer ce ciel rempli de fictions qui conditionnent une vie de renonciation au monde, les matérialistes recourent à la physique pour construire une relation apaisée au monde. Le cosmos épicurien de Lucrèce garantit la sagesse, la paix, l’harmonie, l’ataraxie, la sérénité, la quiétude. Le ciel matériel est plein d’occasions de réconciliation avec le cosmos, avec soi, avec les autres, le monde et l’univers. Je comprends dès lors, après la mort de mon père, pourquoi j’entre en philosophie avec un coup de foudre qui est celui du grand poème de Lucrèce : De la nature des choses.
Contre l’usage métaphorique de la physique qui permet aux chrétiens d’inventer ce ciel rempli de fictions qui conditionnent une vie de renonciation au monde, les matérialistes recourent à la physique pour construire une relation apaisée au monde. Le cosmos épicurien de Lucrèce garantit la sagesse, la paix, l’harmonie, l’ataraxie, la sérénité, la quiétude. Le ciel matériel est plein d’occasions de réconciliation avec le cosmos, avec soi, avec les autres, le monde et l’univers. Je comprends dès lors, après la mort de mon père, pourquoi j’entre en philosophie avec un coup de foudre qui est celui du grand poème de Lucrèce : De la nature des choses.
La construction du ciel chrétien
Jésus n’était pas astronome, du moins, si tel était le cas, il l’a bien caché. Il n’existe en effet aucune considération dans les Évangiles sur le monde céleste et son peuplement.
Sa biographie épouse la carte du ciel païen, mais lui-même ne manifeste aucun souci de ce qui se passe au-dessus de sa tête. Ni la lune, ni le soleil, ni les astres, ni les constellations, ni la Voie lactée, ni les planètes, ni les étoiles ne font partie de ses soucis. Nulle part on ne le voit contempler la voûte étoilée ni commenter la Voie lactée de façon religieuse.
En revanche, quand il annonce la destruction du Temple dans lequel il avait, enfant, fait la leçon aux docteurs, cet homme apparemment affable, gentil, qui aime les femmes adultères, tend l’autre joue quand on le frappe, recourt à la métaphore cosmique pour annoncer la destruction du Temple concomitante avec sa venue : faut-il alors comprendre que la destruction du temple réalisait le christianisme qui accomplirait le judaïsme ? Possible. En attendant, Jésus annonce : un ciel qui s’obscurcit, la lune éteinte, les astres qui tombent du ciel, l’ébranlement des puissances des cieux, l’apparition du signe du Fils de l’homme dans le ciel, porté par les nuées, entouré d’anges avec trompettes.
En revanche, quand il annonce la destruction du Temple dans lequel il avait, enfant, fait la leçon aux docteurs, cet homme apparemment affable, gentil, qui aime les femmes adultères, tend l’autre joue quand on le frappe, recourt à la métaphore cosmique pour annoncer la destruction du Temple concomitante avec sa venue : faut-il alors comprendre que la destruction du temple réalisait le christianisme qui accomplirait le judaïsme ? Possible. En attendant, Jésus annonce : un ciel qui s’obscurcit, la lune éteinte, les astres qui tombent du ciel, l’ébranlement des puissances des cieux, l’apparition du signe du Fils de l’homme dans le ciel, porté par les nuées, entouré d’anges avec trompettes.
Epicure et Lucrèce
De la nature des choses, le poème de Lucrèce est un viatique existentiel à partir duquel il est possible d'organiser sa vie en tâchant de la construire droite, en honorant les valeurs de l’amitié, du civisme, de la rectitude, de la parole donnée, de la tension morale.
J’ai aimé ce qui répondait à l’urgence existentielle de mon moment : la résolution du problème de ma mort. Cette idée simple, brève, efficace, terriblement efficace, que, si je suis là, la mort n’y est pas, si elle est là, je n’y suis plus, m’a immédiatement convaincu qu’en effet la mort en acte n’était pas l’idée de la mort, que la première est moins présente dans une vie, (car elle peut être brève, immédiate, inconsciente, subite) que la seconde (qui peut la pourrir par l’angoisse, la crainte, l’inquiétude, l’effroi) et qu’il faut, en attendant ce jour qui ne manquera pas d’advenir, mais qui n’est pas d’immédiate actualité, vivre et que la véritable certitude n’est pas l’existence d’une vie après la mort, mais celle d’une vie avant la mort et qu’il faut en faire le meilleur usage.
L’homme au sommet de la création ???
L’oubli du cosmos me paraît l’un des signes du nihilisme contemporain. Tant que les hommes ont su et pu lire le ciel, ils étaient en contact direct avec le cosmos et leurs vies se réglaient sur le mécanisme d’horlogerie impeccable de l’univers.
Le temps d’une journée, le temps d’une année, le temps d’une vie entretenaient une étroite liaison : le jour et la nuit d’un être, les saisons de l’existence d’un vivant, les cycles, l’éternel retour des cycles, autrement dit la mise en abyme des cycles en cycles, tout ceci constituait un décor sublime et vaste, immense et infini, aux vies minuscules de milliards d’humains depuis l’apparition des hommes dans l’univers.
Une multiplicité de religions a donné une forme historique à ces vérités ontologiques. Chaque religion fournit l’habillage daté d’un fonds immémorial de savoirs immanents : nous sommes inscrits dans un cosmos qui nous dicte sa loi comme au restant de l’Univers.
Viatique pour une vie bonne ou manifeste athée
Viatique sous la forme d'un bouquet de maximes pour vivre sa vie. Pour mémoire un viatique est une provision donnée pour un voyage. Pour l'Église catholique, le viatique est l'eucharistie donnée à un mourant, en l'occurence c'est de l'exact inverse dont il s'agit ... :
Savoir que l’individu croit vouloir ce que veut l’espèce (Schopenhauer) ;
Lutter contre toute pulsion de mort, si je suis là, la mort n’y est pas, si elle est là, je n’y suis plus (Epicure)
Accepter notre destin de mammifère (unicité du vivant) ;
Connaître les lois du vivant en nous ;
Lutter contre toute pulsion de mort, si je suis là, la mort n’y est pas, si elle est là, je n’y suis plus (Epicure)
Accepter notre destin de mammifère (unicité du vivant) ;
Connaître les lois du vivant en nous ;
Les limites des positions philosophiques face à la mort d'un proche
La mort de quelqu’un qu’on aime est une expérience d’un genre particulier car elle met à l’épreuve ce que l’on pense sur ce sujet qui devient un objet, notre objet.
La mort abordée comme mort d’autrui devient la mort de telle personne, pour utiliser les catégories de Jankélévitch, la mort à la deuxième personne : tu meurs – avec la mort à la première personne, je meurs, ou à la troisième personne, celle d’un tiers éloigné, il meurt.
Méditer le Phédon de Platon ne nous fait pas plus d’effet, si l’on ne croit pas en Dieu, que de lire les Évangiles qui nous assurent, quand le corps meurt, que l’âme immortelle survit et connaît une vie éternelle.
Méditer le Phédon de Platon ne nous fait pas plus d’effet, si l’on ne croit pas en Dieu, que de lire les Évangiles qui nous assurent, quand le corps meurt, que l’âme immortelle survit et connaît une vie éternelle.
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