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dimanche 21 décembre 2014

Il n'y a que l'amour



L'amour du prochain dont il est question dans les livres dits saints est un amour intéressé et craintif à la fois. C'est un amour intéressé par la récompense divine et apeuré par le châtiment divin. Le croyant doit bien agir, car il vit sous le regard d'un Dieu tout puissant, omniscient qui récompense et qui punit.  Le croyant sait que "Dieu" observe ses faits et gestes à chaque instant et que le jour du jugement dernier, par une arithmétique de base faite de + et de -, la somme de bonnes et de mauvaises actions, il sera dirigé vers l'Enfer, la souffrance éternelle, ou le Paradis, la félicité perpétuelle.

samedi 10 mai 2014

Luc Ferry. «Le mariage d’amour a tout sauf échoué!»


Dans La Révolution de l’amour (Plon) Luc Ferry décrit ce qui s’impose comme l’une des tendances de fond du monde contemporain: l’avènement d’une religion laïque de l’amour.

Selon vous, où en est la famille aujourd’hui ?

Ce qu’on entend, notamment chez les conservateurs, c’est que la famille va mal parce qu’on divorce beaucoup. Mais c’est le signe qu’elle est désormais fondée sur l’amour et le libre choix. En vérité, jamais les valeurs de la famille n’ont été aussi prisées. À preuve le fait que les enfants restent à la maison jusqu’à 30 ans! En cas d’accident de la vie, c’est dans la cellule familiale au sens large, amis compris, qu’on va retrouver une réelle solidarité affective.

Vous distinguez, dans La Révolution de l’amour, trois âges du mariage…

Au Moyen Âge, la famille était fondée sur des éléments intangibles: le lignage, l’économie et la biologie.
Une association dans laquelle l’amour était très secondaire. Il était réservé aux passions extraconjugales. Comme Montaigne l’explique, épouser sa maîtresse, c’était « chier dans le panier, pour après le mettre sur sa tête ». Dans le meilleur des cas, l’épouse était une tendre amie, pas l’objet d’une passion. Deuxième âge, celui de la famille bourgeoise: on s’aime six jours, on s’ennuie soixante ans. On idéalise aujourd’hui cet âge parce qu’on n’y divorçait pas. Mais les femmes y sacrifiaient leur vie professionnelle et affective à des maris qui fréquentaient les maisons closes. Troisième âge, depuis les années 1960: le couple est fondé sur l’amour. La rançon de cette révolution s’appelle le divorce. À l’évidence, fonder le mariage sur le sentiment, c’est l’enraciner dans quelque chose de fragile et de variable…

Peut-on dire avec Pascal Bruckner que le mariage d’amour a échoué?

Mais il a tout sauf échoué! Il est juste plus exigeant. Personne ne voudrait revenir au mariage de raison.
Au Moyen Âge, quand un homme était cocu, tout le village s’en occupait, parce que le mariage est une affaire communautaire. Ce qui est vrai, encore une fois, c’est que le mariage d’amour est par essence plus fragile. Mais c’est une force qui va. L’homoparentalité s’inscrit dans la logique du mariage d’amour, qui s’émancipe progressivement de la biologie. Au Conseil d’analyse de la société [qui a pour mission « d’éclairer les choix politiques du gouvernement » en rapport avec les faits de société, NDLR], nous avons rédigé un rapport qui recommande de légaliser l’adoption plénière par les homosexuels. Il y aurait entre 100000 et 300000 enfants qui vivent aujourd’hui dans des couples homosexuels; si l’un des parents meurt, l’autre n’a aucun droit, c’est intolérable.

Le mariage d’amour a libéré la famille des contraintes extérieures qui en faisaient parfois, jadis, un enfer d’hypocrisie et de rancœurs. Mais l’union s’est contractualisée: nous sommes libres de partir à tout moment, quitte à organiser une rassurante garde alternée.

Dans cette perspective, le repli vers la famille, s’il n’est pas soutenu par une conviction à toute épreuve, risque de s’écrouler à la première d’entre elles.

Accueillir la vieille mère malade de son conjoint? Difficile. Accepter les enfants d’un précédent mariage? Pénible et porteur de crise. Qui a dit que les tribus recomposées étaient des « familles formidables »? C’est précisément à cause de cette instabilité qu’une réconciliation plus profonde est nécessaire.

Elle passe par une éthique du foyer, des vertus spécifiques comme la patience (supporter à peu près sereinement les « maman », les « chérie », les « ma fille »), l’attention aux activités d’autrui ou un intérêt pour ce qui se passe à la maison. Elle exige surtout l’amour du groupe et de l’animation du repas de famille.

Elle apporte ce que le sociologue britannique Anthony Giddens appelle une « sécurité ontologique », socle à partir duquel pourront émerger les belles pensées et les grandes actions. Une authentique réconciliation avec la joie de vivre ensemble passe donc par des histoires de vaisselle et de couches. La lecture de Rozanov, dans les indispensables moments de solitude, peut aider. Alors nous pourrons dire: « Famille, je vous ai. »

Luc Ferry : Plaidoyer pour un nouvel humanisme fondé sur l’amour et l’altérité

Selon Luc Ferry, nous sommes entrés dans un nouvel âge de l’humanisme, un humanisme d’après la déconstruction nitzschéenne et qui n’est plus celui de Kant et de Voltaire, des droits et de la raison. C’est un humanisme de l’amour et de l’altérité. En quoi nous sommes aujourd’hui dans un monde postkantien et postnietzschéen. Luc Ferry, l'artisane d'une nouvelle déconstruction...

Luc Ferry - La révolution de l’amour sur France culture

l’invention du mariage d’amour et de la famille moderne


Une tentative de résumé du dernier opus de Luc Ferry : La plus belle histoire de la philosophie.


La philosophie ne se réduit pas à la morale. 

Il y a en effet (i) les valeurs morales avec le respect et la générosité à l’égard du prochain que cela implique et (ii) les valeurs spirituelles. 

Imaginez un instant que tous les humains décident de placer au plus haut les valeurs morales en se conduisant de manière respectueuse avec leur prochain, imaginez un monde sans guerre, sans terrorisme, sans meurtres… Eh bien on mourrait quand même. Ca ne nous empêcherait pas de penser à notre mort, de connaître l'épreuve du deuil, les histoires d'amour qui finissent mal, l'ennui d'une vie banale. Car il s’agit d’autre chose que de morale, il s’agit des valeurs spirituelles ou existentielles qui touchent à la question de la « vie bonne » alors que les valeurs morales ne sont au fond qu’un cadre propre à pacifier les relations entre les mortels, ce qui n'est pas la condition suffisante d'une vie bonne, heureuse, réussie. 

En d’autres termes, la morale fournit les règles qui rendent possible des relations humaines civiles et pacifiées mais ce cadre, si nécessaire soit-il, ne nous dit rien sur ce qui est vraiment au cœur du sens que nous donnons à notre vie : amour, intensité et élargissement de notre existence face à la tragédie de la mort.

La philosophie n'est pas la religion

À la question de la vie bonne pour les mortels, il y a une réponse qui passe par Dieu et la foi et qui suppose d'abdiquer la raison et la liberté individuelle.

La philosophie partage le même but que la religion, c'est-à-dire définir les conditions d'une vie bonne, mais elle entend y parvenir par l'autonomie de la raison et la lucidité de la conscience.

Bien vivre, donner un sens à notre existence, définir ce qu'est une vie bonne pour nous mortels, c'est la question à laquelle ont tenté de répondre toutes les philosophies, ces spiritualités laïques, sans passer par Dieu et les croyances, par le seul moyen de la raison humaine et de la pensée.

Cinq états dans l'histoire de la philosophie

1. Le temps des grecs : Il s’agit pour les inventeurs de la philosophie de s'accorder à l'ordre divin du monde, de se mettre en harmonie avec la nature et l'univers, d’obtenir son salut dans l'ordre cosmique. A notre mort, nos éléments constitutifs, réduits à leurs composants de base, vont continuer à « vivre » au plan moléculaire et atomique dans le minéral, l’inerte et le vivant. N’est-ce pas là une forme de métempsychose, d’immortalité.

2. Le temps de Jésus ou le salut corps et âmes. Nous sommes plus les miettes d'un ordre cosmique mais des individualités

3. Le temps des lumières. À partir de la Renaissance ce qui fait le sens de l'existence ce n’est plus un Dieu personnel, une cause extérieure, mais l'homme lui-même, sa raison et sa liberté. L'initiateur du mouvement humaniste est Descartes qui inaugure une démarche de pensée fondée sur le doute méthodique, radical. L’idéal d'immortalité de l’humanisme ,c'est la trace que l'on laisse dans l'histoire, les grands hommes. L'homme est un rouage du progrès général de l'humanité.

4. Le temps de la déconstruction avec Schopenhauer et Nietzsche qui philosophent au marteau pour casser toutes les idoles et les croyances à commencer par Dieu.

5. Le temps de l'amour, le second humanisme, l'amour de nos proches. L’amour du prochain loin de conduire à la reprise individualiste sur la sphère privée, la naissance du mariage d'amour et de la famille moderne crée un sens nouveau du collectif car nous nous préoccupons désormais du monde que nous allons laisser à nos enfants, à ceux que nous aimons. C'est ce qui explique le mouvement écologique qui est le premier à avoir mis au cœur du débat politique la question des générations futures.

Les philosophes se posent maintenant la question de nouveaux principes pour donner un sens notre vie d'aujourd'hui sachant tout ce que nous devons à la déconstruction telle qu’elle a été opérée par Descartes, Schopenhauer et Nietzsche (disqualification radicale de toute prétention a fonder des valeurs ailleurs que dans la pure immanence de la vie, libération de dimensions jusque-là réprimées de l'existence) et connaissant les tâches originales du premier humanisme, celui de Jules Ferry notamment (vision restrictive de l'humanité conduisant au racisme et à l'impérialisme colonisateur, conception métaphysique de la transcendance de la raison de la liberté et du progrès).

Si les valeurs et les idéaux traditionnels (religieux, patriotique au révolutionnaire) ont largement perdu leur pouvoir de donner sens à notre vie, ce que Luc Ferry appelle la révolution de l'amour, enracinée dans le passage du mariage arrangé au mariage choisi par et pour l’amour, à transformé nos existences. Cette révolution silencieuse, mais d'une profondeur abyssale, apporte un nouveau principe de sens, qui nous rend infiniment précieuse des dimensions humaines jusque-là négligées, à travers l'amour que nous portons à nos compagnes ou compagnons à nos amis, à nos enfants, à nos parents. 

Or ce bouleversement loin d'être cantonné à la sphère privée modifie tout aussi radicalement notre rapport au collectif car la préoccupation de laisser à ceux que nous aimons, à commencer justement par nos enfants, un monde vivable et accueillant où il pourront s’épanouir met au cœur de notre vision du politique le souci des générations futures. 

Au premier humanisme, celui des lumières et des droits de l'homme, se substitue ainsi un deuxième, considérablement élargi : un nouvel humanisme de la fraternité et de la sympathie, qui ne sacrifie plus l'homme à la Nation, à la révolution ou même au progrès (idéaux réputés extérieurs et supérieurs à l’humanité) mais trouve, dans l’immanence même de nos existences et de nos sentiments pour les hommes la source d'une utopie positive portée par le projet de transmettre à ceux qui viendront après nous un monde offrant à chacun les moyens de se réaliser.

L'évolution de la famille n'a nullement entraîné un repli sur la sphère privée. Bien au contraire, elle est largement à l'origine de la naissance de l'humanitaire moderne, qui est exactement contemporaine de celle de la famille fondée sur des affinités sentimentales.

Le sentiment d'amour qui s'épanouit progressivement dans la famille a induit une montée en puissance de la sympathie pour autrui. La naissance de la Croix-Rouge et les premiers développement de ses activités, par exemple, sont rigoureusement parallèle à l'expansion de cette nouvelle logique de la famille moderne dans la classe ouvrière et plus tard, dans la bourgeoisie.

Même si cela peut sembler paradoxal à une approche hâtive et superficielle, il est en réalité parfaitement compréhensible que le développement des valeurs de l'intimité et celui du sentiment humanitaire vont de pair. Entre le souci des proches et la compassion pour le prochain, il n’y a pas conflit mais plutôt synergies, le premier renforçant évidemment le second. Ce n'est donc nul hasard si la naissance de l'humanitaire moderne coïncide historiquement avec celle de la famille moderne. L'amour qui infiltre le lien familial est désormais sinon le seul, du moins le premier sentiment susceptible de nous faire oublier le « moi », le premier à nous rendre par extension de la sympathie, moins indifférents aux autres, aux proches mais aussi au Prochain, aux étrangers et à leur détresse. Lorsqu'on voit un père de famille au fin fond de l'Afrique ou de l'Afghanistan entrain de pleurer à l'enfant mort dans ses bras, on se dit que son cœur est à l'évidence habité des mêmes sentiments que ceux que nous aurions à sa place.

« Ne fait pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse », mieux encore, « ne laisse pas faire à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait ». 

L'humanitaire, c'est la lutte contre l’indifférence, et ce combat est né de ce sentiment d'amour qui envahit la vie privée et rejaillie bien évidemment sur le collectif.

mercredi 2 mai 2012

Luc Ferry - La révolution de l'amour


La révolution de l'amour-passion et les métamorphoses de l'humanisme



Les premières pages d'un livre de Luc Ferry paru fin 2010. Ce que je pressentais depuis quelque temps, que tout nous ramène à l'amour, amour filial, amour charnel, amitié, fraternité, que notre vie est guidée par l'amour, est conceptualisé dans son essai que je vous recommande. Lumineux. 

« L'amour a toujours été pour moi la plus grande des affaires, ou plutôt la seule. » Stendhal

C'est une évidence qui crève les yeux, qui traverse et bouleverse en permanence nos vies privées.

Pourtant, nous osons à peine l'avouer hors l'intimité la plus restreinte: c'est l'amour qui donne tout son sens à nos existences.  C'est lui qui nous contraint, ne fut-ce que pour nos enfants, à ne pas céder au pessimisme, à nous intéresser malgré tout à l'avenir, à ne pas négliger tout à fait une vie politique que nous jugeons par ailleurs dérisoire. La plupart  des anciens tabous ont aujourd'hui sauté. Nous n'hésitons plus à parler du sexe, de l'argent et même de la mort.

Sous l'effet des sciences humaines et  des philosophies du soupçon, du marxisme et de la psychanalyse, la transgression des interdits ne nous effraie  plus guère, mais d'amour, curieusement il nous est difficile de parler en raison. Il n'est qu'accessoirement  objet de pensée conceptuelle. Pour l’essentiel il reste le domaine réservé de la fiction, au cinéma ou de la chanson.

Or, sous toutes ses formes, qu'on l'appelle sentiment, passion, tendresse, amitié ou fraternité, qu’il porte sur nos femmes ou nos maris, nos enfants ou nos parents, nos frères, nos sœurs ou nos amis, voire, comme dans  la tradition philanthropique et caritative, sur l'humanité entière, c'est lui qui anime notre vie psychique, morale, spirituelle, culturelle et même, intellectuelle et politique. Sans lui rien n’aurait de signification pour nous. Ce serait pour le coup, le vrai désenchantement du monde. Quand il nous fuit, que pour une raison ou pour une autre, il vient à nous manquer - mort d'un être cher, séparation, rupture ou simple période de basses eaux amoureuses -, c'est l'univers entier qui devient terne et s'assombrit. Ce que je dis là, tout le monde le sait, tout le monde le sent. C'est une banalité. Ce qui l'est moins, et qui fait tout, l'objet de ce livre, c'est que l'amour n'est plus seulement cette expérience intime et bouleversante qu'il fut très certainement depuis l'aube des temps, mais pour la première fois peut- être dans l'histoire, il est devenu le principe fondateur d'une nouvelle vision du monde, le véritable foyer qui redonne sens et réorganise aujourd'hui les valeurs qui ont nourri la civilisation européenne moderne.

De tout  autres principes ont, par le passé, commandé l'éthique de nos ancêtres : le Cosmos des grecs, le Dieu des juifs et des chrétiens, la Raison et les droits de l'humanisme moderne et républicain avec ses prolongements politiques, le patriotisme, le colonialisme ou l'idée révolutionnaire . Ils furent en leur temps des motifs de sacrifices collectifs autrement plus éminents et prégnants que ne l’étaient les exigences de la vie sentimentale. C’est seulement de manière tardive, dans l'Occident moderne, sous l'effet d'une histoire très singulière, celle de la famille moderne : de la naissance, puis de la généralisation du mariage librement choisi, que l'amour a remplacé peu à peu tous les autres principes pourvoyeurs de sens, toutes les autres sources de légitimation de nos idéaux les plus puissants.

Luc Ferry fait sa "révolution de l'amour"


INTERVIEW VIDÉO

Le Monde des Religions

Camille Tassel - publié le 29/11/2010


Après Familles je vous aime, paru en 2007, Luc Ferry publie La Révolution de l'amour, qui sera son "dernier" essai, dans lequel l'amour révolutionnaire guillotine le mariage de raison et accouche de la laïcité, vers la sacralisation de l’humain.


"Mourir pour des idées, d'accord", fredonnait Georges Brassens avant d'ironiser : "C'est bien beau mais pour lesquelles?" Pour Dieu, pour la patrie, pour la révolution? Aujourd'hui, personne ne mourrait plus pour ces vieilles figures surannées du sacré. Mais seulement pour le visage de proches, du prochain, l'on se"sacrifierait". Une sacralisation de l'humain que Luc Ferry réinvente, non pas au sens religieux, mais humaniste.

Saluant la silhouette de Pic de la Mirandole, l'ombre d'Ulysse et l'épopée de Gilgamesh, Luc Ferry défend la vision d'une"spiritualité laïque", telle une sotériologie. De cette révolution de l'amour naîtrait une transcendance, non plus par l'Autre (Dieu) mais par et en l'autre (le proche, le prochain), telle une transcendance dans l'immanence. 

Au "désenchantement du monde" de Max Weber, à la "mélancolie démocratique" de Pascal Bruckner, à "l'ère du vide" de Gilles Lipovetsky, désillusions qui ne voient que ce qui a disparu par les yeux tristes de la "conscience malheureuse hégélienne", Luc Ferry perçoit  un nouvel humanisme post-nietzchéen à même de déconstruire ce premier humanisme "en tant que nihilisme achevé".


Pour aller plus loin

-La Révolution de l'amour (Plon, 2010).
-Apprendre à vivre, La Sagesse des mythes (tome 2, Plon, 2008).
-Apprendre à vivre (Plon, 2006, prix Aujourdhui).
-L'Homme Dieu ou le sens de la vie (Grasset,1996, Prix littéraire des droits de l'homme).
-Le Nouvel Ordre écologique (Poche, 1992, prix Médicis Essai).
-Philosophie politique (avec Alain Renaut, PUF, 1984).