dimanche 12 août 2012

Mozart - Noces de Figaro - L'air de chérubin - Voi che Sapete



Ce que c'est que l'amour vu par Mozart...
"L'air de Chérubin" 
Extrait des Noces de Figaro - Mozart 
Livret de da Ponte (adapté de Beaumarchais, "Le mariage de Figaro") 
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Voi che sapete che cosa è amor,
Donne, vedete s'io l'ho nel cor.
Quello ch'io provo vi ridirò.
E per me nuovo, capir nol so.

La plus belle lettre de rupture de la littérature française

Lettre de rupture de Georges Sand à Alfred de Musset :

"Venise, 12 mai 1934,


Non, mon enfant chéri, ces trois lettres ne sont pas le dernier serrement de main de l’amante qui te quitte, c’est l’embrassement du frère qui te reste. 
Ce sentiment-là est trop beau, trop pur, et trop doux, pour que j’éprouve jamais le besoin d’en finir avec lui.
Que mon souvenir n’empoisonne aucune des jouissances de ta vie, mais ne laisse pas ces jouissances détruire et mépriser mon souvenir.
Sois heureux, sois aimé. Comment ne le serais-tu pas ? Mais garde-moi dans un petit coin secret de ton cœur, et descends-y dans tes jours de tristesse pour y trouver une consolation, ou un encouragement.
Aime donc, mon Alfred, aime pour tout de bon.
Aime une femme jeune, belle, et qui n’ait pas encore aimé, ménage-là, et ne la fais pas souffrir.
Le cœur d’une femme est une chose si délicate quand ce n’est pas un glaçon ou une pierre !
Je crois qu’il n’y a guère de milieu et il n’y en a pas non plus dans ta manière d’aimer.
Ton âme est faite pour aimer ardemment, ou pour se dessécher tout à fait.
Tu l’as dis cent fois, et tu as eu beau t’en dédire rien, rien n’a effacé cette sentence-là,
il n’y a au monde que l’amour qui soit quelque chose.
Peut-être m’as-tu aimée avec peine, pour aimer une autre avec abandon.
Peut-être celle qui viendra t’aimera-t-elle moins que moi, et peut-être sera-t-elle plus heureuse
et plus aimée.
Peut-être ton dernier amour sera-t-il le plus romanesque et le plus jeune.
Main ton cœur, mais ton bon cœur, ne le tue pas, je t’en prie.
Qu’il se mette tout entier dans toutes les amours de ta vie,
afin qu’un jour tu puisses regarder en arrière et dire comme moi, j’ai souffert souvent,
je me suis trompé quelquefois mais j’ai aimé."

Petite leçon d'Alfred de Musset pour circonvenir une jeune pucelle

Extrait de : On ne Badine pas avec l’Amour - Alfred de Musset - La tirade de Perdican (acte II, scène 5).

"On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé."

Le contexte :
Perdican est amoureux
 de Camille qui a passé un certain temps dans un couvent où les nonnes lui ont dit pis que pendre des hommes et bien qu'elle aime Perdican elle va finir par le perdre car elle ne veut pas prendre le risque de l'amour. Pour la convaincre Perdican lui dit cette tirade admirable, l'une des plus célèbres du théâtre français :

"PERDICAN
Sais-tu ce que c'est que des nonnes, malheureuse fille ? Elles qui te représentent l'amour des hommes comme un mensonge, savent-elles qu'il y a pis encore, le mensonge de l'amour divin ? Savent-elles que c'est un crime qu'elles font, de venir chuchoter à une vierge des paroles de femme ? Ah ! comme elles t'ont fait la leçon ! Comme j'avais prévu tout cela quand tu t'es arrêtée devant le portrait de notre vieille tante ! Tu voulais partir sans me serrer la main ; tu ne voulais revoir ni ce bois, ni cette pauvre petite fontaine qui nous regarde tout en larmes ; tu reniais les jours de ton enfance ; et le masque de plâtre que les nonnes t'ont plaqué sur les joues me refusait un baiser de frère ; mais ton coeur a battu ; il a oublié sa leçon, lui qui ne sait pas lire, et tu es revenue t'asseoir sur l'herbe où nous voilà. Eh bien ! Camille, ces femmes ont bien parlé ; elles t'ont mise dans le vrai chemin ; il pourra m'en coûter le bonheur de ma vie ; mais dis-leur cela de ma part : le ciel n'est pas pour elles.

CAMILLE
Ni pour moi, n'est-ce pas ?

PERDICAN
Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. ”
Il sort."