mardi 8 mai 2012

Le prologue de l'évangile de Jean


Le prologue de l'évangile de Jean « le disciple que Jésus aimait » : la lumière et la parole

21 décembre 2010 à 12:46

Petite interprétation toute personnelle de deux grands thèmes du prologue de l'évangile de Jean : la lumière et la parole.

Jean, « le disciple que Jésus aimait ». Dans le récit du dernier repas, il est placé " tout contre Jésus " (Jean 13,23) puis " se penche sur [sa] poitrine " (Jean 13,25). Plus tard, il est au pied de la croix (Jean 19,26), puis il entre dans le tombeau vide où il " voit et croit " (Jean 20,8). Il est encore présent dans l’épilogue au bord du lac de Tibériade où il reconnaît le Ressuscité (Jean 21,7), suit Pierre et Jésus (Jean 21,20). Enfin, il est présenté par Jésus comme celui qui " demeure " et, par le narrateur, comme témoin véridique et auteur de l’évangile (Jean 21,24).

Jean, l’auteur qui énonça à travers le quatrième Evangile les trois plus hauts concepts initiatiques que sont la parole, la Lumière et l'Amour. Le quatrième Evangile débute par un texte d'une haute portée initiatique : La doctrine du Verbe fait chair, c'est-à-dire de la liaison divine incarnée dans l'Humanité :
    1. 1     Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu.
    1.2.      Elle était au commencement avec Dieu.
    1.3.      Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
    1.4.      En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
    1.5.      La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
    1.6.      Et la parole a été faite chair et elle a habité parmi nous.  

1. La vie était la lumière des hommes :  D’un point de vue matérialiste le vivant est littéralement fils de la lumière. Sans la lumière du soleil, pas d'énergie photonique, pas de photosynthèse, pas de vie, pas de végétaux, pas d'animaux, partant pas d'homme, pas d’humanité. Dans cette perspective, la phrase du prologue pourrait être inversée « la lumière était la vie ».




Les êtres vivants, végétaux et animaux ont deux fonctions principales : maintenir leur structure, pour pouvoir la reproduire et répliquer ainsi leurs gènes. Pour maintenir leur structure, les êtres vivants agissent en véritables transformateurs d'énergie branchés en permanence sur une source extérieure, le soleil d'où provient en définitive l'énergie chimique contenue dans les aliments que nous absorbons. Les aliments sont en quelque sorte de l'énergie solaire en conserve. Quand on se nourrit, on se nourrit de soleil.

Le soleil émet un rayonnement électromagnétique sous la forme de photons. Par la photosynthèse, dont le catalyseur essentiel est un pigment vert, la molécule de chlorophylle des plantes vertes, l'énergie électromagnétique des photons est mise en réserve dans les plantes, dans les liaisons chimiques du sucre tandis que ce même processus de photosynthèse libère dans l'atmosphère de l'oxygène gazeux.

Dans une seconde étape, le sucre, servant cette fois d'aliment, est brûlé en présence d'oxygène dans les cellules des animaux et des plantes. Cette combustion froide appelée respiration fournit de l'énergie directement utilisable par la cellule sous forme de petite monnaie. Cette monnaie circulante est le combustible interne utilisé par tous les êtres vivants sans exception (après les nucléotides de l'ADN voilà encore de l'universalité) : l'ATP ou adénosine triphosphate.

Les produits de la combustion sont le gaz carbonique et l'eau. Le règne végétal fournit ainsi au règne animal le sucre et l'oxygène, agents de la respiration cependant que l'animal renvoie à la plante le gaz carbonique, source de carbone minéral à partir duquel la plante fabrique les composés organiques dont elle a besoin. Ainsi circule l'énergie dans le monde vivant.


2. « La parole était Dieu … toutes choses ont été faites par elle »

Dans l'optique de la Bible, l'homme est créé à l'image de Dieu.

« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu »  Genèse 1-27 .

L’homme est doté de ce qui le rend semblable à Dieu, la Parole, qui le rend capable de créer. Le Verbe est Création. Si l’humanité est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est bien grâce à la formidable avancée permise par l’apparition du langage qui permet l’expression des fonctions symboliques, puis du dessin et bien plus tard de l’écriture qui sont en quelque sorte la forme matérielle du langage.

La parole est le propre de l’homme. Le langage articulé, structuré, par opposition à l'expression animale, est plus qu'un mode de communication. Il est un mode de transmission (des acquis culturels : taille de la pierre, maîtrise du feu, pratiques funéraires, ...), de création  artistique et technique (de nouveaux savoirs, de nouvelles technologies). En un mot, une condition indispensable à l'évolution culturelle et intellectuelle de l'humanité.

La parole, le verbe, a permis à l’homme et dans le règne du vivant, à l’homme seul, de transmettre à sa descendance non seulement les comportements instinctifs qui sont dans son programme génétique mais aussi de mémoriser les connaissances et découvertes accumulées par les générations précédentes au fil des siècles, ce que le reste du monde animal, qui de dispose pas du langage articulé ne peut faire, se contentant de transmettre pour l’essentiel, des comportements instinctifs.

Le XXIe siècle a vu le développement de l’informatique et de l’internet qui permet de mettre quasi instantanément à la disposition de tout homme cette somme de savoirs. Il a désormais littéralement au bout des doits toutes les bibliothèques, tous les livres, tout le savoir et toute la sagesse humaine formulée depuis l’apparition de l’écriture il y a 3.300 ans avant Jésus-Christ dans la civilisation sumérienne sur les berges du Tigre et de l’Euphrate, à l’emplacement de l’Irak actuel.

Aujourd'hui la technologie a conféré à l'Homme un pouvoir éminent. Il est capable de modifier toutes les fonctions qui ont modelé son évolution, ses conditions naturelles, sa vie et son environnement. Les procréations médicalement assistées et les nouvelles molécules pharmaceutiques modifient le processus de la sélection naturelle ; il est même capable de modifier son patrimoine génétique. Sa responsabilité se trouve engagée. Il est désormais maître de son destin, Il est Dieu, il est devenu homme-Dieu, créateur de sa propre destinée.

Ill a goûté à l’arbre de la connaissance du bien et du mal au risque de s’attirer les foudres de son créateur ou plus probablement de causer sa propre perte par un usage insensé de ses inventions. Une guerre atomique planétaire ou un accident cosmique et l’homme peut disparaître de la surface de la terre. Ayons toujours en mémoire le sort funeste de la lignée des dinosaures.


Dans son dialogue avec Eve, le serpent lui a dit pour la convaincre de croquer la pomme :

« Dieu sait que le jour où vous mangerez les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme des Dieux, connaissant le bien et le mal » Genèse 3-5.



L’homme est devenu, tel Lucifer, un "Porteur de lumière" (du latin lux « lumière » et fero « porter »). Lucifer est à l’origine un personnage des mythologies romaine et grecque, Dieu de lumière et de connaissance. C'est l'un des noms que les Romains donnaient à l'étoile du matin, autrement dit à la planète Vénus.

Dans la Bible, le nom Lucifer est utilisé pour traduire « l’astre brillant, étoile du matin » du Livre d'Isaïe qui désigne un roi de Babylone raillé pour sa volonté de s'élever au-dessus de sa condition d'homme et de dépasser Dieu.

Isaïe 14:11-14 : « Ta magnificence est descendue dans le séjour des morts, sous toi est une couche de vers et les vers sont ta couverture. Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, étoile du matin ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, à l'extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très Haut». 


3. Petit résumé didactique sur l'évolution culturelle de l'homme pour fixer les esprits



Il y a sans doute un peu plus de 6 millions d'années un groupe de primates acquiert la station érigée bipède. Ce sont les premiers hominidés. Leurs caractéristiques anatomiques ne permettent pas encore le langage articulé.

Homo habilis
C'est vers 2,5 millions d'années, qu'émerge une nouvelle forme d’hominidés, l'Homo habilis, chez qui toutes les caractéristiques anatomiques pour l'existence d'un langage articulé sont présentes et qui invente l'outil manufacturé. Avec ces deux acquisitions fondamentales, l'apparition du langage articulé et l'invention de l'outil, a débuté, il y a 2,5 millions d'années, la fabuleuse aventure culturelle de l'Homme.

Ce sont leurs descendants, les Homo erectus, qui, vers 1,5 million d'années dans l’actuelle Ethiopie fabriquent les premiers bifaces, outils qui présentent à la fois une symétrie bilatérale et bifaciale. L'Homme a acquis la notion de symétrie et le sens de l'harmonie. Il est capable de fabriquer de beaux outils avec une retouche soignée et régulière, parfois taillés sur des roches de belle couleur. Ce n'est pas parce qu'il est soigneusement taillé sur une belle roche que l'outil est plus fonctionnel. L'Homme a maintenant acquis le sens du beau et le goût du travail bien fait ; il se transcende par la beauté.

C'est vers 400 000 ans que l'Homme domestique le feu, nouveau facteur d'hominisation.


Les Homo erectus, qui ont évolué lentement au cours de près de deux millions d'années, au rythme de l'évolution biologique des hominidés, ont apporté au patrimoine culturel de l'Homme de nombreuses acquisitions : la notion de symétrie et le sens de la beauté, la domestication du feu, la taille des silex, les premiers balbutiements de la pensée symbolique. L'évolution culturelle s'accélère alors que l'évolution morphologique poursuit son lent chemin.



À partir de 100 000 ans, avec les Homo neandertalensis, évolution ultime des Homo erectus apparaissent les premières sépultures véritables liées aux premiers rites funéraires. L'Homme s'interroge alors sur sa signification, sur sa place dans l'histoire de l'univers et de la vie, sur son avenir et celui de ses proches. Il n'accepte pas sa propre disparition ni celle des membres de sa famille ou de son groupe. Il veut poursuivre sa route au-delà de la mort. C'est alors qu'il enterre le défunt et dépose dans la fosse sépulcrale des offrandes pour le voyage dans la vie future. C'est la naissance de l'angoisse métaphysique et l'émergence de la pensée religieuse. En quelques millénaires, quelle évolution culturelle, alors que les néandertaliens sont encore, par leur morphologie, très proches des Homo erectus !



A partir de 35 000 ans, émerge, chez l’Homo sapiens le développement de la pensée symbolique. L'évolution culturelle s'accélère et prend maintenant le pas sur l'évolution morphologique. L'Homme inscrit alors des signes sur la pierre ou l'argile. Ces  premiers signes symboliques correspondent à des idéogrammes. En combinant des signes, les hommes combinent des idées. C'est ainsi que va naître l'écriture qui permettra à l'Homme de transmettre des messages à travers l'espace et à travers le temps. Les premières écritures apparaissent en Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate, à Sumer, vers 3 300 ans avant J.-C., avec les signes cunéiformes. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire