La place de l’homme dans l’univers
20 octobre 2010 à 17:55
Un petit papier inspiré par un article du journal le Monde du 20 octobre sur une fleur la Paris Japonica qui pousse dans les montagnes du centre du Japon et possède 50 fois plus d’ADN que l’homme.
Au cours des temps, la Science a infligé deux affronts à l'amour-propre de l'homme qui n’ cessé de rapetisser :
Premier affront en 1543, quand Nicolas Copernic un astronome polonais, a démontré que la c'est la Terre qui tourne autour du Soleil et non l'inverse, il a ainsi remis en question l'idée universellement admise jusque-là selon laquelle l'habitat de l'homme était au centre de l'Univers. Il a ainsi délogé la terre de sa place centrale dans l'Univers pour la remplacer par le soleil. Notre terre s’est retrouvée reléguée au rang d’une simple planète tournant autour d’une étoile.
Au XIXe siècle, on a découvert que le soleil lui-même n’était pas au centre de notre voie lactée : il s’est perdu à son tour parmi les cinq milliards d’étoiles qui constituent notre galaxie. Après la Terre c’était au tour du soleil d’être ramené au rang d’une simple étoile à la banlieue d’une modeste galaxie. Un point insignifiant dans un système aux dimensions à peine concevables pour l'esprit humain.
L’univers se réduisait-il à la voie lactée ? C’était la grande question au début du XXe siècle. Y avait-il d’autres mondes, d’autres univers-îles, comme Kant les appelait, qui étaient au-dehors de notre voie lactée ? Hubble apporta la réponse en mesurant la distance de la galaxie la plus proche de nous et semblable à la voie lactée : Andromède. Il démontra que celle-ci est située à deux millions d’années-lumière ; c’est-à-dire que la lumière qui parvient maintenant à nos télescopes est partie de là-bas avant que le premier homme apparaisse sur terre.
Cette distance est à comparer avec le diamètre de notre voie lactée : seulement 90 000 années-lumière. Les portes de l’univers extragalactique se sont ouvertes toutes grandes et maintenant, nous savons que notre voie lactée n’est qu’une galaxie parmi environ cent milliards d’autres galaxies qui peuplent l’univers observable. Si les galaxies sont les «maisons» de l’univers, une galaxie comme la nôtre se groupe en « groupe local » avec la galaxie d’Andromède et une vingtaine de galaxies naines. Le groupe-local équivaut à un « petit village » de l’univers. Les galaxies peuvent s’assembler en plus grand nombre dans des amas, des ensembles de milliers de galaxies qui sont comme des « villes de province » de l’univers ; et puis ces amas peuvent même s’assembler en super-amas comme des grandes « métropoles » de l’univers. Les galaxies ne sont pas uniformément distribuées dans l’espace : il y a de grands vides en forme de bulle de savon, avec des diamètres de cent millions d’années-lumière, et de grands murs de galaxies qui s’étendent aussi sur des centaines de millions d’années-lumière.
L’homme s’est donc rapetissé de plus en plus dans l’espace. Je rappelle qu’une minute-lumière équivaut à 18 millions de Km ; une heure-lumière à un milliard de Km ; une année-lumière à 10 mille milliards de Km. La distance soleil-terre, c’est 8 minutes-lumière ; le système solaire jusqu’à Pluton, c’est 5,2 heures de lumière ; la distance du soleil au centre galactique est de 30 000 années-lumière ; la voie lactée est un disque de 90 000 années-lumière ; la distance de la voie lactée à Andromède est de 2 millions d’années-lumière. Puis nous arrivons à de plus grandes dimensions ; des groupes de galaxies avec des diamètres de 6 millions d’années-lumière ; des amas de galaxies de diamètre de 30 millions d’années-lumière ; avec les télescopes les plus puissants de la terre, on peut regarder très loin dans l’espace, jusqu’à une distance de 12 milliards d’années-lumière. Et l’univers observable, c’est-à-dire la partie de l’univers dont la lumière a eu le temps de nous parvenir, a un rayon de 15 milliards d’années lumière.
Puisque l’espace et le temps sont connectés, car, en ce qui concerne l’univers observable, la distance est un temps multiplié par la vitesse de la lumière, l’homme en se rapetissant dans l’espace, s’est aussi rapetissé dans le temps. Pour illustrer cela plus clairement, je vais comprimer toute l’histoire des 15 milliards d’années de l’évolution cosmique en une année et je vais vous présenter un calendrier cosmique. Le Big-Bang a lieu le 1er janvier, la formation de la voie lactée quelques mois plus tard, le 1er avril ; et puis la formation du système solaire encore plus tard, le 9 septembre seulement. Et puis survient la longue évolution de la vie sur terre ; la première cellule vivante apparaît le 25 septembre ; les plus vieux fossiles — les bactéries et les algues bleues — le 9 octobre ; puis l’invention du sexe par les micro-organismes, le 1er novembre. Le 19 décembre apparaissent les premiers poissons. Les premiers insectes font leur apparition le 21 décembre ; les premiers arbres arrivent seulement le 23 décembre ; les premiers oiseaux, le 27 décembre ; puis les dinosaures sortent de scène le 28 décembre, après quatre jours d’existence.
Toute l’évolution de l’homme se passe le 31 décembre. Les premiers hommes rentrent en scène à 22h30, et l’homme civilisé ne survient qu’à la dernière minute de l’année ! Les peintures de Lascaux sont faites à 23h 59minutes ; la civilisation égyptienne, le développement de l’astronomie se produisent pendant les 10 dernières secondes de l’année : 23h59 minutes 59 s ; Bouddha et le Christ n’arrivent que dans les 5 dernières secondes de l’année ; la Renaissance et la naissance de la science occidentale, la conquête de l’espace, la recherche d’une existence extra-terrestre et le péril écologique ne surviennent qu’à la dernière seconde de l’année.L’homme civilisé occupe vraiment un temps infime dans l’évolution cosmique. Je suis enclin à penser, comme Jacques Monod, que l’homme a émergé par hasard dans un univers sans limites qui lui est complètement indifférent.
Le second coup de grâce a été porté lorsqu’en 1859 Charles Darwin a retiré à l'homme son statut de créature particulière, d'élu de Dieu, pour le reléguer au simple rang de descendant du monde animal. De centre autoproclamé de l’Univers et de la création, de nombril du monde, nous sommes devenus une espèce animale comme les autres, entretenant des liens de parenté avec les autres espèces. Bref, du statut d’être à part de la nature, l’homme se voyait désormais comme une partie de la nature. L’être humain a dû admettre qu’il ne devait pas son existence à une volonté divine mais plutôt à une longue évolution biologique non orientée, régie uniquement par les lois aveugles du hasard inhérent aux mécanismes de la reproduction sexuelle et de la nécessité de l’adaptation au milieu.
Il croyait descendre de Dieu qui avait créé l’Univers exclusivement pour lui mais descendait en fait du singe. Pouvait-il tomber plus bas hé bien il semble que oui car au fond de lui-même l’homme même s’il admettait n’être qu’un maillon de la chaîne du vivant était persuadé être l’être le plus complexe de la nature le plus abouti, peu importe que cela relève du pur hasard et non d’une volonté divine, à lui le prix de la complexité.
Eh bien patatras il semble que ce n’est même pas le cas à l’échelle de la cellule puisqu’une petite fleur la Paris Japonica qui pousse dans les montagnes du centre du Japon possède 50 fois plus d’ADN que l’homme. Cette plante détient désormais le record du plus grand génome jamais découvert pour un être eucaryote (dont les cellules sont dotées d’un noyau).
Les chercheurs ont évalué à 152,23 picogrammes (un picogramme (pg) est égal à un gramme divisé par mille milliards). Cette masse correspond à environ 150 000 millions de paires de nucléotides (ATCG, l’alphabet de base de l’ADN).
Le plus petit génome étudié jusqu’à présent est celui d’un parasite. Il ne pèse que 0.0023 pg. En comparaison celui de l’homme a une masse de 3 pg, soit un nombre de paires de bases plus de 50 fois inférieur à celui de la belle plante japonaise.
Cette plongée dans l'univers va vous faire réévaluer toute votre existence par Gentside Découverte

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