vendredi 11 mai 2012

Aristote traite du sperme


Aristote est un encyclopédiste qui a donné son avis sur tout mais absolument sur tout et s'est planté sur tout, absolument sur tout. C'est à lui que l'on doit la postérité de la théorie des 4 éléments composant l'Univers (le terre, l'air, l'eau , le feu).
Juste pour rire un passage de son traité de la génération des animaux où il disserte sur le sperme. Pour une fois les garçons pourront lui donner raison  : "le sperme sort de l'animal, il est épais et blanc ; une fois refroidi, il devient liquide comme l'eau, et il prend la couleur de l'eau". J'ai moi même pu le vérifier c'est vous dire. Conclusion du philosophe sur la question : le sperme est un mélange d'élément air et eau... Décoiffant.
"Pour répondre aux questions que nous nous étions posées antérieurement, nous venons d'expliquer quelle est la cause qui, en tant que principe, produit dans tout animal le premier mouvement et qui l'organise. Mais, il nous reste encore à éclaircir bien des questions sur la nature du sperme. Quand le sperme sort de l'animal, il est épais et blanc ; une fois refroidi, il devient liquide comme l'eau, et il prend la couleur de l'eau. Le fait peut paraître assez singulier; car l'eau ne s'épaissit pas en s'échauffant; mais, le sperme sort épais de la chaleur intérieure; et s'il devient liquide, c'est par le refroidissement. Cependant, tous les liquides se congèlent, tandis que le sperme mis à l'air, par des jours de glace, ne se congèle pas, et devient liquide, comme s'il ne pouvait s'épaissir que par le contraire du froid. Il est vrai que la raison ne comprend pas davantage que ce soit la chaleur qui l'épaississe. Tous les corps qui sont plutôt terreux se condensent et s'épaississent quand on les échauffe, comme on le voit par le lait. Le sperme en se refroidissant devrait donc devenir solide ; mais il ne prend pas du tout de solidité, et il devient tout entier comme de l'eau.  Voici donc où est la difficulté : si le sperme est de l'eau, on peut observer que l'eau ne s'épaissit pas par la chaleur, tandis que le sperme sort épais et chaud du corps, qui est chaud, ainsi que lui. Si le sperme est terreux, ou s'il est un mélange d'eau et de terre, il ne devrait pas devenir tout entier liquide, ni devenir tout à fait de l'eau."


Démocrite, Épicure, Lucrèce


Démocrite, Épicure, Lucrèce : 
Philosophie des atomes et pensée du plaisir 


Transcription d'une conférence du philosophe Jean Salem. Un excellent résumé de la doctrine d'Epicure.

Démocrite-Épicure-Lucrèce . Introduction 

Démocrite, Épicure et Lucrèce ont enseigné que tout dans l’univers est fait d’atomes et de vide. En prêtant notre attention à l’agitation désordonnée des grains de poussière dans un rayon de soleil, déclare Démocrite, 

1°/ nous pouvons observer l’effet visible des collisions qui interviennent sans cesse entre les atomes (atomoi=indivisibles) dont ces poussières elles-mêmes sont formées. 

2°/ nous avons une image sensible des mouvements invisibles dont sont éternellement animés les corpuscules élémentaires. 

jeudi 10 mai 2012

La règle d'or



Pour illustrer la vidéo de Marcel Conche dans laquelle il parle des fondements de la morale, un article repris in extenso de Wikipédia sur la Régle d'or. 

Pour Marcel Conche, " Nos devoirs moraux sont très peu de choses finalement. Il ne faut pas faire de mal de manière injuste à autrui, il faut respecter la personne d'autrui, il faut aimer son prochain comme soi même, mais une fois que vous avez satisfait ces devoirs inconditionnels, eh bien après vous faites de votre vie ce que ce que vous voulez".

Pour ceux qui veulent creuser le sujet faites comme-moi commandez le livre d'Olivier Du Roy paru en janvier 2012 aux éditions du Cerf.



Éthique de réciprocité

L’éthique de réciprocité ou « règle d'or » est une morale fondamentale dont le principe est trouvé dans pratiquement toutes les grandes religions et cultures, et qui signifie simplement : « aime ton prochain comme toi-même » « traite les autres comme tu voudrais être traité » et au delà « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fût fait ». Cette maxime a été appelée "règle d'or (Golden Rule)" pour la première fois en 1615, par Thomas Jackson, grand théologien et prédicateur anglican.
C'est sûrement la base essentielle pour le concept moderne des droits de l'homme et en tous les cas rien à voir avec la règle d’or budgétaire.

Interprétation

Cette éthique n'a aucun sens si elle est prise sans empathie, c'est-à-dire sans prendre en compte les besoins et les sentiments de l'autre personne. Une autre façon d'écrire la règle serait "traite les autres comme tu voudrais être traité si tu étais à leur place."C'est pourquoi certains l'appellent plutôt : éthique de réversibilité. Ce n'est donc pas une règle pour imposer un système de pensée particulier, autrement il en résulterait des actions non éthiques. Elle implique la tolérance et l'universalisme (une application de cette règle à tous les hommes et pas seulement au groupe dont on fait partie).
L'éthique de réciprocité ne doit pas être confondue avec le principe de non-agression "Fais ce que tu veux tant que cela ne nuit pas aux autres" ou comme le dirait le franc-maçon Nicolas de Chamfort "Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale" , même si logiquement elle obtient ce même résultat de non-violence.
L'éthique de réciprocité s'oppose à la vengeance ou loi du talion ("Fais aux autres ce qu'ils t'ont fait").

 

Dans les religions et philosophies

Les principaux philosophes et religions de l'histoire ont énoncé l'éthique de réciprocité de différentes manières:
·       Bouddhisme : « Ne blesse pas les autres de manière que tu trouverais toi-même blessante. » - Udana-Varga 5:18 (environ -500)
·      Judaïsme : « Tu ne te vengeras pas, ou tu ne porteras aucun grief contre les enfants de ton peuple, tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis le seigneur. » Torah, Lévitique 19:18. (environ -1280/-650). Cette règle est ainsi présentée par Hillel (vers le début de l'ère chrétienne, avant les enseignements de Jésus de Nazareth) : « Ce que tu ne voudrais pas que l'on te fît, ne l'inflige pas à autrui. C'est là toute la Torah, le reste n'est que commentaire. Maintenant, va et étudie. » (Talmud de Babylone, traité Shabbat 31a.), à un homme qui lui demande de lui expliquer le sens de la Torah, « le temps de rester debout sur un pied ».
·        Christianisme : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » Jésus de Nazareth (environ -5/32) (Mt 22. 36-40), « Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes. » Jésus de Nazareth (Mt 7. 12), et aussi Matthieu 22:39, Luc 6:31, Luc 10:27.
·       Confucianisme : « Ce que tu ne souhaites pas pour toi, ne l'étends pas aux autres. » - Confucius (environ -551 - -479)
·        Hindouisme : « Ceci est la somme du devoir; ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent. » Mahabharata (5:15:17) (Environ -500)
·       Islam : « Aucun d'entre vous ne croit vraiment tant qu'il n'aime pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. » Mahomet (570-632), Hadith 13 de al-Nawawi.
·         Jaïnisme : « Rien qui respire, qui existe, qui vit, ou qui a l'essence ou le potentiel de la vie ne devrait être détruit ou dirigé, ou subjugué, ou blessé, ou dénié son essence ou son potentiel. Pour renforcer cette vérité, je vous pose une question : est-ce que le désespoir ou la douleur sont quelque chose de désirable pour vous ? Si vous répondez oui, ce serait un mensonge. Si vous répondez non, vous exprimez la vérité. Juste comme le désespoir et la douleur ne sont pas désirables pour vous, il en est de même pour tout ce qui respire, ou existe, vit ou a l'essence de la vie. Pour vous et pour tous, ceci n'est pas désirable, et douloureux, et répugnant. »
·      Taoisme : « Regarde le gain de ton voisin comme ton propre gain, et la perte de ton voisin comme ta propre perte » T'ai Shang Kan Ying P'ien, « Le sage n'a pas d'intérêt propre mais prend les intérêts de son peuple comme les siens. Il est bon avec le bon ; il est également bon avec le méchant, car la vertu est bonne. Il est croyant avec le croyant ; il est aussi croyant avec l'incroyant, car la vertu est croyante.  Dao De Jing (environ 600 av. J.-C), Chapitre 49.
·       Zoroastrisme : « La nature est bonne seulement quand elle ne fait pas aux autres quoi que ce soit qui n'est pas bon pour soi-même. » - Dadistan-i-Dinik 94:5 (environ -700).

 

L'Histoire de la règle d'or.

Il n'y a pas d'origine ou de filiation entre ses différentes attestations. Elle apparaît dans toutes les cultures et religions autour du V° siècle avant J.C. Elle connaîtra un développement important dans le Christianisme: Origène donne cette maxime comme expression de la loi naturelle, ce qui sera repris par tous les Pères de l'Église, particulièrement Jean Chrysostome ou Augustin d'Hippone. Luther, suivi en cela par tous les grands réformateurs, reprendra cette doctrine. On peut penser que c'est ce qui explique le succès de cette "Golden Rule" au 17° siècle anglais où l'on trouvera un premier ouvrage consacré entièrement à cette maxime sous la plume de Benjamin Camfield (1671). La règle d'or sera utilisée comme un slogan anti-esclavagiste part les Quakers, lorsqu'ils découvrent le sort des noirs en Amérique. Cela explique peut-être le succès de la règle d'or aux États Unis où elle donne lieu à une abondante littérature, y compris dans le domaine du management (Arthur Nash, J.C.Penney) et même de la politique, dans le grand discours de J.Kennedy contre la ségrégation raciale(1963) ou dans les discours de B.Obama au Caire (juin 2009) ou à Oslo (décembre 2009).

Les différentes formes de la règle d'or

C'est un philosophe allemand, Hans Reiner(1896-1991), qui a proposé de distinguer différentes formulation de la règle d'or: Il distingue la règle d'empathie qui part de nos désirs ou de nos craintes : ce que tu redoutes ne le fais pas à autrui; ce que tu désires qu'il te soit fait, fais-le toi-même pour les autres. Et d'autre part la règle d'équité qui part de nos jugements de valeur: ce que tu reproches à autrui, ne le fais pas toi-même; comme tu juges qu'autrui devrait agir à ton égard, agis toi-même vis-à-vis de lui.

mercredi 9 mai 2012

Michel Onfray se dévoile




Michel Onfray - université populaire par Dailygratuit

Marcel Conche : Une sagesse, une spiritualité sans Dieu


Une interview de Marcel Conche, un philosophe athée (encore un me direz-vous), qui incarne la figure contemporaine d’une sagesse humaine, délivrée des illusions mais ouverte au mystère des choses. André Comte-Sponville et Michel Onfray, parmi d’autres, ont reconnu leur dette à son égard.


Marcel Conche : une sagesse pour ce monde... par e-ostadelahi-fr



Marcel Conche : une sagesse pour ce monde... par e-ostadelahi-fr



La seconde partie de l'interview traite des fondements de la morale. C'est lumineux. Verbatim : 

" Nos devoirs moraux sont très peu de choses finalement. Il ne faut pas faire de mal de manière injuste à autrui, il faut respecter la personne d'autrui, il faut aimer son prochain comme soi même, mais une fois que vous avez satisfait ces devoirs inconditionnels, eh bien après vous faites de votre vie ce que ce que vous voulez. Nicolas de Chamfort a fort bien résumé cette approche : 


"Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale" 

La morale c'est un minimum car il y a des choses qu'on ne peut pas se permettre" sauf à prendre le risque de mettre sa vie en danger. "Le principe de la morale est ce qui est impliqué dans le dialogue entre deux êtres humains parce que par le simple fait de parler entre eux, ils se présupposent mutuellement comme des êtres libres, raisonnables et égaux en droit or ça c'est le principe de la morale, c'est à dire que nous sommes tous égaux en droits." et si nous prenons le risque de nier ce principe il est certain que notre prochain ne l'acceptera pas et à partir de là ce sera la porte ouverte à la guerre, à la destruction de son prochain, à sa propre destruction. La morale résulte de notre instinct de survie, de cette force vitale qui pousse le vivant à rester vivant, "la Volonté" selon Schopenhauer.

"L'homme est naturellement bon et il n'en vient au mal que quand il n'a pas ce qu'il veut. Si les hommes font beaucoup d'actions mauvaises, violentes, c'est qu'ils sont frustrés de quelque chose qu'il leur fallait. Mais originellement je ne pense pas qu'il y ait de penchants au mal car ça me paraitrait inimaginable que la nature ait créé des êtres pour être mauvais. » 

Henri Laborit ne dit rien d’autre lorsqu'il dit que si les objets de plaisir (au sens d'Epicure) et de nécessité sur la Terre (nourriture, matières premières, partenaires sexuels) étaient en quantité illimitée, il n'y aurait pas de compétition, pas de violence, pas de d'établissement de mécanismes de dominance. Tout un chacun pourrait aller, comme au supermarché, se procurer ce dont il a besoin et même ce dont il n'a pas besoin sans passer à la caisse. Malheureusement ce n'est pas le cas. Les objets de désir et de plaisir sont en quantité limitée et il faut se battre pour se les procurer.

« On subordonne toute sa vie à une valeur suprême. Pour le commun des mortels c'est le bonheur. »

André Comte-Sponville parle de la philosophie de son vieil ami et professeur, Marcel Conche, au petit fils de ce dernier. 13 minutes lumineuses, humaines, accessibles.


Marcel Conche - Corsica : André Comte-Sponville par konsh

Michel Onfray en fait de même :

Marcel Conche - Corsica : Michel Onfray par konsh

André Comte-Sponville : un athée de bonne foi

André Comte-Sponville définit une spiritualité sans Dieu...

Partie 1

Un Athé de bonne foi, A.C.Sponville (entretien)... par Introcrate

Partie 2


Un Athé de bonne foi, A.C.Sponville (entretien)... par Introcrate

Epicure - Lettre à Ménécée


Lien vers la page "Epicure" sur le site philolog


Epicure, Lettre à Ménécée par gaiffelet

Epicure à Ménécée, salut


Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l'exercice philosophique. Il n'est jamais trop tôt, qui que l'on soit, ni trop tard pour l'assainissement de l'âme. Tel, qui dit que l'heure de philosopher n'est pas venue ou qu'elle est déjà passée, ressemble à qui dirait que pour le bonheur, l'heure n'est pas venue ou qu'elle n'est plus. Sont donc appelés à philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune eu bien par esprit de gratitude à l'égard du passé. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid à l'égard de l'avenir.
En définitive, on doit donc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, s'il est vrai qu'avec lui nous possédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l'obtenir. Ces conceptions, dont je t'ai constamment entretenu, garde-les en tête. Ne les perds pas de vue quand tu agis, en connaissant clairement qu'elles sont les principes de base du bien vivre.
D'abord, tenant le Dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion de Dieu communément pressentie, ne lui attribue rien d'étranger à son immortalité, ni rien d'incompatible avec sa béatitude. Crédite-le, en revanche, de tout ce qui est susceptible de lui conserver, avec l'immortalité, cette béatitude.