Omar
Khayyam pratique, en toute sérénité d'âme, «l'indifférence à la foi et au
doute».
Ni l'étude, ni le raisonnement, ni l'intuition ne peuvent nous
éclairer, et l'impuissance est égale
de ceux qui par la science ou par la
religion espèrent résoudre l'énigme de ce monde.
Nous n'atteignons à aucune
vérité et il n'est pas de bonheur ou de châtiment supraterrestre.
Entre les
deux néants qui la limitent, la vie n'est que le temps d'une respiration.
Sachons en tirer
des joies précaires. Le vin, l'amour des femmes et des
adolescents mortels, la lune sur les terrasses,
la flûte de l'Irak dans les
vergers, le vent frais du matin, les roses à peine écloses, voilà la seule
réalité
de nos jours qui passent comme un songe. Après l'Ecclésiaste, il nous
répète de cent façons
«Tout est vanité et poursuite du vent,» mais il ajoute:
«Réjouis-toi dans le présent : c'est là le but
de la vie.»
de la vie.»
La pénétration de la
pensée, son aigu, la qualité cristalline de la forme, la richesse contenue des
images, l'absence de toute amplification lyrique, mettent Omar Khayyam au rang des plus rares
poètes.
Il n'existe pas de texte critique persan des œuvres d'Omar Khayyam. Le premier manuscrit (1460 A.D. - Bodléienne) où apparaissent les quatrains est de trois siècles et demi postérieur à la mort d'Omar Khayyam. Il comprend cent cinquante-huit quatrains. Les éditions les plus récentes de Calcutta et de Bombay en contiennent jusqu'à cinq cents. Ainsi pendant sept cents ans on a ajouté sans discernement à l'œuvre de Khayyam déjà adultérée dans le manuscrit de 1460. Nicolas a traduit en 1867, et indifféremment, tous les quatrains attribués à Khayyam.
images, l'absence de toute amplification lyrique, mettent Omar Khayyam au rang des plus rares
poètes.
Il n'existe pas de texte critique persan des œuvres d'Omar Khayyam. Le premier manuscrit (1460 A.D. - Bodléienne) où apparaissent les quatrains est de trois siècles et demi postérieur à la mort d'Omar Khayyam. Il comprend cent cinquante-huit quatrains. Les éditions les plus récentes de Calcutta et de Bombay en contiennent jusqu'à cinq cents. Ainsi pendant sept cents ans on a ajouté sans discernement à l'œuvre de Khayyam déjà adultérée dans le manuscrit de 1460. Nicolas a traduit en 1867, et indifféremment, tous les quatrains attribués à Khayyam.
1
Un matin, j'entendis venir de
notre taverne une voix qui disait :
A moi, joyeux buveurs, jeunes
fous ! Levez-vous,
et venez remplir encore une
coupe de vin,
avant que le destin vienne
remplir celle de notre existence.





