mercredi 8 octobre 2014
Religion
La religion est un système de croyance qui repose sur deux liens : « vertical » – avec un ou des dieux – et « horizontal » – avec une communauté d’hommes de foi. Si vous êtes croyant, la religion dépendra pour vous d’une révélation, sans quoi elle se confondrait avec la superstition ou la magie. Alors que le sorcier invoque les esprits, l’homme religieux se dit convoqué par son Dieu.
Aussi, bien que l’appartenance ou non à une religion dépende le plus souvent d’une tradition familiale, elle est en son principe le résultat d’une conversion. La religion s’adresse donc à la liberté de l’individu qu’elle prétend respecter – elle n’est donc pas une secte. La philosophie, qui tente d’évaluer quelle est la part de la raison dans ce choix, distingue alors la religion naturelle, qui concerne tous les hommes dans leur capacité à interroger le divin, et la religion révélée, qui s’adresse à une communauté de foi particulière. Quant au lien « horizontal », il intéresse davantage la sociologie : jusqu’à quel point l’institution religieuse produit-elle du lien social ?
Exemples
Le sacrifice d’Isaac
Dans le premier livre de la Bible (la Genèse), Dieu promet à Abraham une longue descendance. Mais Sarah, sa femme, est stérile. Elle tombe pourtant enceinte et accouche d’Isaac. Plus tard, Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils unique. Ce commandement semble absurde : il contredit la promesse de la descendance. Cependant Abraham obéit : il immolerait Isaac, son propre fils, si un ange ne retenait son bras meurtrier. Kierkegaard, dans Crainte et Tremblement, déduit de cette histoire qu’Abraham est le modèle de l’homme de foi car il croit en dépit de sa raison ou plutôt : il croit « en vertu de l’absurde ».
Le forcené qui annonce la mort de Dieu
Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche invente l’histoire d’un forcené qui se promène en plein jour avec une lanterne allumée, en s’écriant : « Je cherche Dieu. » À ceux qui lui demandent par moquerie « s’il l’a égaré », il explique alors que nous sommes tous les assassins de Dieu. Incompris, le forcené jette sa lanterne par dépit : il est arrivé trop tôt ; les hommes ne sont pas prêts à assumer la mort de Dieu, c’est-à-dire à créer leurs propres valeurs et à devenir des surhommes. Ce qui compte pour Nietzsche, ce n’est pas tant d’abattre des idoles que de « briser l’idolâtre qui est en nous » : il faut du courage pour surmonter le désir de Dieu.
Trois auteurs majeurs
Leibniz
Leibniz, dans la Théodicée, veut justifier Dieu contre l’objection du mal : comment croire à un Dieu bienveillant et tout-puissant quand on voit le malheur partout ? Ou bien Dieu ne peut empêcher le mal, et alors il n’est pas tout-puissant, ou bien Dieu veut le Mal, et il n’est pas bienveillant. Leibniz répond que « Dieu veut antécédemment le Bien et conséquemment le meilleur ». Parmi une infinité de mondes possibles, Dieu ne fait exister que le meilleur. Tout autre monde serait moins harmonieux. Tout mal est un moindre mal : il n’y a donc pas de contradiction entre la bienveillance et la toute-puissance de Dieu.
Feuerbach
Dans L’Essence du christianisme, Feuerbach, défenseur de l’athéisme, explique comment par un processus de projection, l’homme transfert toutes ses qualités à Dieu. C’est que l’homme, animal historique, ignore sa propre perfection et se crée donc un reflet parfait de lui-même (Dieu) pour comprendre qui il est. Mais il se perd dans cette projection. Feuerbach pense qu’il est temps pour l’homme d’accomplir « le meurtre de Dieu », de reprendre ce qu’il a mis en Dieu. « La religion n’est rien d’autre que la scission de l’homme avec lui-même. »
Weber
Le sociologue Max Weber montre dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme comment une croyance religieuse peut déterminer l’apparition d’une mentalité économique. Ainsi en va-t-il du calvinisme et du capitalisme qui ont en commun un rapport rationnel au travail : le croyant a pour devoir d’œuvrer à la gloire de Dieu sans jouir du produit de son activité. Or, produire sans consommer permet l’accumulation et donc le profit. C’est précisément ce que recherche le capitalisme.
Darwin : * SÉLECTION NATURELLE *
L'évolution biologique est causée par mutation et sélection naturelle. Comme tout être vivant, l'homme y est également sujet.
Le climat et les formations géologiques ont subi de nombreuses transformations depuis la constitution de la Terre qui s'est déroulée sur une période couvrant plusieurs millions d'années. Le milieu naturel favorise l'apparition et la reproduction de certains types biologiques et entrave le développement de certains autres. Les nombreux changements climatiques et environnementaux que la Terre traversa au cours des âges favorisa l'apparition successive de certaines formes de vie, et l'extinction d'autres par sélection naturelle.
Aucune espèce ne reste éternellement inchangée. Deux facteurs contribuent à l'évolution biologique : 1. la mutation génétique propre à l'espèce et 2. la sélection naturelle causée par la transformation de l'environnement. Toutes les espèces animales et végétales sont issues de la mutation et de la sélection naturelle. À l'instar de toute forme de vie, l'évolution de l'homme est soumise aux lois de l'évolution biologique.
Aucune espèce ne reste éternellement inchangée. Deux facteurs contribuent à l'évolution biologique : 1. la mutation génétique propre à l'espèce et 2. la sélection naturelle causée par la transformation de l'environnement. Toutes les espèces animales et végétales sont issues de la mutation et de la sélection naturelle. À l'instar de toute forme de vie, l'évolution de l'homme est soumise aux lois de l'évolution biologique.
Schopenhauer : La vie et la mort, ce n'est qu'une vibration de l'espèce
L'homme est, par nature, polygame alors que la femme est naturellement monogame. La nature vise à conserver l'espèce, non l'individu. Mettre un enfant au monde c'est condamner sa progéniture à une vie de souffrance et à la mort mais c'est permettre à l'espèce de se conserver. C'est pourquoi la jouissance sexuelle est si puissante. Elle dupe momentanément l'individu et détourne, par la jouissance, l'attention des amants lui permettant de faire son travail aveugle en se servant des corps de ceux-ci.
À un œil qui vivrait incomparablement plus longtemps, qui saisirait d'un seul regard la race humaine dans toute sa durée, l'alternance constante de la naissance et de la mort se présenterait comme une vibration continue, et, par la suite, il ne songerait pas à y voir un devenir toujours nouveau qui va du néant au néant. Au contraire, de même que pour notre regard, la lueur qui tourne à une grande vitesse apparaît comme un cercle immobile, l'espèce lui apparaîtrait comme ce qui est et subsiste, la mort et la vie, comme une vibration.
À un œil qui vivrait incomparablement plus longtemps, qui saisirait d'un seul regard la race humaine dans toute sa durée, l'alternance constante de la naissance et de la mort se présenterait comme une vibration continue, et, par la suite, il ne songerait pas à y voir un devenir toujours nouveau qui va du néant au néant. Au contraire, de même que pour notre regard, la lueur qui tourne à une grande vitesse apparaît comme un cercle immobile, l'espèce lui apparaîtrait comme ce qui est et subsiste, la mort et la vie, comme une vibration.
Schopenhauer : Le Nirvana, but ultime de l'homme
Les bouddhistes emploient avec beaucoup de raison le terme purement négatif de nirvana, qui est la négation de ce monde (sansâra).
Si le nirvana est défini comme néant, cela ne veut rien dire, sinon que ce monde ou sansâra ne contient aucun élément propre qui puisse servir à la définition ou à la construction du nirvana...
Lors donc que, par la sympathie universelle, par la charité, l'homme en est venu à comprendre l'identité essentielle de tous les êtres, à supprimer tout principe illusoire d'individuation, à reconnaître soi dans tous les êtres et tous les êtres en soi, lorsqu'il a nié son corps par l'ascétisme et jeté hors de lui tout désir, alors se produit l'euthanasie de la volonté (sa béatitude dans la mort), cet état de parfaite indifférence où sujet pensant et objet pensé disparaissent, où il n'y a plus ni volonté, ni représentation, ni monde. C'est là ce que les Hindous ont exprimé par des mots vides de sens, comme résorption en Brahma, nirvana. Nous reconnaissons volontiers que ce qui reste après l'abolition complète de la volonté n'est absolument rien pour ceux qui sont encore pleins du vouloir-vivre. Mais pour ceux chez qui la volonté s'est niée, notre monde, ce monde réel avec ses soleils et sa voie lactée, qu'est-il ? – Rien.
Avis au lecteur
Voici ce que Montaigne écrit dans la préface des Essais. Sans forfanterie, sur la démarche évidemment, pas sur le fonds, sur la pensée, rassurez-vous, je ne me prends pas pour Montaigne, remplacez Livre par Facebook ou par Blog et vous aurez tout mais absolument tout compris de ma démarche. Je n'ajoute rien, ni ne retire rien à ce qu'il dit, je ne cesse d'ailleurs de répéter que je nourris mon blog pour mes enfants, pour les façonner, pour modeler leur cerveau à la manière d'un Dr Frankenstein ;) :
Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse paré de beautés empruntées. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans étude ni artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, mes imperfections et ma nature spontanée, autant que le respect du public me l'a permis. Que si j'eusse été parmi ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de la nature, je t'assure que je m'y serait très volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raisonnable que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc.
Montaigne, ce premier mars 1580.
Les Etats-Unis entre hyperpuissance et hyperhégémonie : Terrorisme, l’arme des puissants
Pourquoi, s’interrogeait le président Bush, des gens « peuvent nous détester », alors que « nous sommes si bons » ? Les dirigeants américains n’ont pas toujours conscience des effets à moyen et à long terme de leur détermination à toujours l’emporter contre n’importe quel adversaire. Et leurs exploits d’hier peuvent se payer demain d’un prix très lourd. M. Ben Laden fut le produit de la victoire des Etats-Unis contre les Soviétiques en Afghanistan ; quel sera le coût de leur nouveau triomphe dans ce pays ?
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