mardi 5 août 2014
lundi 4 août 2014
jeudi 31 juillet 2014
Michel Onfray : d’une morale de l’évitement de la négativité à une éthique positive
En couverture du Point du 17 juillet 2014 un article signé Michel Onfray« Combattre l’incivilité, c’est résister à la barbarie ». En voici un extrait : 
Olivia Recasens: Faut-il voir dans la montée des incivilités un indicateur du degré de notre civilisation ?
Michel Onfray: La politesse est le premier degré de la morale, elle est le signe éthique par excellence. Par elle, on dit à l’autre qu’on a vu qu’il existait et qu’on prend en considération sa présence, donc son existence . (…)
Olivia Recasens: Le triomphe du chacun-pour-soi serait-il le dernier avatar du libéralisme sauvage ?
La fin de tout ce qui faisait communauté (la religion avec le judéo-christianisme et la politique avec les idéaux marxistes) a laissé place au nihilisme d’une époque dans laquelle, en effet, l’argent fait la loi. Le libéralisme, en tant qu’il suppose les pleins pouvoirs du marché, a substitué des « valeurs » aux valeurs anciennes: l’idéal se trouve moins dans le prêtre ou dans le militant que dans l’égotiste, qui se permet tout.
Olivia Recasens: Mais jouir aux dépens des autres marque le triomphe de la liberté individuelle, celle du bon plaisir; faudrait-il donc s’en réjouir ?
Michel Onfray: Non, sûrement pas. Tout ce qui s’obtient aux dépens des autres est à éviter:je suis l’autre pour des milliards de personnes sur la planète, il me faut donc être avec les autres comme j‘aimerais que les autres soient avec moi. C’est l’éthique minimale en nos temps sans transcendance. Se savoir centre du monde d’un point de vue ontologique en sachant que chacun se sait aussi pareillement centre du monde et qu’il faut donc connecter en permanence ces centres pour réaliser des réseaux éthiques et produire de la morale en actes. (…)
Olivia Recasens: Si faire preuve d’incivilité, c’est nuire à tous en ne respectant personne, dès lors comment encore vivre ensemble ?
Michel Onfray: En inversant l’invitation évangélique qui disait: « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse » au profit de celle-ci: « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fasse ». On passerait alors d’une morale de l’évitement de la négativité à une éthique positive de la proposition volontariste hédoniste. Non pas vouloir éviter le mal, ce qui est déjà beaucoup, mais réaliser le bien, ce qui est mieux.
Olivia Recasens: L’homme n’a jamais réussi qu’en coopérant; la loi du chacun-pour-soi signe-t-elle la fin de l’humanité ?
Michel Onfray: Il y a les sauvages, les barbares, les égoïstes, les brutes qui sont seuls au monde et chosifient tout ceux qu’ils approchent et tous ceux qui les approchent. Puis il y a les hédonistes, les altruistes, les généreux, les prodigues qui veulent transformer en fête toute relation avec autrui. Les premiers sont plus nombreux que les seconds, bien sûr. Et la brutalité l’emporte toujours quand elle est en compétition avec la gentillesse - qui est à mes yeux vertu cardinale et première.
Olivia Recasens: Au final, combattre l’incivilité, n’est-ce pas résister à la barbarie ?
Michel Onfray: Si, absolument, et d’une façon éminemment concrète.
Prière pour une dissolution des religions
1) Dieu (1) qui n’existe pas, s’il te plaît, débrouille-toi pour me débarrasser de toutes ces religions qui existent trop. Et qui ne pensent qu’à faire mentir l’étymologie qui les voudrait liens entre les hommes, pour pendre à la plus haute branche ceux qui ne croient pas comme elles et étriper ceux qui aiment copiner avec le diable de la raison et du plaisir.
2) Père qui est aux cieux, tu me ferais des vacances si tu pouvais rester tranquille tout là-haut, les fesses calées dans ton fauteuil rouge, à faire glouglou avec ta chicha opiacée, à siroter ton whisky tourbé, tout en grignotant du pain azyme tartiné de tarama casher.
3) Dieu qui n’est pas dieu, nom de dieu, tu es une plaie vivante surtout quand tu te prétends le seul, l’unique, monothéiste monogame monomaniaque de toi-même. Chrétien, musulman ou juif, tu es le triple exemplaire de la triple buse. Tu es l’hydre à triples tentacules et à triples foyers qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Essaie juste d’allonger sur un divan, les névroses qui te poussent à t’imaginer aussi essentiel et celles qui te font chosifier concurrents ou mécréants.
4) Dieu du désastre, je t’en veux de m’obliger à choisir le camp des hommes de Tsahal, ces centurions du talion, cet indéfendable moindre mal. Tout ça parce que je ne m’imagine pas une seconde tresser la moindre fleur de compréhension dans les barbes de ces fascistes verts du Hamas qui lapident l’intelligence et mettent le désir sous voile.
5) Pauvre dieu à kippa et à burqa, arrête de mettre un uniforme aux plus fringants de tes jeunes gens pour les sacrifier au vorace Chronos mais arrête aussi de jouer les grands courageux en te planquant derrière femmes et enfants que tu alignes en boucliers.
6) Notre père qui n’est pas le mien, si tu pouvais juste te cantonner dans tes quartiers surchauffés, là-bas en terre sainte, en terre promise, en terre perdue, appelle-la comme tu veux, ça m’arrangerait. Surtout, évite de profiter de l’émotion relayée par les incendiaires chaînes infos pour hystériser les positions et les postures en France. Laisse un peu tranquille, ce pays laïque qui t’échappe depuis 1905. Lequel serait bien avisé de visser les boulons de son anticléricalisme au lieu de laisser flotter les rubans de la tolérance coupable et je-m’en-foutiste pour les pieuses intolérances qui ne voient pas pourquoi elles n’auraient pas droit au respect public de leurs interdits privés. Ben voyons !
7) Notre père qui est là-haut ne pense surtout pas que ta volonté sera faite ici bas. Je connais ton habileté à la manœuvre, mais tu ne vas pas pouvoir me la raconter longtemps. Je sais comment ces fondamentalismes que tu caches dans les surplis de ton aube blanche finissent toujours par faire alliance de circonstance. Likoud et Hamas, Ligue de défense juive et Europalestine, Cukierman et Dieudonné ont des intérêts communs à ce que ça dégénère. La guerre durcit les affirmations, ferme les frontières, chrome les identités, rétablit la censure, saccage les libertés. Grâce à tes grandes manœuvres importées et imposées, on en est rendu à croire qu’en France, tout musulman est antisémite et tout juif, anti-Arabe. Alors qu’il faudrait plutôt admettre que la France du centre n’est plus du tout antisémite. Même si elle fatigue que le particularisme musulman ne se dissolve pas dans l’individualisme consumériste. Pendant ce temps, en périphérie, quelques relégués sociaux se projettent dans un destin palestinien, victimaire et jihadiste, et font flamber un antisémitisme rénové, bras d’honneur à Israël comme aux élites financières.
8) Eternel dieu de mes deux, n’hésite plus, brûle synagogues, mosquées et églises. Et n’oublie pas, de commencer par Notre-Dame-de-Paris. Comme ça, l’individu libre et émancipé n’aura plus la tentation de se signer quand il passera devant l’un de ces symboles obscurantistes. Quand tu joueras les boutefeux, débrouille-toi pour épargner Esmeralda. Je sais qu’elle te sort par les yeux depuis qu’elle s’est engagée chez les Femen, mais elle a de si beaux seins qu’un Tartuffe comme toi ne peut y être insensible.
9) Dieu éternel, il faut te mettre à mort encore et encore, avec l’aide de Sade, de Nietzsche et aussi d’Onfray, celui du traité d’athéologie, pas celui qui dénonce les incivilités dans le Point. Parce que le pire, c’est qu’avec toi, dieu guépard, il faut que rien ne change pour que… rien ne change. On continue à se focaliser sur un conflit proche-oriental qui rabâche sa désespérance, qui inventorie ses non-solutions et qui permet au gouvernement français d’interdire des manifestations ou de condamner des brigadistes jihadistes potentiels. Et pendant ce temps, l’humain change de base, conquérant une éternité qui fut longtemps ton monopole. L’univers se numérise, les robots se maquillent, la longévité explose, sans que personne n’ait le temps de penser cette évolution faustienne, tant les régressives guerres de religion mobilisent des affects vieux comme Hérode.
(1) Dieu et père avec une minuscule, chère correctrice.
lundi 28 juillet 2014
Islam - Ce que l'Occident doit savoir
Verbatim :
"La question vraiment cruciale dans le monde aujourd’hui est : Est-ce que l’Islam et la civilisation islamique approuvent réellement la violence perpétrée en son nom de par le monde ? Et à cela, nous devons répondre si nous voulons être honnêtes, par un « oui » sans réserve. Les sources islamiques, les textes islamiques, à commencer par le Coran, mais sans se limiter à lui, les Hadiths, la tradition islamique, la théologie islamique, le droit islamique, la tradition de l’interprétation du Coran à travers l’histoire, et l’histoire islamique elle-même, tous témoignent que la doctrine, la théologie et la loi de l’islam autorisent l’usage de la violence contre les non-croyants »
Robert Spencer
dimanche 27 juillet 2014
Michel Onfray contact
Philosophe hédoniste ,athée et libertaire, auteur de plus d'une trentaine de livres et pédagogue exceptionnel, Michel Onfray ne laisse personne indifférent. Il propose une philosophie qui est aussi une pratique de vie, une « sculpture de soi » ; projet sensuel et jouissif qui appelle des choix éthiques, esthétiques, et même gastronomiques ! Stephan Bureau a rencontré, chez lui en Normandie, ce penseur dont la pratique sort des sentiers battus.
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