"Vie et mort des Marquises", par Michel Onfray... by LePoint
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Sur les traces de Victor Segalen aux Marquises, le philosophe retombe sur Nietzsche. Car, là-bas, tout dans la nature exhale la "volonté de puissance".
PAR MICHEL ONFRAY
Aux Marquises, le spectacle du jour qui se lève semble moins un matin du monde que le matin du monde. Au fur et à mesure, doucement, la lumière s'installe partout, et la chaleur avec. Tout devient vert, la chlorophylle sature tout, et l'on comprend que Gauguin ait pu peindre des chevaux verts : quelles que soient leurs robes, sous cette lumière partout tamisée par les palmiers et les arbres à pain, les frangipaniers et les pamplemoussiers, les reflets sont verts et doux. Il écrit dans « Oviri. Écrits d'un sauvage » : « J'ai devant moi des cocotiers, des bananiers ; tout est vert. »