vendredi 30 mars 2018
La libéralisation de l'éducation nationale, c'est maintenant ...
Le texte effarant que lit le présentateur est tiré du Cahier de politique économique N°13 intitulé : La Faisabilité politique de l'ajustement et écrit
par Christian Morrisson. Il est consacré à l’analyse des risques politiques et sociaux liés aux programmes dits « de stabilisation » ou « d’ajustement structurel » imposés, notamment par le Fonds monétaire international (FMI).
Cet ultra libéral sans morale ni scrupules est, excusez du peu, Professeur émérite à l’Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne. Ancien chef de Division à l’OCDE (1984-1994) et ancien consultant auprès de la Banque mondiale, de l’Ocde, du Bureau international du travail, de la Commission européenne (Bruxelles). Fermez le ban... Vous voulez voir la tête de ces crânes d'oeuf qui dictent ces politiques libérales qui nous paupérisent et qui ont été scrupuleusement appliquées par Sarko, Hollande et qui continuent à l'être aujourd'hui par Macron, hé bien vous avez là l'un d'entre eux...
"Faisabilité politique de l'ajustement"... Ce titre apparemment anodin désigne en fait une destruction en douceur du service public. Il vise à masquer la violence de l’objectif : « ajustement » veut dire ici destruction et « faisabilité politique » signifie prévention des révoltes susceptibles d’être provoquées par cette destruction.
En somme, ce titre mystérieux désigne tout simplement la stratégie astucieuse conçue pour opérer dans les pays de l’OCDE des contre-réformes structurelles et désengager le budget de l’État des services publics sans provoquer de révoltes populaires. Ainsi est-il recommandé pour ce qui est de l'éducation par exemple non « la baisse de la quantité » qui déclencherait des révoltes, mais « la baisse de la qualité » dans certains établissements et pas dans d’autres pour rendre insensible aux familles la destruction programmée du service public d’Éducation. Voici un extrait éloquent de la page 30 du rapport Mprrisson sur les politiques d'éducation :
« [...] Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »
Un peu plus loin l'auteur écrit :
« L'apprentissage à vie ne saurait se fonder sur la présence permanente d'enseignants, mais doit être assuré par des prestataires de services éducatifs ...
Les enseignants qui subsisteront s'occuperont [disent-ils] de la population non rentable »
« L'apprentissage à vie ne saurait se fonder sur la présence permanente d'enseignants, mais doit être assuré par des prestataires de services éducatifs ...
Les enseignants qui subsisteront s'occuperont [disent-ils] de la population non rentable »
Et enfin, le maître mot de la nouvelle adéquation école-entreprise est le mot « flexibilité » :
« Il est urgent de développer la formation sur le tas pour fournir des postes de travail qui connaissent la plus grande augmentation en volume : des emplois de vendeurs, de gardiennage, d'assistance sanitaire, d'agents d'entretien, d'hôtesses d'accueil, de conducteurs de camions, de remplisseurs de distributeurs de boissons ou d'aliments »
« Il est urgent de développer la formation sur le tas pour fournir des postes de travail qui connaissent la plus grande augmentation en volume : des emplois de vendeurs, de gardiennage, d'assistance sanitaire, d'agents d'entretien, d'hôtesses d'accueil, de conducteurs de camions, de remplisseurs de distributeurs de boissons ou d'aliments »
Et derrière c'est la commission européenne qui conclut en disant :
« Pour environ 25% de la population scolaire l'enseignement apporte une formation trop faible, mais … bien trop importante pour 40 à 50 % de ceux qui en bénéficient » >>
« Pour environ 25% de la population scolaire l'enseignement apporte une formation trop faible, mais … bien trop importante pour 40 à 50 % de ceux qui en bénéficient » >>
Si l’on avait encore quelques doutes sur les raisons du chaos qui s’est installé durablement dans l’Éducation nationale depuis dix ans au nom des équilibres budgétaire et de la dette, ils sont levés. Il s’agit bien, comme le conseille cet expert de l’OCDE, de ruiner progressivement la qualité de l’École publique pour introduire peu à peu une privatisation qui s’imposera comme la seule planche de salut quand la vie dans les établissements ne deviendra plus supportable. À bon entendeur salut ! La casse du service public que laissaient supposer toutes ces conduites irrationnelles est bien programmée à terme selon un plan méthodiquement réfléchi au sein de ces officines néolibérales à la solde du Trésor américain que sont le FMI, la Banque Mondiale, l'OCDE mais aussi la Commission Européenne.
La faisabilité politique de l’ajustement
Les organismes du capitalisme international (FMI, OMC, OCDE, etc.) ne laissent rien au hasard, ils soignent les apparences, mais savent aussi jouer les gagnants (ou putativement tels) contre les perdants. Parfois ils ne s’en cachent pas.
Pourquoi les gouvernements au service des 1 % ne se font-ils pas pulvériser par les 99 % ? En grande partie, parce que les capitalistes savent soigner à la fois les objectifs de fond, la stratégie et les apparences. Il leur arrive parfois de l’exprimer de façon crue. Certes pas sur TF1 aux heures de grande écoute, mais dans des publications lues par leurs seuls amis. C’est le cas dans l’article de quarante-deux pages de Christian Morrisson (professeur émérite à l’université Paris I et ancien chef de division à l’OCDE), publié en 1996 comme Cahier de politique économique n° 13 du Centre de développement de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques – lire : trente-cinq pays riches) et dont nous empruntons le titre. Il ne s’agit pas d’un « complot » secret, puisque je l’ai trouvé en ligne et gratuit sur le site de l’organisme : http://www.oecd.org/ dataoecd/24/ 231919068.pdf
OCDE - La Faisabilité politique de l'ajustement par Christian Morrisson
Dans un document destiné aux gouvernants, Christian Morrisson, fonctionnaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prodigue, en 1996, ses recommandations. C’est effarant Mais celà éclaire la politique économique française depuis Zarkozy et donc celle de Macron aujourd'hui.
Le texte de Christian Morrisson se passe de longs commentaires. En voici des extraits.
À la lecture, on se rend compte que ces recommandations sont effectivement appliquées à l’échelle de l’ensemble de la planète avec le soutien des grandes institutions internationales comme l’OCDE, le FMI, la Banque mondiale, la Banque centrale européenne, et la plupart des gouvernements.
De la CRAINTE de la MORT
Ce qu'on appelle assez confusément la crainte de la mort, passion commune s'il en est, pourrait à l'analyse se décomposer en trois éléments hétéroclites, fort différents les uns des autres, que l'usage confond par facilité, et qui, comme les trois branches d'une fourche, sont abusivement réunis et confondus dans le même manche : la peur de l'agonie et de la douleur, la peur du mourir proprement dit, et la peur d'une vie post-mortem. La première concerne l'avant, la seconde le pendant, et la troisième l'après. Chacune relève d'un traitement spécifique, si toutefois une thérapie est possible en choses si délicates, subjectives et sujettes à controverse.
jeudi 22 mars 2018
Couple libre
Cette scène est racontée par Mikala Jamison, une journaliste free-lance, sur le site américain The Cut. Ça se passe il y a deux ans, lors d’un enterrement de vie de jeune fille. Il y a des gens qui boivent et qui discutent et parmi eux, cette demoiselle d’honneur qui pose son verre et qui s’adresse à la journaliste :
"Alors comme ça, j’ai entendu dire que tu étais en couple libre ?"
Cette phrase sort de nulle part, la jeune femme se sent un peu agressée. Elle acquiesce brièvement et la demoiselle d’honneur enchaîne : "Comment ça marche ?"
"J’ai pris une profonde respiration et je lui ai déroulé la version brève de mon histoire : je connais mon copain depuis une dizaine d’années, on ne vit pas dans la même ville, mais on prévoit de s’installer ensemble bientôt.
Parfois, il arrive qu’on sorte avec des gens et que l’on ait des relations sexuelles protégées chacun de notre côté. On a toujours fonctionné comme ça parce qu’on aime bien ça, mais on est amoureux l’un de l’autre. Voilà."
mercredi 21 mars 2018
L'appel des 100 intellectuels contre le «séparatisme islamiste»
Nous sommes des citoyens d'opinions différentes et très souvent opposées qui se sont trouvés d'accord pour exprimer, en dehors de toute actualité, leur inquiétude face à la montée de l'islamisme. Ce ne sont pas nos affinités qui nous réunissent, mais le sentiment qu'un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser. Ce qui nous réunit aujourd'hui est plus fondamental que ce qui ne manquera pas de nous séparer demain.
Le nouveau totalitarisme islamiste cherche à gagner du terrain par tous les moyens et à passer pour une victime de l'intolérance. On a pu observer cette stratégie lorsque le syndicat d'enseignants SUD Éducation 93 proposait il y a quelques semaines un stage de formation comportant des ateliers de réflexion sur le «racisme d'État» interdits aux «Blanc.he.s». Certains animateurs étaient membres ou sympathisants du Collectif contre l'islamophobie en France et du Parti des indigènes de la République. Les exemples de ce genre se sont multipliés dernièrement. Nous avons ainsi appris que la meilleure façon de combattre le racisme serait de séparer les «races». Si cette idée nous heurte, c'est que nous sommes républicains.
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