dimanche 21 août 2016

Métempsycose

La métempsycose est le passage, le transvasement d'une âme dans un autre corps, qu'elle va animer. C'est la croyance selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps soit d'humains soit d'animaux, ainsi que de végétaux : la transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l'humain (réincarnation) mais encore dans le non-humain, bêtes ou plantes, voire aussi minéraux, comme dans le judaïsme.
Illustration par Omar Khayyâm
Ce pot de terre jadis fut un amant passionné
Dont le coeur était captif des boucles d'une beauté,
Et cette anse qu'aujourd'hui tu vois à son col, c'était
La main dont il caressait le cou de sa bien-aimée.

Chaque atome sur terre 
Fut (une beauté), au visage de soleil, au front de Vénus ! 
Enlève de ta manche, tout doucement, la poussière 
Car elle a aussi été le visage d’un être cher.

Quand nous aurons déserté ton âme fine et la mienne
Une ou deux briques posées cloront ta fosse et la mienne
Puis pour d'autres sépultures les briquetiers un beu jour
Enfourneront dans leur moule et ta poussière et la mienne.

Hier, au marché, il y avait un potier
Malaxant sans répit sa motte d'argile.
Mon oreille intérieure l'entendit soupirer et gémir :
"Frère, traite-moi avec douceur. Jadis, j'étais comme toi.

Schopenhauer
"Quoi, dira-t-on, la persistance d'une pure poussière, d'une matière brute ; ce serait là la persistance de notre être ? Voyons, connaissez-vous donc cette poussière ? Savez-vous ce qu'elle est et ce qu'elle peut ? Apprenez à la connaître avant de la mépriser. Cette matière qui n'est maintenant que poussière et que cendre, bientôt dissoute dans l'eau, deviendra cristal, brillera comme métal, jaillira en étincelles électriques, manifestera sa puissance magnétique, se façonnera en plantes et en animaux, et de son sein mystérieux se développera cette vie, dont la perte tourmente tant notre esprit borné. Durer sous la forme de cette matière, n'est donc rien ?"
« Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. » disait le philosophe Grec Anaxagore de Clazomènes né 500 ans avant le Christ, aîné de Leucippe, Démocrite et Epicure, qui avait le premier pressenti que toute la matière, tous les corps sont des agrégats d’atomes.
Reprise plus tard par Lavoisier sa phrase deviendra la sentence bien connue « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ».
Nos éléments constitutifs, réduits à leurs composants de base, vont donc continuer à « vivre » au plan atomique dans le minéral, l’inerte et le vivant. N’est-ce pas là une forme de renaissance voire d’immortalité.
Nul besoin d'arrières mondes, de paradis, d'enfer, d'immortalité charnelle dans cette vision matérialiste de notre place dans l'Univers.
Dés lors
"Il faut ami constamment cultiver la compagnie
Des belles au corps d'argent, du vin, liquide rubis
Celui qui créa le monde, des insectes que nous sommes
Indubitablement comme d'une guigne se soucie"

"Que me consentent les cieux un pain de fleur de froment
Une jarre de vin vieux, un gigot appétissant
Une belle à mes côtés au bord de quelque prairies
En voilà une frairie que m'envierait maint sultan !"

"Un livre en mains, sous les bosquets fleuris, 
Un demi-pain, ma cruche de Rubis, 
Et toi, pour me chanter l'Amour divin : 
De quoi changer déserts en Paradis."

Prends une motrèb, du vin et une beauté aux traits de houri s'il y a.
Cherche une belle eau courante au bord du gazon, s'il y a.
Ne demande rien de meilleur, ne t'occupe point de l'enfer ;
Car il n'y a que ce paradis, si paradis il y a !

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