samedi 21 juin 2014

Dans la série tu aimeras ton prochain comme toi même...

Ce ne sont pas les commandements ni l’imitation d’un dieu, terrible ou miséricordieux, qui vous déterminent à agir de telle ou telle manière. Vous préférez vous laisser guider par la petite voix intérieure du sentiment.

Par exemple, vous êtes au lit et vous entendez une personne se faire agresser en bas de chez vous. Vous n’êtes pas concerné(e) ni en danger. Mais un mouvement spontané s’empare de vous et vous pousse à intervenir. Et vous avez un peu honte si vous ne le faites pas.

C’est ainsi que Jean-Jacques Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, montre qu’il existe une moralité naturelle, dont la vertu majeure est la pitié. Celle-ci est presque instinctive: elle naît de l’identification sensible avec autrui. Si l’on voulait absolument analyser la morale du cœur, on dirait: celui qui souffre en face de moi me ressemble; je pourrais être lui; je lui porte assistance.

Selon Rousseau, d’ailleurs, toute morale tirée de règles sociales, de principes universels et abstraits, d’injonctions extérieures, est fausse et ineffective. Antimorale même, car elle fait tout pour empêcher nos bons mouvements spontanés.

Ainsi Rousseau oppose l’intellectuel, prenant prétexte de ses grandes idées pour ne pas agir dans les situations d’urgence, et l’homme du peuple se jetant dans la mêlée, mû par la compassion: « Dans les émeutes, dans les querelles de rues, la populace s’assemble, l’homme prudent s’éloigne: c’est la canaille, ce sont les femmes des halles, qui séparent les combattants, et qui empêchent les honnêtes gens de s’entr’égorger. »

Cette éthique du sentiment a essaimé, avant Rousseau, au XVIIIe siècle, notamment dans le mouvement dit des Lumières écossaise. David Hume, dans son Traité de la nature humaine, postule que nous sommes affectés des mêmes sentiments que ceux que nous percevons chez un être semblable à nous.

Cette notion de sympathie est reprise par Adam Smith, qui affirme que « l’intérêt propre n’est pas le seul principe qui gouverne les hommes » et promeut également la sympathie « qui nous fait prendre part aux affections des autres ». Avec sa théorie du « spectateur impartial », une instance imaginaire capable de s’identifier tour à tour avec plusieurs acteurs et spectateurs d’une action morale (ou de se regarder soi-même « de l’extérieur »), il montre que nous sommes même capables d’arbitrer dans des conflits de sympathie. Nous pouvons donc élaborer un système de normes sophistiqué à partir du sentiment – et non uniquement d’agir aveuglément sous l’emprise de nos affects. Le théoricien du libéralisme économique imagine une société où la recherche de son intérêt serait balancée par les sentiments moraux.

On retrouve certains traits de cet espoir d’équilibre entre égoïsme et altruisme spontanés dans le mouvement utilitariste. Il promeut en effet le principe du « plus grand bonheur du plus grand nombre ». Aujourd’hui, l’éthique du care, ou de la sollicitude, qui tend parfois à différencier les sentiments moraux féminins et masculins, s’inscrit dans cet espoir d’une morale aussi « chaude » que la passion religieuse, mais où dieu serait une hypothèse superflue ou un recours inutile. Cette éthique du sentiment, qui met l’accent sur l’amour, l’affection, la solidarité et l’empathie, a actuellement de nombreux partisans.

La passaion amoureuse selon Platon

"Platon racontera que, dans les temps où les hommes étaient androgynes, Jupiter, irrité contre eux , les dédoubla, que, pour rabaisser leur orgueils, il les fendit en deux comme des soles, et que, depuis lors, chacun court après la moitié qu'il a perdue jusqu'à ce qu'il l'ait trouvé. Mais les poètes sont des songes-creux, les moralistes sont des ânes, et Platon se moque de nous."

Marquis de SADE (1740 - 1814) : Dialogue entre un Prêtre et un Moribond


C'est ce que je n'arrête pas de répéter et je découvre que Sade l'avait aussi formulé. L'alpha et l'oméga de la philosophie, la recette d'une vie bonne, d'une vie heureuse tient en une phrase "tu aimeras ton prochain comme toi même". Me voilà disciple du divin Marquis.

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samedi 14 juin 2014

Rossini - Le Barbier de Sévile - Claudio Abbado



0:01:01 Ouverture 0:18:19 Largo al factotum 0:29:47 Se il mio nome saper voi bramate 0:44:10 Io sono docile...(e cento trappole) 0:52:14 La calunnia 1:00:02 Dunque io son 1:06:37 A un dottor della mia sorte 1:13:29 Ehi di casa! 1:16:30 Ah venisse il caro oggetto 1:22:06 Che cosa accadde! 1:23:11 Zitti ché battono 1:25:45 Fredda e immobile 1:29:02 Mi par d'esser con la testa 1:34:49 Pace e gioia sian con voi 1:52:03 Della lettera...colla febbre 1:58:20 Il suo travestimento?! 2:18:17 Di sì felice

Bruch - Concerto pour violon - Sarag Chang

Il s'agit de l'un des grands concertos pour violon romantiques allemands (avec ceux de Johannes Brahms et de Ludwig van Beethoven).

Le premier mouvement, précédé par un Vorspiel (introduction), a un fort caractère rhapsodique. Le mouvement s'ouvre par deux coups de timbales pianissimo. Le thème principal suit présenté par les bois. Le violon solo commence alors à travailler le thème et présente quelques improvisations. Un court trémolo d'orchestre suit le premier véritable solo du violon. Peu de temps après, Bruch introduit un thème secondaire en si bémol majeur. Il s'ensuit un développement relativement court, ce qui amène le sommet du mouvement qui se traduit par un tutti de l'orchestre (Un poco piu vivo). La réexposition conduit à un échange entre le violon solo et l'orchestre, dans lequel le thème est légèrement modifié. L'orchestre mène directement au deuxième mouvement.

Bruch Concerto (Movement I)


Brahms - Concerto pour violon en ré majeur op. 77 - Sarah Chang

Le Concerto pour violon en ré majeur op. 77 est une des œuvres du compositeur allemand Johannes Brahms. Pièce majeure du répertoire romantique allemand pour l'instrument avec celui de Felix Mendelssohn, sa partie de soliste très virtuose jugée à l'époque presque injouable donna lieu à des remaniements de la part de son auteur. Réputé de nos jours pour être l'un des plus difficiles, Brahms l'a en effet conçu pour et avec son ami violoniste virtuose Joseph Joachim. En quatre mouvements à l'origine (le scherzo lui étant prévu ayant été supprimé pour être réutilisé dans le deuxième concerto pour piano), sa richesse mélodique et la splendeur orchestrale l'ont élevé au rang des hauts chef-d'œuvres de la musique viennoise du XIXe siècle.

Premier mouvement
Allegro ma non troppo, en ré majeur.
L'orchestre commence tout d'abord par introduire deux des trois thèmes principaux dans une première et longue exposition. Puis une cadence introduit le soliste, qui intervient ensuite dans une nouvelle exposition et reprend des thèmes qu'il s’appropriera (tout en y ajoutant sa fougue et sa virtuosité). L'orchestre n’interrompra jamais la « coulée lyrique » du violon. Stylistiquement, l'œuvre se rapproche des concertos de Mozart et du concerto de Beethoven. Brahms réserve au soliste une cadence avant la reprise. Celle-ci n'est pas de sa main et est laissée à l'interprète qui peut choisir entre celles Joachim, Reger, Kreisler ou d'autres.

Brahms Concerto (Movement I, Part 1)