On connaît la prophétie de Dostoïevski: « Si Dieu n’existe pas, tout est permis! »
Or, malgré l’effondrement de la croyance religieuse, force est de constater que les hommes à commencer par moi, ne sont pas tous devenus des criminels ni des dépravés. Mieux: c’est avec un souci éthique dissocié de la religion que nombre de nos contemporains envisagent leurs choix de vie ou les normes qu’ils transmettent. Si notre capacité à juger et à agir moralement subsiste sans référence à dieu, sur quoi repose-t-elle? Réponse : Sur un phénomène physiologique et psychologique, l'empathie, l'amour, les sentiments, notre capacité à ressentir la douleur, les sentiments des autres, voilà la source de la morale. Dieu serait, selon Levinas, derrière le visage de notre prochain.
L'alpha et l'oméga de la philosophie dérive de ce principe physiologique qui rend le règne animal perméable à la souffrance des autres et qui se résume dans cette phrase sublime prononcée par Jésus mais en fait présente depuis la nuit des temps, dans toutes les cultures, religions et civilisations : "Tu aimeras ton prochain comme toi même" et au delà "Tu ne feras pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait".
Une expérience, exécutée par l'équipe d'un biologiste italien Giacomo Rizzolatti, directeur du département des neurosciences à l'université de Parme, obtient un résultat étonnant sur le comportement de primates. Ce qu'il met au jour n'en finit pas de faire causer par ses implications, non seulement pour la biologie, mais aussi pour toute la pensée humaine. L'étude concerne le comportement de certains neurones dans le cerveau d'un singe macaque. Ces neurones portent le nom de neurones moteurs, parce qu'ils s'activent (émettent une décharge électrique) au moment où l'animal exécute une action spécifique. Par exemple, un macaque soulève un objet. On observe les neurones qui s'activent dans son cerveau. Mais, surprise ! On observe la même activation dans les cellules d'un autre macaque qui, sans bouger, regarde l'action du premier. Pour cette raison, on a donné le nom de "neurones miroirs" à ces cellules cérébrales. Depuis, on a observé la présence de ces neurones miroirs chez bon nombre d'autres espèces vivantes, y compris des oiseaux et des humains (enfants et adultes).
Selon les auteurs, le petit singe perçoit le geste de son collègue, l'interprète correctement et transmet cette perception aux réseaux neuronaux associés aux actions. Un contact d'une nature tout à fait inattendue entre les cerveaux de deux individus. Un tel résultat a excité l'imagination des chercheurs.
Dans son livre "Le bonobo, Dieu et nous", Frans De Waal, un biologiste hollandais spécialiste des chimpanzés, y voit une racine physiologique de l'empathie animale.
Ainsi l'altruisme n'est pas une invention humaine. Darwin est sans doute le premier théoricien à l'avoir admirablement montré. La théorie darwienne de la sélection sexuelle montre amplement que des conduites, telles que l'exposition du mâle pendant les parades nuptiales ou le dévouement sans limite de la femelle dans la protection de ses petits engagent déjà des comportements de "sacrifice de soi", dont la morale établie au sein de l'humanité fait l'apanage des hommes. Il s'agit bien d'une différence de degré et non de nature, mais qui tient compte d'un développement exceptionnel, chez l'homme, de l'éducation, et de la transmission.
Ainsi l'altruisme n'est pas une invention humaine. Darwin est sans doute le premier théoricien à l'avoir admirablement montré. La théorie darwienne de la sélection sexuelle montre amplement que des conduites, telles que l'exposition du mâle pendant les parades nuptiales ou le dévouement sans limite de la femelle dans la protection de ses petits engagent déjà des comportements de "sacrifice de soi", dont la morale établie au sein de l'humanité fait l'apanage des hommes. Il s'agit bien d'une différence de degré et non de nature, mais qui tient compte d'un développement exceptionnel, chez l'homme, de l'éducation, et de la transmission.
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